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	<title>enseigner &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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		<title>Fabienne Maillard : enseigner en lycée professionnel, une « mission impossible »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:09:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Réformes à répétition, objectifs contradictoires, absence de concertation : pour la professeure des universités en sciences de l’éducation spécialiste de la voie professionnelle Fabienne Maillard, les professeurs de lycée professionnel ont expérimenté et subi un système en changement permanent avec une accélération depuis 2018. Lors des journées de la voie professionnelle organisées par le Snuep-FSU [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/fabienneMaillard-cafepeda-170x300.jpeg" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réformes à répétition, objectifs contradictoires, absence de concertation : pour la professeure des universités en sciences de l’éducation spécialiste de la voie professionnelle Fabienne Maillard, les professeurs de lycée professionnel ont expérimenté et subi un système en changement permanent avec une accélération depuis 2018. Lors des journées de la voie professionnelle organisées par le Snuep-FSU les 4 et 5 juin à Lyon, elle a souligné la capacité d’adaptation des personnels, malgré et contre eux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une forme de « mission impossible »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre.</em>&nbsp;» Pour Fabienne Maillard, cette phrase résume à elle seule la situation paradoxale des professeurs de lycée professionnel. Soumis depuis plusieurs décennies à une succession de réformes, menées sans concertation ni évaluation préalable, ils continuent pourtant à faire fonctionner un système en perpétuelle transformation. Une forme de « mission impossible », selon l’expression choisie par la chercheuse pour qualifier un métier marqué par l’incertitude et l’adaptation permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le lycée professionnel, laboratoire discret des réformes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant. Alors que le baccalauréat professionnel est aujourd’hui le deuxième baccalauréat de France en nombre d’élèves, la voie professionnelle demeure largement absente du débat public. «&nbsp;<em>Ce n’est pas un sujet qui intéresse alors qu’il est éminemment politique</em>&nbsp;», observe Fabienne Maillard. Les familles des élèves de la voie professionnelle étant peu représentées dans les espaces de décision, les réformes s’y déploient souvent dans une relative discrétion et sans visibilité, relève-t-elle. «&nbsp;<em>Ça laisse une paix aux réformateurs&nbsp;</em>», résume-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Fabienne Maillard, la voie professionnelle est donc un terrain d’expérimentation privilégié et fonctionne comme une forme de « laboratoire » éducatif dans lequel «&nbsp;<em>on peut imposer sans révolte sociale</em>. » Référentiels de compétences, pédagogie de l’alternance, individualisation des parcours : de nombreuses mesures testées dans cette voie ont ensuite été étendues à d’autres secteurs de l’enseignement. «&nbsp;<em>Tout ce qui est expérimenté dans la voie professionnelle arrive dans le supérieur</em>&nbsp;», souligne la sociologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire du lycée professionnel faite d’instabilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Fabienne Maillard, l’instabilité n’est pas une dérive récente mais une caractéristique historique de la voie professionnelle. «&nbsp;<em>S’il y a une chose qui caractérise le lycée professionnel, c’est l’instabilité&nbsp;</em>», affirme-t-elle. Les diplômes professionnels sont décrits comme particulièrement « plastiques » : au nom de l’emploi et de l’adéquation formation-emploi, ils évoluent régulièrement, entraînant avec eux une transformation continue du métier de PLP. Cette situation se traduit par un flux quasi permanent de réformes, souvent mises en œuvre sans véritable justification pédagogique ni évaluation préalable avec une accélération du rythme depuis 2018. Elle dénonce un système où «&nbsp;<em>le changement est devenu la norme</em>&nbsp;» avec l’exemple du CAP, successivement réduit puis relancé</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du baccalauréat professionnel illustre ces revirements successifs. Créé en 1985 pour conduire directement à l’emploi, il ne devait initialement accueillir qu’une faible proportion d’élèves poursuivant leurs études. «&nbsp;<em>Au-delà de 20 %, on considérait que cela dénaturait la formation</em>&nbsp;», rappelle Fabienne Maillard. Quarante ans plus tard, la poursuite d’études est devenue la norme pour une part croissante des diplômés. La réforme du baccalauréat professionnel en trois ans constitue, selon elle, une exception parmi les réformes récentes puisqu’elle répondait davantage à une logique budgétaire qu’à une logique d’emploi.</p>



