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	<title>attaque &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>attaque &#8211; Parce que !</title>
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		<title>Au tribunal, l’école face aux offensives de l’extrême droite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 17:25:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses, études]]></category>
		<category><![CDATA[attaque]]></category>
		<category><![CDATA[extreme droite]]></category>
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<p>«&nbsp;<strong><em>Ce dossier est une bande-annonce de ce qui arrivera aux libertés académiques si un jour l’extrême droite arrive au pouvoir&nbsp;»</em>&nbsp;a déclaré l’avocat du SNES-FSU, Me Ortin.&nbsp;</strong><strong>À la barre du tribunal judiciaire de Paris, la professeure de philosophie Sophie Djigo a défendu bien plus que sa personne les 30 et 31 mars. À travers sa plainte pour diffamation et injures publiques visant neuf personnes, c’est une certaine idée de l’enseignement et de la liberté pédagogique qui se joue. Son procès met en lumière une dynamique plus large : la montée de pressions politiques, souvent portées par l’extrême droite, sur le monde éducatif.</strong></p>



<p><strong>D’un projet pédagogique à une polémique nationale</strong></p>



<p>À l’origine, il y a un projet pluridisciplinaire intitulé « Exil et frontières », destiné à initier des étudiants d’hypokhâgne à la recherche et à la confrontation des savoirs au terrain. Fin novembre 2022, tout s’emballe. En quelques heures, après une publication du collectif « Protégeons nos enfants » (Parents Vigilants), la polémique enfle. Relayée par des responsables de Reconquête, du Rassemblement national et par le site&nbsp;<em>Riposte laïque</em>, l’initiative est requalifiée en «<em>&nbsp;sortie au camp de migrants »</em>, en&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>grand endoctrinement au service du grand remplacement »</em>,&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>propagande&nbsp;»</em>&nbsp;voire en&nbsp;<em>« lavage de cerveau »</em>.</p>



<p>Les 30 et 31 mars, durant près de 9 heures, le procès s’est tenu. Parmi les personnes poursuivies figurent notamment Éric Zemmour, absent à l’audience, ainsi que plusieurs responsables politiques, dont un sénateur et un député Rassemblement National, et une porte-parole de Parents Vigilants. 10 jours avant ce procès, cinq internautes qui avaient participé au cyberharcèlement ont été condamnés par le Tribunal de Paris.</p>



<p><strong>Une «&nbsp;imputation déshonorante&nbsp;»</strong></p>



<p>Lors du procès, Sophie Djigo a défendu la nature de son enseignement : «&nbsp;<em>La pédagogie est au cœur du métier</em>&nbsp;», avec pour objectif de «&nbsp;<em>favoriser la compréhension et l’autonomie</em>&nbsp;». En philosophie, explique-t-elle, il s’agit «&nbsp;<em>d’outiller les étudiants pour réfléchir à l’actualité</em>&nbsp;», non d’imposer des opinions. «&nbsp;<em>Faire de la philosophie politique, ce n’est pas faire de la politique</em>&nbsp;», glisse-t-elle, rappelant que son programme incluait notamment Hobbes ou Montesquieu — «&nbsp;<em>heureusement pas Marx</em>&nbsp;», ironise-t-elle.</p>



<p><strong>Un «&nbsp;mensonge initial&nbsp;» amplifié</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Apprendre à penser par soi-même, c’est le contraire de l’endoctrinement</em>&nbsp;», rappelle l’enseignante de philosophie. Face aux juges, elle dénonce «&nbsp;<em>une accusation reposant sur un fait mensonger</em>&nbsp;» : «&nbsp;<em>Il n’a jamais été question d’emmener des élèves dans un camp de migrants.</em>&nbsp;» Ce qui relevait d’un projet académique est devenu, selon son avocat, Me Raphaël Kempf, un «&nbsp;<em>mensonge initial, repris par des leaders d’opinion</em>&nbsp;».</p>



<p>À l’origine de la fuite, un ancien élève, a transmis un courriel interne à l’association «&nbsp;Protégeons nos enfants ». L’élève était arrivé en cours d’année, et donc présent à une dizaine d’heures de cours de l’enseignante. Sophie Djigo souligne également que l’une des prévenues était une collègue de son établissement. «&nbsp;<em>Les communiqués jettent l’opprobre sur moi, me représentent comme un professeur qui déshonore son métier</em>&nbsp;», insiste-t-elle, dénonçant «&nbsp;<em>une accusation reposant sur un fait mensonger</em>&nbsp;». Cette accusation et la mécanique des réseaux sociaux résonnent avec l’affaire Samuel Paty, qui a profondément marqué la profession. L’un des avocats de la partie civile l’a évoquée à deux reprises à l’audience, établissant un parallèle avec ces dynamiques de mise en cause publique d’enseignants et leur danger.</p>



