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	<title>Portraits &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
	<lastBuildDate>Wed, 17 Jul 2024 16:24:52 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Portraits &#8211; Parce que !</title>
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		<title>Sabine Aussenac, professeure d’allemand : « J’ai été une prof heureuse »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 16:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Sabine Aussenac est professeure d’allemand depuis 40 ans dans l’académie de Toulouse. A la veille de son départ à la retraite, elle partage avec le Café pédagogique son regard et son expérience de professeure. C’est la dernière fin d’année scolaire pour vous. Pourriez-vous décrire votre carrière en quelques mots ? &#160;J’ai enseigné, durant 40 ans, dans [&#8230;]]]></description>
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<p>Sabine Aussenac est professeure d’allemand depuis 40 ans dans l’académie de Toulouse. A la veille de son départ à la retraite, elle partage avec le Café pédagogique son regard et son expérience de professeure.</p>



<p><img decoding="async" width="153" height="244" src="blob:https://parce-que.fr/e36bcc6b-d591-4e5d-949f-1c4ec8bee1a8"></p>



<p><strong>C’est la dernière fin d’année scolaire pour vous. Pourriez-vous décrire votre carrière en quelques mots ?</strong></p>



<p>&nbsp;J’ai enseigné, durant 40 ans, dans diverses académies&nbsp;: Toulousaine, j’ai fait mon stage en Auvergne avant d’être nommée «&nbsp;titulaire académique&nbsp;» aux alentours de Bordeaux en début de carrière et de revenir à Clermont-Ferrand, car mon mari m’y avait suivie depuis Toulouse. C’est à Clermont que j’ai eu, durant presque dix ans, le seul poste fixe de ma carrière, au lycée Blaise-Pascal où j’ai enseigné au lycée et au collège. Chaque année, je demandais ma mutation pour la ville rose, mais je n’y suis revenue qu’au hasard d’un remariage avec …un Allemand qui avait trouvé du travail à Toulouse&nbsp;! À partir de là, je n’ai plus jamais eu de poste fixe. Je suis restée TZR, sur la Haute-Garonne, puis sur le Nord, car nous avions déménagé à Bruxelles et je travaillais à Lille. Enfin, j’ai pu obtenir une mutation dans l’académie de Toulouse deux ans plus tard, mais sans jamais retrouver de poste.&nbsp;</p>



<p><strong>Vous finissez votre carrière TZR, alors&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis restée TZR, pas par choix, mais parce que les postes en allemand sont excessivement rares dans ma région. En début de carrière, lors de mes dix ans en Auvergne, j’ai beaucoup souffert de cet exil, loin de ma région d’origine et de ma famille. Je me souviens de mes larmes, au moment de l’annonce des résultats des mutations, lorsque je n’arrivais pas à redescendre dans le Sud-Ouest…</p>



<p>C’est un réel défi que d’apprivoiser à chaque rentrée de nouveaux lieux, de se familiariser avec les pratiques des établissements, de s’intégrer dans de nouvelles équipes pédagogiques. Cela permet effectivement de ne jamais «&nbsp;ronronner&nbsp;», de toujours remettre en perspectives ses pratiques, d’innover… Mais exit les projets au long cours, les voyages… Je n’ai ainsi jamais été professeur principal, j’ai aussi été privée des possibilités d’échanges personnels que j’aurais pu finaliser avec le programme Jules Verne, qui permettait à un enseignant français de faire un échange de poste… Cela m’a énormément frustrée. On se retrouve aussi nommée fin août… J’apprenais quasi systématiquement mon affectation pour ma fête, à la Sainte Sabine, le 29 août&nbsp;!! Exit les demandes précises d’aménagements d’emploi du temps… Impossible aussi de préparer les cours à l’avance. Là, je parle des années où j’ai eu des affectations à l’année&nbsp;; lorsque l’on fait des remplacements de courte durée, c’est encore plus difficile, il faut être très réactif, avoir des séquences toutes prêtes sous le coude, composer avec les pratiques de l’enseignant que l’on remplace, gérer des classes parfois difficiles, qui étaient en conflit avec le professeur… Un challenge&nbsp;!</p>



<p><strong>Quels changements avez-vous pu observer&nbsp;&nbsp;durant votre carrière ?</strong></p>