<figure class="wp-block-image alignright"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/fabiennemaillaird-cafepeda-e1780854873778-271x300.jpeg" alt="" class="wp-image-308728"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats de la chercheure concerne la capacité des PLP à mettre en œuvre des réformes même lorsqu’ils y sont opposés. Si ces réformes ont pu être appliquées, c’est en grande partie grâce à la capacité d’adaptation des enseignants. «&nbsp;<em>Vous avez une faculté d’adaptation, une volonté de bien faire votre métier et de faire en sorte que cela fonctionne</em>&nbsp;», souligne Fabienne Maillard. Elle l’analyse sur la forte éthique professionnelle des enseignants qui cherchent à faire fonctionner les dispositifs au bénéfice des élèves, même lorsqu’ils contestent les orientations retenues. Mais cette capacité d’adaptation a un coût avec le sentiment de ne pas être respectés qui génère fatigue professionnelle et difficulté à donner du sens à des changements permanents.&nbsp;<em>« Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Valoriser les métiers avant de valoriser les filières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne revalorisera pas la filière professionnelle si l’on ne valorise pas les mét</em>iers. » Pour Fabienne Maillard, les difficultés du lycée professionnel dépassent largement le cadre scolaire. Elle dénonce le décalage entre les discours de valorisation du lycée professionnel et la faible reconnaissance sociale des métiers auxquels il prépare. Elle souligne notamment que certains secteurs essentiels (aide à la personne, EHPAD, etc.) restent peu attractifs malgré leur importance sociale et malgré les discours sur l’automatisation ou l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel avenir pour les PLP ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2018, Fabienne Maillard observe une accélération des réformes, souvent conduites dans l’urgence, sans véritable concertation ni évaluation.&nbsp;<em>« La durée de vie des ministres est courte »</em>&nbsp;et « le&nbsp;<em>changement est devenu la norme</em>&nbsp;», constate-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui voient dans l’apprentissage l’avenir exclusif de la formation professionnelle, la chercheure oppose également une mise en garde. Son développement repose largement sur des financements publics et ne saurait remplacer à lui seul les lycées professionnels. «&nbsp;<em>L’apprentissage ne vit pas sans subventions</em>&nbsp;», rappelle-t-elle. Sa conclusion est prudente : «&nbsp;<em>Alors quel avenir pour les PLP ? Je n’en sais rien.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une formule qui sonne moins comme un aveu d’impuissance que comme le constat d’une profession sommée depuis trop longtemps de s’adapter à des réformes dont elle ne maîtrise ni le rythme ni la direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Enseigner en France : un métier méprisé et de plus en plus difficile – Enquête TALIS 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 22:17:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses, études, rapports]]></category>
		<category><![CDATA[TALIS]]></category>
		<category><![CDATA[enseigner]]></category>
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					<description><![CDATA[Quelle place pour le métier enseignant dans la société&#160;? La France occupe la dernière place des pays de l’OCDE pour la valorisation du métier enseignant dans la société. Seulement 4 % des enseignants estiment que leur métier est valorisé par la société, et autant pensent que leur opinion est prise en compte par les décideurs [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place pour le métier enseignant dans la société&nbsp;? La France occupe la dernière place des pays de l’OCDE pour la valorisation du métier enseignant dans la société. Seulement 4 % des enseignants estiment que leur métier est valorisé par la société, et autant pensent que leur opinion est prise en compte par les décideurs politiques. C’est aussi la dernière place à l’échelle internationale. Une forte baisse de la satisfaction depuis 2018 concerne les conditions de travail. L’édition 2024 de l’enquête&nbsp;TALIS&nbsp;(Teaching and Learning International Survey) confirme ce&nbsp;malaise profond, en mettant en évidence une profession confrontée à&nbsp;des exigences croissantes, mais&nbsp;sans les moyens, la reconnaissance ni la formation adéquate&nbsp;pour y faire face.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En résumé, la comparaison internationale documente qu’enseigner en France, c’est&nbsp;: plus de pressions, plus d’élèves avec des profils diversifiés, plus de temps pour la discipline en classe, plus de stress… et moins de formations et d’argent pour les professeurs en France.