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	<title>algérie &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>algérie &#8211; Parce que !</title>
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		<title>Massacres en Kabylie, 1956 : l’enquête contre l’effacement</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 15:03:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[«&#160;Un massacre en Kabylie. Algérie 1956&#160;» est une enquête de Safia Kessas et Fabrice Riceputi qui exhume un crime colonial. Elle interroge les silences qui traversent encore les mémoires françaises et algériennes. «&#160;D’autres mémoires se réveillent encore en Kabylie et en France&#160;», écrivent Safia Kessas et Fabrice Riceputi. C’est une des grandes réussites de ce [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Un massacre en Kabylie. Algérie 1956&nbsp;» est une enquête de Safia Kessas et Fabrice Riceputi qui exhume un crime colonial. Elle interroge les silences qui traversent encore les mémoires françaises et algériennes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>D’autres mémoires se réveillent encore en Kabylie et en France</em>&nbsp;», écrivent Safia Kessas et Fabrice Riceputi. C’est une des grandes réussites de ce livre : faire surgir une histoire enfouie et montrer que la mémoire n’est pas qu’une affaire du passé, mais une question du présent comme une question collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un massacre en Kabylie. Algérie, 1956</em>&nbsp;est un petit ouvrage d’une grande force. À partir d’une enquête mêlant archives, témoignages, mémoire orale, enquête de terrain les auteurs reconstituent le massacre perpétré le 23 mai 1956 dans les villages d’Aït Soula, Tazrouts et Agouni, en Kabylie. D’abord révélée dans une série d’enquêtes publiées par&nbsp;<em>Mediapart</em>, cette histoire prend toute son ampleur dans un livre préfacé par Edwy Plenel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire familiale devenue histoire collective</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’origine de l’enquête, il y a ce « brouillage mémoriel » hérité du trauma colonial que la psychanalyste Karima Lazali a conceptualisé : des récits incomplets, des non-dits, des silences face à la violence coloniale. La journaliste et documentariste belge Safia Kessas entreprend ce qu’elle décrit comme «&nbsp;<em>un travail décolonial sur l’histoire familiale en restituant le contexte nécessaire à sa compréhension</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nommer la violence coloniale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ouvrage de Kessas et Riceputi jette une lumière crue sur la violence de la « pacification » coloniale et de la guerre menée contre les populations civiles. L’historien Riceputi a notamment documenté le massacre des Algériens qui s’est déroulé le 17 octobre 1961. Mais dans ce livre, direction la Kabylie où le 23 mai 1956, où des militaires français investissent plusieurs villages de la vallée de la Soummam. Environ 75 civils sont exécutés. Plus de 200 femmes sont rassemblées de force dans une mosquée, humiliées et victimes de violences sexuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs montrent que ce massacre n’est ni un accident ni un dérapage. Il s’inscrit dans une stratégie de terreur destinée à reprendre le contrôle d’une région devenue un foyer important de la lutte indépendantiste. Ils rappellent que «&nbsp;<em>ce que vécurent les habitants d’Aït Soula, Tazrouts et Agouni est l’un des premiers épisodes d’une véritable tentative de reconquête de toute la vallée de la Soummam par les Français en 1956</em>&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image alignright"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/Couverture-massacre.jpeg" alt="" class="wp-image-309264"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire entendre la parole des femmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, les femmes «&nbsp;<em>durent taire ce qu’elles avaient vécu, d’abord pour protéger les hommes</em>&nbsp;». Les auteurs recueillent des témoignages rares sur les humiliations, les agressions sexuelles et les viols commis lors du massacre. Ces récits montrent comment les corps des femmes furent utilisés comme instruments de domination et de terreur. Parce qu’elles touchent à l’honneur, à l’intime et à la honte, ces violences ont souvent été les plus difficiles à transmettre. Les faire entrer dans l’histoire constitue ici un geste à la fois mémoriel, politique et féministe. Le livre montre ainsi que l’histoire ne se construit pas seulement dans les archives ou les institutions. Elle se nourrit aussi des récits, des témoignages, des souvenirs transmis de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats sur la colonisation et la guerre d’Algérie restent difficiles, cette enquête souligne l’importance du travail historique. Car, comme l’écrivent les