<p>Il est évident qu’en une si longue période, la société évolue, et j’ai pu observer de l’intérieur les changements sociétaux, administratifs, éducatifs… Quelle différence entre le début de ma carrière d’avant la création des INSPE, avec un simple accompagnement d’un tuteur, et tous les aménagements dont bénéficient aujourd’hui les nouveaux collègues, avec les masters MEF, etc… Tout a changé, évolué à vitesse grand V… J’ai connu les salles des profs avec un côté fumeur, les craies, les ronéo, les grands registres cuir pleine fleur où nous remplissions les bulletins, les mots dans les carnets, et puis au fil des ans la digitalisation, l’ENT… J’avoue m’être familiarisée rapidement avec les TICE et avoir beaucoup apprécié tous ces nouveaux outils, qui permettent tant de liberté et d’originalité lorsque l’on sait les utiliser&nbsp;! Pouvoir se détacher des manuels papiers et créer des séquences plus riches, agrémentées de vidéo et d’audio, a été un réel plus, même si nous tentions déjà autrefois d’utiliser des documents authentiques en format papier. J’ai par exemple chaque année, depuis très longtemps, créé des blogs d’allemand dans les établissements où j’ai travaillé, pour y fédérer les connaissances et travailler de façon plus interactive…</p>



<p>J’ai tout connu, au niveau des réformes et des diktats de l’Institution, entre l’interdiction de prononcer un mot de français avant la Toussaint -sic, je faisais cours en langue des signes…-, le primat de l’oral (exit la grammaire…), l’interdiction de traduire et/ou de faire de la grammaire inductive -voilà voilà, nous devions attendre que l’élève ‘ait envie de parler au passé’…&nbsp;?&nbsp;J’avoue avoir été rebelle et avoir fait apprendre du vocabulaire et des verbes forts en douce. Non mais&nbsp;!</p>



<p>Nos élèves ont bien changé aussi. J’ai commencé en 1984, et il me semble qu’il y avait encore un certain respect face au prof qui, hélas, n’existe plus. J’ai pu observer le manque d’attention des élèves, à tous les niveaux, du collège au lycée, leur éparpillement intellectuel, leur incapacité grandissante à demeurer fixés sur une tâche&nbsp;: je leur dis souvent qu’ils sont comme des maternelles, et que je dois changer d’activité plusieurs fois par heure afin de garder leur attention… Ce satané portable, et nos luttes incessantes pour qu’ils n’y touchent pas…&nbsp;</p>



<p><strong>Quels bons souvenirs de votre carrière&nbsp;gardez-vous ? &nbsp;</strong></p>



<p>Des milliers de souvenirs formidables&nbsp;! Cette satisfaction inhérente à notre fonction de voir les yeux brillants des élèves lorsqu’ils comprennent et progressent dans la joie et la bonne humeur. Les sixièmes qui sont capables de faire des phrases et dialoguer en allemand dès la Toussaint, les débats passionnants en lycée. Les moments de grâce quand un cours est juste parfait, exactement comme on l’avait imaginé en le préparant, ou au contraire improvisé suite à un événement extérieur mais tout aussi réussi. Les «&nbsp;tâches finales&nbsp;» souvent originales et qui font cohésion, comme une visite guidée d’une ville en 4°, avec les élèves qui jouent à merveille les différents rôles dans de petites saynettes, ou un débat en première, les récitations de poésie ou les scènes de théâtre, les audios où les élèves imaginent des émissions de radio… Les flashmobs organisés à noël avec des chants allemands, les goûters… Les élèves de ZEP qui m’accueillaient avec un «&nbsp;Ich bin ein Berliner&nbsp;!&nbsp;»… Les magnifiques expositions avec des reproductions d’œuvres d’art crées par les élèves, leurs exposés sur des sujets importants…</p>



<p>&nbsp;Chaque classe est différente, et c’est un réel bonheur que de l’accompagner durant toute une année. Une autre très grande satisfaction réside bien sûr dans les rapports que nous développons certes avec un groupe classe, mais aussi avec les élèves pris individuellement. De beaux liens se créent, de confiance, de confidence, parfois d’amitié. J’ai gardé des contacts au fil de ces 40 années avec une dizaine d’élèves, certains sont de vrais amis…</p>