<p><strong>Une stratégie politique assumée</strong></p>



<p>Dans un contexte de politisation croissante de l’école, accusée d’être un lieu d’influence idéologique, un des avocats de la défense revendique d’ailleurs sa position « de droite » et plaide la liberté d’expression, affirmant avoir lui-même «&nbsp;<em>vécu le grand endoctrinement</em>&nbsp;» à l’école. À l’audience, les prévenus élus du RN revendiquent une lecture politique de l’affaire. «&nbsp;<em>Nous avons voulu apporter une vision politique</em>&nbsp;», affirme l’un d’eux, évoquant un communiqué comme «&nbsp;<em>l’expression d’une position politique</em>&nbsp;».</p>



<p>Les prévenus dénoncent une&nbsp;<em>« activité militante à forte connotation politique »</em>&nbsp;de l’enseignante pour la discréditer. Ils invoquent la neutralité du service public, ainsi que leur&nbsp;<em>« liberté d’opinion et d’expression »</em>.</p>



<p><strong>Des accusations aux conséquences réelles</strong></p>



<p>La polémique a rapidement dépassé le cadre du débat d’idées. L’enseignante évoque cyberharcèlement, menaces et protection policière à son domicile. Elle a subi «&nbsp;<em>dix jours d’ITT</em>&nbsp;», un arrêt prolongé reconnu comme accident du travail, et a dû changer de poste. «&nbsp;<em>On s’en prend à l’Éducation nationale à travers une personne</em>&nbsp;», affirme-t-elle.</p>



<p>Le SNES-FSU, partie civile, dénonce une attaque contre l’ensemble de la profession :<br>«&nbsp;<em>Les termes employés […] visent à faire pression sur les pratiques et à limiter la liberté pédagogique.</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>Une logique d’intimidation</strong></p>



<p>Pour le sociologue Éric Fassin, entendu comme témoin, l’affaire s’inscrit dans une tendance plus large :&nbsp;«&nbsp;&nbsp;<em>Il y a une politique d’intimidation très forte contre les chercheurs et les enseignants.</em>&nbsp;» Il décrit une séquence déjà observée lors des polémiques sur la « théorie dite du genre » : rumeurs, déformations, amplification médiatique, puis mise en cause personnelle avec un objectif&nbsp;: produire un effet dissuasif. «&nbsp;<em>Qui parmi nous a envie d’avoir à faire à cette expérience ?</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>Neutralité ou autonomie ?</strong></p>



<p>Le débat s’est cristallisé autour de la notion de neutralité. «&nbsp;<em>Il ne s’agit pas de neutralité, mais d’autonomie</em>&nbsp;», insiste Éric Fassin. Les enseignants, rappelle-t-il, «&nbsp;<em>sont des citoyens comme tout le monde</em>&nbsp;» et doivent pouvoir encadrer une réflexion critique, y compris sur des sujets sensibles. Deux témoignages décrivent d’ailleurs une réalité éloignée des accusations : «&nbsp;<em>Tout le monde pouvait parler</em>&nbsp;», assure une ancienne étudiante à la barre.</p>



<p><strong>Un climat de peur dans l’institution</strong></p>



<p>L’affaire s’inscrit dans un contexte de politisation croissante de l’école, où programmes et contenus deviennent objets de suspicion. Comme pour EVARS. À l’audience, l’avocat du SNES-FSU, Me Orbin dénonce une «&nbsp;<em>guerre faite par Parents Vigilants aux contenus pédagogiques et à la liberté de enseignants&nbsp;</em>». Il poursuit :&nbsp;<em>«&nbsp;par l’intimidation d’un enseignant</em>,&nbsp;<em>ils cherchent la censure de tous</em>&nbsp;» – les «&nbsp;<em>professionnels de l’enseignement sont pris en étau par Parents Vigilants et les islamistes</em>&nbsp;». Le traumatisme de l’assassinat de Samuel Paty est encore présent, Me Orbin établit un parallèle avec&nbsp;&nbsp;<em>«&nbsp;ce qu’a fait Sefraoui&nbsp;»</em><strong><em>&nbsp;</em></strong>appelant le tribunal à protéger<em>&nbsp;«&nbsp;les enseignants individuellement comme collectivement</em>&nbsp;».</p>