auteurs, «&nbsp;<em>admettre publiquement que la France a infligé des violences criminelles en Algérie (…) se heurte à un déni que la masse des travaux historiques produits depuis quelques décennies ne parvient pas à vaincre</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un livre nécessaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Massacres en Kabylie, Algérie, 1956</em>&nbsp;est un ouvrage essentiel. Il documente un crime oublié, à l’écoute des témoins, il laisse à entendre les blessures et les voix longtemps tenues à l’écart, il donne une place aux victimes et contribue à faire reculer l’effacement. C’est une enquête remarquable qui rappelle que l’Histoire n’est jamais définitivement écrite et que le travail de vérité demeure, aujourd’hui encore, une exigence démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Mathieu Belezi, Attaquer la terre et le soleil, le tripode, 2022.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 14:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lectures]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature et politique]]></category>
		<category><![CDATA[belezi]]></category>
		<category><![CDATA[algérie]]></category>
		<category><![CDATA[attaquer la terre et le soleil]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une langue sans respiration, des longues phrases, qui s’enchainent parfois sans point ni majuscule, comme une violence sans fin, à la manière d’un conte venu de loin, cruel, des tripes ou de l’enfer, Mathieu Belezi raconte la colonisation de l’Algérie dans une épopée lyrique. Il met en mots la conquête de l’Algérie et ses [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="738" height="186" src="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/logo-parceque-djehanne-gani.png" alt="" class="wp-image-669" srcset="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/logo-parceque-djehanne-gani.png 738w, https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/logo-parceque-djehanne-gani-300x76.png 300w" sizes="(max-width: 738px) 100vw, 738px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une langue sans respiration, des longues phrases, qui s’enchainent parfois sans point ni majuscule, comme une violence sans fin, à la manière d’un conte venu de loin, cruel, des tripes ou de l’enfer, Mathieu Belezi raconte la colonisation de l’Algérie dans une épopée lyrique. Il met en mots la conquête de l’Algérie et ses horreurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue est une longue tirade, comme si, une fois déliée, elle devenait inarrêtable, les mots enfouis jaillissent. Elle dit l’horreur de la colonisation, dans un lyrisme cru et cruel&nbsp;: razzias, massacres, viols, enfumades.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mathieu Belezi met des mots sur la barbarie de la colonisation et la souffrance des femmes, celle des viols, celles des femmes colon qui perdent les fils, leur sœur, sans oublier celle des soldats, enivrés et ivres de sang. Il y a la violence de la colonisation, celle des hommes, des soldats, des combattants et face à cela il y a les victimes de cette folie, des femmes violées, des mères qui perdent leurs enfants, leurs maris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux voix alternent, «&nbsp;rude besogne&nbsp;» et «&nbsp;bain de sang&nbsp;». Dans «&nbsp;rude besogne&nbsp;», Mathieu Belezi, c’est la voix de Séraphine, une femme colon qui raconte l’installation dans des terres hostiles et misérables, la mort de deux des trois fils du choléra, de sa sœur comme si ni la terre ni les habitants ne voulaient d’eux. C’est la désillusion, loin des promesses de leur terre d’origine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chapitres «&nbsp;Bain&nbsp;de sang&nbsp;» sont le récit de l’explosion de la barbarie, des massacres, des pillages, des exécutions, des viols, c’est la voix aux soldats qui débarquent en Algérie en 1830 pour la conquête. C’est celle du capitaine. «&nbsp;<em>c’est vrai qu’on n’est pas des anges</em>&nbsp;» est un leitmotiv.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attaquer la terre et le soleil est un roman magnétique et bouleversant sur l’Algérie et ses massacres de la colonisation qui hante l’œuvre de l’auteur comme certainement notre pays. Le prix du livre inter 2023, prix le Monde 2022 est un roman saisissant de la chair, des corps blessés, ravagés par le déferlement de violences de la colonisation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="720" height="720" src="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/belezi4.jpg" alt="" class="wp-image-670" srcset="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/belezi4.jpg 720w, https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/belezi4-300x300.jpg 300w, https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/08/belezi4-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>
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