<p>&nbsp;Il y a bien entendu aussi d’excellents souvenirs avec des collègues&nbsp;! Un des collèges de ZEP où j’ai enseigné organisait des tournois de pétanque dans la cour, à chaque pause méridienne. Dans un autre, les collègues s’amusaient à mettre des photos drôles sur les casiers&nbsp;! Je n’oublierai jamais ce repas avec un groupe de collègues italiens que j’ai accompagné en visite de plusieurs villes de notre région, dans une soirée festive où nous échangions en un joyeux mélange d’anglais, de français et d’italien&nbsp;!</p>



<p><strong>Et des souvenirs plus tristes&nbsp;?</strong></p>



<p>&nbsp;J’ai été confrontée à des décès d’élèves, cela m’a énormément marquée. Une de mes élèves s’est tuée en scooter, un autre, quelques années après son bac, en voiture&nbsp;; nous étions restés amis et je n’ai jamais pu oublier cette perte. Un autre de mes élèves s’est suicidé, alors qu’il était en terminale, c’est épouvantable. Dans un collège de montagne où je travaillais, un père de famille a tué l’un de nos élèves entre midi et deux d’un coup de fusil de chasse, ainsi que la maman.</p>



<p>&nbsp;J’ai été extrêmement bouleversée, comme nous tous, par le décès de Samuel Paty. Et par divers suicides d’enseignants, comme celui d’un jeune stagiaire dans un collège où je fis ensuite aussi nommée comme stagiare.&nbsp;</p>



<p><strong>Partir à la retraite, un soulagement ou un pincement&nbsp;?</strong></p>



<p>&nbsp;Les sentiments sont très contradictoires. Oui, peut-être un soulagement «&nbsp;physique&nbsp;», car les dernières années ont été difficiles&nbsp;&nbsp;en passant par les années covid où j’ai été confrontée à des soucis de santé, et je sens que je supporte plus difficilement la fatigue. Mais la décision a été très très difficile à prendre, car j’aime infiniment mon métier et le contact avec les élèves, d’autant plus que la dernière année scolaire a été vraiment sereine, avec des classes presque toutes formidables, des moments fabuleux avec les élèves, de belles réussites de ces derniers.</p>



<p>Ce sera vraiment difficile de ne plus profiter de ces échanges formidables, et je pense que je garderai «&nbsp;un pied dans la maison&nbsp;» en essayant de donner quelques cours dans des formations post bac, et/ou en me rapprochant d’associations pour faire du bénévolat auprès de primo arrivants, ou en milieu hospitalier ou pénitentiaire. Mais les projets ne manquent pas, puisque je suis aussi en écriture, et que j’ai inscrit depuis quelques années une thèse en recherche-création sur trois artistes allemandes.&nbsp;</p>



<p>&nbsp;<strong>Quel conseil à une future ou jeune professeure&nbsp;?</strong></p>



<p>&nbsp;Ne jamais renoncer. Ne pas baisser les bras. Garder le goût de la transmission, et savoir se renouveler au niveau des méthodes tout en gardant la passion des débuts. Aimer les élèves. Oui, les aimer, pas seulement les respecter. Les voir comme des êtres humains à part entière, pas comme des personnes sur lesquelles nous avons autorité, même si c’est le cas. Nous ne sommes pas simplement là pour leur transmettre des savoirs, mais aussi des valeurs, une éducation, de belles choses, de la culture, de la bienveillance… Garder toujours aussi une légèreté et le sens de l’humour. On a toujours beaucoup ri dans mes cours, il y a eu des boutades, des fous-rires, des bons mots, de part et d’autre. La salle de classe n’est pas une arène, mais une agora.&nbsp;</p>



<p>Se respecter, aussi. Demeurer le capitaine de ce navire qu’est la classe, donc ne pas arriver dépenaillé, mais toujours tiré à quatre épingles, car nous sommes aussi là pour aider les élèves à se repérer avec les codes sociaux. Leur expliquer qu’on ne parle pas en classe comme on parlerait dans la rue. Toujours tenter de déjouer les agressivités par de l’humour et de la bienveillance, tout en n’hésitant pas à sévir si besoin.</p>



<p>Et ne pas rester seul si il y a des problèmes&nbsp;: nous sommes un des éléments d’une équipe qui va des collègues au CDE en passant par les CPE, la VS, les personnels de santé… La communication et la solidarité demeurent capitales.</p>