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un paradoxe français : des enseignants engagés, mais une hausse de l’insatisfaction sur les conditions de travail depuis 2018</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la majorité des enseignants se disent globalement satisfaits de leur travail (à noter qu’avec 79%, c’est aussi l’avant-dernière place), l’insatisfaction croît fortement sur deux points essentiels : la rémunération et les conditions d’exercice du métier. En 2024, seuls 59 % se disent satisfaits de leurs conditions de travail (hors salaire), soit une baisse de 21 points depuis 2018. Concernant la rémunération, seuls 27 % se déclarent satisfaits, un chiffre inférieur de 12 points à la moyenne de l’OCDE, et inchangé depuis 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4 % des enseignants estiment que leur travail est valorisé dans la société&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats de l’enquête révèlent un sentiment d’abandon et de non-considération. À peine 4 % des enseignants estiment que leur travail est valorisé dans la société, contre 22 % en moyenne OCDE. La même infime part juge que leur voix n’est pas prise en compte par les décideurs politiques, ce qui alimente un sentiment d’isolement. Ce déficit de reconnaissance – sociale, institutionnelle et financière –fragilise l’attractivité du métier et contribue à la crise des vocations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des conditions d’enseignement de plus en plus complexes</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/resultats-TALIS-2024-cafe-pedagogique.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Diversité des élèves et inclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enseignants français font face à une&nbsp;hétérogénéité croissante des élèves, sans toujours disposer des ressources nécessaires pour s’y adapter. Depuis 2018, la part des enseignants exerçant dans des établissements comptant&nbsp;au moins 1 % d’élèves réfugiés a augmenté de 21 points. Par ailleurs,&nbsp;74 % enseignent dans des établissements où plus de 10 % des élèves ont des besoins éducatifs particuliers, soit une hausse de 32 points depuis 2018 (OCDE : 46 % en moyenne).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant,&nbsp;seuls 53 %&nbsp;des enseignants estiment pouvoir adapter leurs cours à ces profils spécifiques – un taux bien&nbsp;en deçà de la moyenne OCDE (62 %). Ce décalage révèle&nbsp;un manque criant de formation et d’accompagnement, dans un contexte de plus en plus exigeant.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/besoins-particuliers.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une pression croissante, des moyens insuffisants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enseignants pointent trois grandes sources de stress : les changements imposés par les autorités (62 %), la surcharge administrative (58 %), l’adaptation aux besoins éducatifs particuliers (49 %). Ces pressions institutionnelles pèsent sur le quotidien, réduisant le temps consacré à l’enseignement lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La gestion de classe, un défi quotidien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un enseignant sur cinq (20 %) déclare&nbsp;perdre beaucoup de temps à cause des interruptions en classe, et&nbsp;18 % du temps de cours est consacré au maintien de l’ordre, soit&nbsp;plus que la moyenne OCDE (15 %). Ce chiffre n’a pas évolué depuis 2018, montrant&nbsp;une stagnation des difficultés de gestion de classe, malgré les évolutions pédagogiques ou technologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une formation initiale et continue insuffisante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête met en évidence&nbsp;des carences persistantes en matière de formation, aussi bien initiale que continue. Seuls&nbsp;53 % des jeunes enseignants&nbsp;jugent leur formation initiale de qualité (OCDE : 75 %), et ils sont&nbsp;peu préparés à la gestion de la diversité, à l’usage du numérique ou à l’accompagnement socio-émotionnel des élèves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En matière de formation continue, seulement 35 % des enseignants estiment qu’elle a eu un impact positif sur leur pratique (OCDE : 55 %). Les principaux freins évoqués : manque de temps, incompatibilité avec les horaires de travail et manque d’offres pertinentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un métier en quête de reconnaissance et de soutien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, les enseignants en France exercent dans des conditions de plus en plus complexes, avec une charge croissante, peu de reconnaissance, des salaires peu attractifs, et des formations inadaptées aux réalités du terrain. Le métier reste source de satisfaction malgré tout, pourrait-on dire, mais au prix d’un engagement personnel important, voire de sa santé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ministre ou pas ministre, si le cap reste le même, la prochaine enquête Talis dans 5 ans ne pourra qu’entériner l’échec d’une gouvernance politique et de ses choix, déconnectés des professeur.es, de leurs besoins au service des élèves de la République.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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