Jacaranda, Gael Faye, 2025

« La guerre ! » Ce sont les premiers mots du roman Jacaranda de Gaël Faye, une œuvre puissante qui raconte l’héritage de la guerre au Rwanda à hauteur d’enfant, à travers le regard de Milan, fils d’une mère rwandaise mutique.

Avant que le génocide ne surgisse sur l’écran de télévision, Milan n’avait jamais questionné ses origines. Quand la guerre prend fin, il est un simple collégien à Versailles. Sa mère, elle, ne dira rien. Le silence sera sa seule réponse.

Puis Claude fait irruption dans la vie de Milan. Il ne reste que peu de temps, mais Milan le retrouvera plus tard au Rwanda, pour ne plus vraiment le quitter — tout comme Stella, une autre figure marquante. Peu à peu, Milan finira par habiter le pays que sa mère avait fui.

Au fil des années, et même des décennies, il découvrira les souffrances tues des adultes, l’horreur du génocide, les responsabilités de l’Église et des Belges, l’idéologie colonialiste, la hiérarchisation raciale imposée aux ethnies, et ce poison qui a mené à la tragédie.

Il comprendra aussi à quel point les silences des adultes peuvent rendre fous leurs enfants.

 « Milan, tu m’embêtes avec tes questions. »
— « Et toi avec tes silences, Maman. »


Mais la mère ne rompra jamais le silence du passé.

Alors Milan cherchera les réponses lui-même, sur la terre de ses ancêtres. Chez lui. Il assistera à des procès, aux témoignages monstrueux du génocide. Ce récit de trente ans d’après-génocide est un plaidoyer fort : mettre des mots sur les émotions, les douleurs, les responsabilités.

Car il n’y a ni guérison, ni pardon, ni réconciliation sans cela.

Après Petit Pays, Gaël Faye raconte le Rwanda, son passé. Il signe un roman universel sur un génocide, la guerre, la famille, l’héritage et les blessures des non-dits.

« Tu sais, l’indicible, ce n’est pas la violence du génocide,
c’est la force des survivants à poursuivre leur existence malgré tout. »

Djéhanne Gani

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