<p><strong>Et quels conseils pour un professeur d’allemand&nbsp;?</strong></p>



<p>Spécifiquement au sujet de l’allemand, je pense qu’il faut à la fois répéter encore et encore que l’Allemagne a existé avant et après la Shoah, et que l’on ne peut la réduire à cela, donc jouer à fond la carte de la culture, des merveilles géographiques, historiques, culinaires…du pays, tout en ne se voilant pas la face et en intégrant cet événement gravissime dans nos cours, en en parlant sans tabous, en le reliant à l’actualité, en en profitant pour expliquer encore et encore ce qui s’est passé, pourquoi, et pourquoi cela ne doit pas se répéter. Là aussi, nous ne sommes pas seuls. Le ministère met à notre disposition de nombreux outils.Nos cours en effet ne doivent pas être de simples cours dédiés à notre matière, mais s’intégrer dans une dynamique et une perspective commune, interactive, en interdisciplinarité lorsque c’est possible. J’ai ainsi par exemple toujours profité des «&nbsp;journées spéciales&nbsp;», même avant que EDUSCOL mette à notre disposition de précieux outils pédagogiques, pour sensibiliser les élèves aux droits des femmes, au SIDA, pour faire de la prévention contre l’homophobie, pour parler de l’Holocauste, etc…</p>



<p>&nbsp;Pour conclure, je dirais que j’ai été une prof heureuse et que ne n’ai aucun regret&nbsp;! Oui, nous faisons bien le «&nbsp;plus beau métier du monde&nbsp;»&nbsp;!</p>



<p><strong>Propos recueillis par Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2024/06/27/sabine-aussenac-professeure-dallemand-jai-ete-une-prof-heureuse/">Article publié dans Le Café pédagogique, le 27 juin 2024 </a></div>
</div>



<p></p>



<p>Pour en savoir plus sur Sabine Aussenac,&nbsp;<a href="https://sabineaussenac.blog/2024/06/21/une-vie-a-reinventer-retraite-enseignement/">ce billet de blog</a>&nbsp;«&nbsp;Au-dessus d’un million de toits roses&nbsp;», consacré à son départ à la retraite.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une TZR, une professeure d’allemand, comme les autres?</title>
		<link>https://parce-que.fr/une-tzr-une-professeure-dallemand-comme-les-autres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 22:17:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Elle est professeure d’allemand depuis 13 ans. Actuellement, elle est en arrêt maladie, et elle s’est entretenue avec le Café pédagogique sur sa situation. Une enquête sur le bien-être professionnel des personnels réalisée par le ministère au printemps 2022 (via la DEPP, la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance) pointait une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Elle est professeure d’allemand depuis 13 ans. Actuellement, elle est en arrêt maladie, et elle s’est entretenue avec le Café pédagogique sur sa situation. Une enquête sur le bien-être professionnel des personnels réalisée par le ministère au printemps 2022 (via la DEPP, la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance) pointait une fatigue, un sur deux déclarait «un sentiment d’épuisement professionnel élevé», la satisfaction professionnelle en baisse (évalué à 6/10) et inférieur à la moyenne des Français en emploi (7,2 sur 10). La question qui a récolté la plus faible note par le personnel éducatif est celle liée au sentiment d’exercer un métier valorisé avec la note de 2,5 sur ce sujet…</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/10/une-image-contenant-texte-tableau-blanc-ecriture.jpeg" alt="Une image contenant texte, tableau blanc, écriture manuscrite

Description générée automatiquement" class="wp-image-255238"/></figure>



<p><strong>Être TZR</strong></p>



<p>C’était sa 13è rentrée, professeure d’allemand titulaire sur zone de remplacement depuis 3 ans après avoir été contractuelle 9 années. Elle est affectée sur 2 ou 3 établissements et décrit des conditions de travail éprouvantes. Elle brigue un poste fixe, mais les heures s’amenuisant dans les disciplines «en tension», les postes sont de plus en plus des bouts de postes. Travailler sur 3 établissements est courant dans son académie, c’est «infaisable, impossible de bien travailler sur autant d’établissements et tous les niveaux». C’est un statut «épouvantable», de «bouche-trou» qui fatigue et empêche de trouver du sens, sens lié à la construction avec les élèves et les collègues, donc à la pérennité et stabilité, conditions préalables, un poste. «<em>Je suis bouche-trou, pas de projet, pas de voyage. J’envie les collègues qui ont la possibilité de faire des choses qui ont du sens pour les élèves et donc pour eux. Je me sens un peu seule.</em>» A la question de l’enquête « <em>Diriez-vous que vos conditions de travail sont satisfaisantes ? </em>», la note est de 3,7 pour les enseignants remplaçants.</p>