<p>Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, décrit une «&nbsp;<em>mécanique bien rodée</em>&nbsp;» faite de réseaux sociaux, d’amplification médiatique et de pression politique. «&nbsp;<em>Ça peut faire peur</em>&nbsp;», reconnaît-elle faisant écho à la question posée la veille par le sociologue Éric Fassin : «&nbsp;<em>Qui parmi nous a envie d’avoir à faire à cette expérience ?</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>Un signal attendu</strong></p>



<p>Au-delà du cas individuel, c’est un enjeu collectif qui se dessine. «&nbsp;<em>On demande beaucoup aux professeurs […] mais ils ne pourront pas tout faire seuls. Ils ont besoin d’un signal fort de la société</em>&nbsp;», insiste-t-elle. «&nbsp;<em>Nous sommes en train de devenir des cibles pour ce que nous faisons, pour ce que nous représentons</em>&nbsp;», alerte la secrétaire générale du Snes, le deuxième jour de l’audience. «&nbsp;<em>Les personnels sont au rendez-vous, mais ils ne pourront pas tout faire seuls : ils ont besoin du soutien de la société.</em>&nbsp;»</p>



<p>Le jugement, attendu en juin, devra dire si les propos poursuivis relèvent de la diffamation et de l’injure publique. Mais au-delà, il posera une autre question, pédagogique et politique : jusqu’où peut-on contester un enseignant sans remettre en cause la possibilité même d’enseigner — au risque d’installer la peur et l’autocensure ?</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p></p>
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		<title>Attaque dans un collège : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne</title>
		<link>https://parce-que.fr/attaque-dans-un-college-lecole-et-ses-professeur-es-en-premiere-ligne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 16:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[attaque]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes attaques au couteau, à Nantes, Benfeld, ou Sanary, impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont [&#8230;]]]></description>
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<p></p>



<p><strong>L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/04/28/nantes-approche-securitaire-pour-masquer-lurgence-de-la-sante-mentale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attaques au couteau, à Nantes</a>, <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/attaque-au-couteau-un-defi-educatif-majeur-face-a-la-radicalisation-et-a-lextreme-droite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Benfeld,</a> ou <a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/04/une-enseignante-darts-plastiques-poignardee-dans-son-college/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sanary,</a> impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont une illustration brutale. </strong></p>



<p><strong>« On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence. La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement » dénonce le Snes-FSU de l’académie de Nice.</strong></p>



<p><strong>Violence scolaire : un symptôme, pas une fatalité</strong></p>



<p>L’état de santé de notre collègue professeure d’arts plastiques, âgée de 60 ans est qualifié de «&nbsp;<em>très préoccupant</em>&nbsp;». Et cette attaque vient s’ajouter à une série tragique. En l’espace de cinq ans, quatre personnels de l’Éducation nationale ont été tués : Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné en 2020 à Conflans-Sainte-Honorine ; en février et octobre 2023, Agnès Lassalle, enseignante d’espagnol poignardée dans sa classe à Saint-Jean-de-Luz, et Dominique Bernard, professeur de français tué lors d’une attaque terroriste à Arras ; en juin 2025, Mélanie Grapinet, assistante d’éducation, décédée à Nogent. S’y ajoute la professeure de musique attaquée à Benfeld en septembre 2025.</p>



<p>À chaque drame, la tentation sécuritaire ressurgit : portiques, caméras, fouilles de sacs.</p>



<p>Mais pour les syndicats comme pour de nombreux professionnels de l’éducation, le diagnostic est unanime : le problème n’est pas matériel, il est humain, comme les victimes. «&nbsp;<em>Quand vous êtes sur un acte imprévisible, isolé comme celui-ci, le risque zéro n’existe pas</em>&nbsp;», a reconnu le ministre de l’Éducation nationale, soulignant les limites des réponses purement sécuritaires. Les détecteurs de métaux, a-t-il ajouté, «&nbsp;<em>ne permettent pas d’arrêter en tant que tel un criminel</em>&nbsp;».</p>



<p>Rappelons le contexte de suppression de postes comme d’attractivité du métier, la pénurie d’infirmières scolaires, de psychologues, d’éducateurs spécialisés. L’école manque de bras et de visages pour écouter, prévenir et accompagner. En moyenne, le taux d’encadrement infirmier par personnel est 1300 élèves, un médecin pour 12 572 élèves, un assistant social pour 1512 élèves, un psychologue pour 1500 dans le Premier degré.</p>