<p><strong>Le burn out</strong></p>



<p>Depuis 3 semaines, elle ne peut plus parler de «fatigue», c’est le mot «burn out» qui est assumé. Elle décrit des symptômes de sa maladie, se sent «en boucle», incapable de réfléchir. Depuis 3 semaines, elle est en arrêt maladie et sous anxiolytique pour dormir. Elle décrit comment elle a perdu ses repères et témoigne car «on est tellement nombreux à être maltraités». Elle évoque cette «<em>chape de plomb qui [l’] empêche de travailler</em>» depuis le «<em>craquage</em>» qu’elle n’a pas senti venir: elle savait que «<em>ce serait difficile</em>». Elle dit avoir eu envie de témoigner du quotidien d’une professeure car «<em>les gens ne se rendent pas compte de ce qu’on fait</em>».</p>



<p><strong>« Wesh t’es prof d’allemand, t’as raté ta vie.»</strong></p>



<p>Un de ses postes est en éducation prioritaire, elle décrit une journée comme une autre, le réveil sonne, tôt, et très vite, sur le trajet, dans la voiture vers un des établissements, les premières pensées sur les élèves et les cours à venir: penser au PAP de l’un, de la difficulté de l’autre, ne pas oublier les photocopies, puis enchaîner, les trajets longs, sans avoir vraiment le temps de parler aux collègues, de s’arrêter. Un professeur affecté sur plusieurs niveaux, plusieurs établissements – éloignés-, court forcément toujours un peu.</p>



<p>Elle entend une remarque d’élève au détour d’un couloir : «<em>wesh t’es prof d’allemand, t’as raté ta vie</em>», qui la blesse et trotte dans sa tête. Cette petite phrase sera la goutte d’eau qui la fera éclater en sanglot le lendemain, au moment de signer son état de service et la conduit chez son médecin. Peu après, elle partage son expérience à ses collègues, met <a href="https://blogs.mediapart.fr/galygaly/blog/290923/uber-prof-24-heures-dans-la-tete-dune-feignasse">des mots</a> sur ses maux. Elle a conscience qu’ils créent des remous s dans ses établissements auprès de collègues, qui parfois ne sont pas loin de son état, ces collègues au bord du précipice, ou en refus à qui elle dit qu’ils ne sont pas obligés de la lire: elle sait que l’identification à son récit peut être douloureuse et un choc.</p>



<p><strong>La souffrance au travail</strong></p>



<p>Elle n’accuse personne, elle a été plutôt bien entourée, «un médecin super», des collègues présents, «chacun fait ce qu’il peut». Mais si elle décrit la précarité du statut de contractuelle, elle a également découvert les difficultés du statut de titulaire, «pieds et poings liés». Défendre l’Ecole pour tous, c’est un grand OUI, mais pas dans ces conditions: «on est professeurs, pas thérapeutes». Enseignante en REP, «Pour beaucoup de ces élèves, nous, leurs profs et personnels de l’école, sommes les seuls adultes&nbsp; solides et équilibrés de leurs vies.» Métier de sens mais métier difficile et dévalorisé socialement, le choix d’enseigner dans des conditions difficiles provoque de la souffrance dans un environnement dénué de médecine du travail.</p>



<p>La maladie qui se répand chez les professeurs sous forme de démissions ou de maladie ne doit-il pas interroger en profondeur notre système éducatif, malade, à bout de souffle et générateur de souffrances à tous les étages? Comment réinventer le système dans lequel l’Ecole ne devrait être ni «gérée» comme une entreprise ni céder à un système à l’américaine avec un service public en miette?</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Christiane, professeure d&#8217;allemand. Échange franco-allemand : un jumelage en partage et héritage</title>
		<link>https://parce-que.fr/christiane-professeure-dallemand-echange-franco-allemand-un-jumelage-en-partage-et-heritage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 22:14:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[À la veille de sa retraite, Christiane Behnke voit grandir la petite graine franco-allemande qu’elle a semée chez ses élèves, et elle assiste, impressionnée, à l’engagement de certains élèves qui dépasse le cadre scolaire. Christiane, Allemande installée en France depuis 40 ans est professeure d’allemand depuis 1989. Elle organise chaque année pour ses élèves un [&#8230;]]]></description>
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<p><em>À la veille de sa retraite, Christiane Behnke voit grandir la petite graine franco-allemande qu’elle a semée chez ses élèves, et elle assiste, impressionnée, à l’engagement de certains élèves qui dépasse le cadre scolaire. Christiane, Allemande installée en France depuis 40 ans est professeure d’allemand depuis 1989. Elle organise chaque année pour ses élèves un échange franco-allemand. Et cette année, cet échange va se poursuivre pendant les vacances pour certains élèves qui organisent, à leur tour, un voyage en Allemagne dans la ville partenaire. La relève pour l’engagement franco-allemand est assurée avec cette génération</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/06/une-image-contenant-plein-air-personne-habits-c.jpeg" alt="Une image contenant plein air, personne, habits, ciel

Description générée automatiquement" class="wp-image-251355"/></figure>



<p><strong>Retour sur une carrière de professeure d’allemand</strong></p>



<p>Christiane enseigne à Saint-Péray en Ardèche depuis 10 ans, avec un complément de service à Tournon. Elle part à la retraite dans quelques semaines. Sa carrière est une épopée, à l’image de celle de ses élèves qu’elle raconte au Café pédagogique. Titulaire du premier Staatsexamen, l’examen final des futurs professeurs en Allemagne, Christiane reprend les études en 3<sup>e</sup> année en France à Grenoble. Titulaire du CAPES d’allemand, elle est TZR durant 8 années dans l’Allier, durant lesquelles elle enseigne de la 6<sup>e</sup> au BTS, avant d’obtenir sa mutation en Ardèche, près de Valence. Au début de sa carrière, Christiane enseigne en LV1 4 heures par semaine et LV2 à partir de la 4<sup>e</sup> 3h par semaine. En raison d’effectifs faibles et d’un refus d’ouvrir une bilangue pour «&nbsp;<em>renforcer la LV2,&nbsp;» </em>Christiane a prédit à son chef <em>«&nbsp;qu’il allait tuer l’allemand. Malheureusement, j’avais raison, et à partir de 2005, il n’y avait plus d’allemand au collège ». </em>Depuis, Christiane travaille sur deux établissements. Cette trajectoire est assez classique pour les professeurs d’allemand, très touchés par la baisse d’heures depuis la réforme de Najat Vallaud Belkacem. «&nbsp;<em>Grâce à un chef&nbsp;[d’établissement] alsacien à Tournon, la 6e bilangue a pu être rouverte deux ans après la réforme.</em>&nbsp;» Christiane a eu beaucoup de plaisir à enseigner, mais aujourd’hui, elle déconseillerait le métier de professeur d’allemand, en service partagé, parfois sur trois établissements, parfois avec 6 ou 7 niveaux et toujours l’angoisse d’avoir trop peu d’élèves. Cependant, à la veille de sa retraite, Christiane préfère rester optimiste et garder les aspects positifs, la joie et l’enthousiasme de ses élèves qui vont lui manquer.</p>



<p><strong>Les échanges franco-allemands au cœur d’un métier de plus en plus difficile</strong></p>



<p>Christiane adore les échanges. Partout où elle a enseigné, elle a poursuivi l’échange existant, ou alors crée un nouveau partenariat. Cette année, l’échange franco-allemand entre les classes a pris un tournant unique et historique. L’enseignante d’allemand a suscité une prise de conscience chez ses élèves. Elle a pu entendre «&nbsp;ce <em>qui me touche, c’est qu’on fait partie d’une histoire</em>&nbsp;». Le voyage chez les correspondants allemands s’inscrit dans le projet pédagogique de l’échange franco-allemand que la professeure porte depuis plusieurs années.</p>