<p><strong>Focus académique&nbsp;</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>L’académie de Nice est une des plus mal dotée&nbsp;»&nbsp;</em>signale la secrétaire académique du Snes-FSU<em>, « m</em><em>ême si l’académie vient de bénéficier de 12 Equivalents temps plein supplémentaires par rapport à la dotation de l’année précédente, ce traitement n’est en rien une faveur&nbsp;».&nbsp;</em>Elle décrypte&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est la conséquence d’une démographie atypique qui perdure dans notre académie, puisqu’à contre-courant de la situation nationale, il est prévu une augmentation pour le 2d degré de 147 élèves. Ces 12 ETP ne sont que la conséquence de cette augmentation du nombre d’élèves : une stricte proportionnalité est appliquée. Il ne faut donc pas attendre une amélioration des indicateurs que notre institution chérit : le E/S, nombre d’élèves devant chaque professeur ne va pas diminuer, le H/E, nombre d’heures d’enseignement par élève, ne va pas augmenter. Les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels ne seront pas améliorées. Et la montée des actes de violences est très inquiétante ces dernières années</em>.&nbsp;»</p>



<p><strong>Des enfants auteurs de violence eux-mêmes victimes&nbsp;</strong></p>



<p>Les faits récents rappellent une réalité trop souvent occultée : nombre de jeunes auteurs de violences sont eux-mêmes des enfants en souffrance. À Nantes comme à Benfeld, les adolescents impliqués étaient connus pour aller mal.</p>



<p>A Sanary, le procureur a confirmé qu’un signalement avait été effectué par le collège pour des «&nbsp;<em>suspicions de violences commises par les parents</em>&nbsp;» à l’encontre de la sœur du jeune mis en cause. L’adolescent, âgé de 14 ans, était suivi par le tribunal pour enfants. Lors de son interpellation, il était «&nbsp;<em>en pleurs, tremblant</em>&nbsp;» et a dit regretter son geste qui était prémédité. Il a dit avoir&nbsp;<em>«&nbsp;une grosse haine&nbsp;»</em><em>&nbsp;</em>envers lui-même,<em>&nbsp;</em><em>«&nbsp;davantage qu’à l’encontre de sa professeure&nbsp;»</em>.</p>



<p>Le parquet de Toulon va demander l’ouverture d’une information judiciaire pour tentative d’assassinat, et le placement de l’élève en détention provisoire. Le communiqué précise que&nbsp;<em>«&nbsp;cette qualification fait encourir la peine de réclusion criminelle à perpétuité, réduite à 20 ans de réclusion criminelle pour les mineurs âgés de moins de 16 ans</em>«&nbsp;,</p>



<p>«&nbsp;<em>Manifestement, il serait victime dans son domaine familial</em>&nbsp;», a déclaré le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, précisant que le jeune devait rencontrer la Protection judiciaire de la jeunesse… après quatre mois d’attente.</p>



<p>«&nbsp;<em>C’est trop long. On doit pouvoir réduire ce délai à quinze jours</em>&nbsp;», a-t-il admis, pointant les défaillances de l’accompagnement des enfants victimes.</p>



<p><strong>Un continuum de violences</strong></p>



<p>Les violences en milieu scolaire ne surgissent pas ex nihilo. Elles s’inscrivent dans un continuum : violences familiales, discours de haine, brutalisation du débat public, conflits armés omniprésents dans l’actualité. Les garçons, surreprésentés parmi les auteurs, agissent souvent dans un contexte marqué par des rapports de domination et des violences faites aux femmes.</p>



<p><strong>Changer de cap</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence</em>&nbsp;» déclare Fabienne Langoureau,&nbsp;la secrétaire académique du SNES-FSU. «&nbsp;<em>La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement, il en va de sa mission</em>&nbsp;» poursuit-elle, préconisant de «&nbsp;<em>rétablir tous les postes de psychologues scolaires, d’infirmiers scolaires, de médecins scolaires&nbsp;».&nbsp;</em>Son état des lieux est alarmant<em>&nbsp;: «&nbsp;dans le Var sur les 23 postes existants de médecins scolaires seuls 4 sont pourvus ! De même 43 postes de Psychologues sont vacants dans l’académie ! Il en va de la santé de nos élèves et de la sécurité de nos collègues&nbsp;</em>».</p>



<p>Pour les personnels éducatifs, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire, les dispositifs de sécurité ont été renforcés, mais les moyens éducatifs et préventifs baissent. Elle doit être éducative, sociale et judiciaire, à tous les étages. Prévenir les ruptures, détecter plus tôt les signaux faibles, renforcer la protection de l’enfance et les moyens de la justice des mineurs, déployer des postes dans les établissements scolaires sont les propositions pour éviter de nouveaux drames.</p>



<p>L’état d’urgence n’est pas seulement sécuritaire. Il est humain, éducatif et politique. Et il concerne toute une génération en détresse.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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