<p><strong>Un voyage dans l’Histoire</strong></p>



<p>Christiane a choisi cette année pour thème de l’échange l’origine des échanges en général et du jumelage entre Saint Péray en Ardèche et Gross-Umstadt en Hesse en particulier.&nbsp;En cours, en amont du voyage, elle travaille sur le Traité de l’Elysée signé en 1963 entre la France et l’Allemagne. A la suite de ce Traité diplomatique, les comités de jumelage se sont développés entre des villes des deux pays. Entre Saint-Péray et son partenaire, il n’y pas eu d’interruption de l’échange de sa mise en place en 1967 à 1992, soit durant 25 ans. Après une courte interruption, l’échange a repris. Quand les élèves étaient chez leur correspondant en Allemagne, le groupe a été accueilli pendant l’échange scolaire par un représentant du comité de jumelage dont la mère était un des membres fondateurs. Il a présenté des photos, des projets, raconté l’histoire du jumelage. La première visite des Allemands en France s’est faite en 1967 et en vélo.</p>



<p><strong>Les élèves&nbsp;: un maillon de cette histoire du jumelage</strong></p>



<p>L’histoire de cette genèse <em>«&nbsp;a tellement plu à trois de mes élèves qu’ils ont persuadé des parents et deux copains de partir avec eux de Saint-Peray à Gross-Umstadt à vélo</em>&nbsp;». Les élèves ont ensuite, de leur propre initiative, pris contact avec le journal local, la mairie, le comité de jumelage, le lion’s club, le député de la circonscription. Ils ont créé un compte instagram, une cagnotte. Ils ont ainsi trouvé des financements, lancé une collecte et ont obtenu de la mairie le prêt de vélo et des subventions. Christiane poursuit l’exposition de&nbsp;leurs exploits : «&nbsp;<em>Montbeliard, première ville française jumelée avec une ville allemande en 1950, va les accueillir. Gross-Umstadt leur prépare un accueil royal</em>.&nbsp;»</p>



<p>A l’issue de l’échange, les élèves ont lu des textes qu’ils avaient rédigés, ils les ont enregistrés et illustrés par des photos. Un élève, moins à l’aise en allemand, a fait le diaporama. Chacun a trouvé une place dans ce projet interdisciplinaire et coopératif. La production finale a été envoyée au département qui a dispensé une subvention pour la rencontre franco-allemande.</p>



<p>«&nbsp;<strong>Ce n’est pas mon projet, c’est le projet des élèves</strong>&nbsp;»</p>



<p>Les élèves ressuscitent l’esprit du jumelage franco-allemand, et vont s’engager dans le comité de jumelage des jeunes. Un lien fort existe entre le projet d’échange du collège et le jumelage de la ville.</p>



<p>«&nbsp;R<em>ejoindre Gross-Umdtadt en vélo depuis Saint Péray n’a rien à voir avec le projet initial. C’est la conséquence d’un ressenti très fort: ces élèves comprennent qu’ils font partie de l’histoire, d’une chaîne d’événements qui font vivre l’échange. Ils veulent apporter leur petite pierre à l’édifice pour que l’histoire continue. Ils ont tout compris.</em>&nbsp;»</p>



<p>Christiane résume qu’en à peine deux mois «&nbsp;<em>tous ensemble, ils ont soulevé des montagnes pour arriver au but</em>.&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;<em>Ce n’est pas mon projet, c’est leur projet</em>&nbsp;», dit Christiane avec modestie et sincérité. La professeure s’efface face aux élèves, avant de tirer sa révérence, elle laisse sa place. Elle n’avait pas envisagé que les élèves s’emparent de l’Histoire pour écrire une page de la leur.</p>



<p>Le projet franco-allemand de Christiane a projeté les élèves dans le passé, dans l’histoire du jumelage mais aussi dans l’avenir. Porteurs d’une Histoire, héritiers, ils deviennent transmetteurs.</p>



<p>Allemande d’origine, Christiane a à cœur de responsabiliser les élèves, ce qu’ils perçoivent, mettant à présent en pratique ses leçons.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Amandine Hamet, professeure de Français Langue étrangère : « S’adapter à l’autre et comprendre ce qui ne se dit pas »</title>
		<link>https://parce-que.fr/amandine-hamet-professeure-de-francais-langue-etrangere-sadapter-a-lautre-et-comprendre-ce-qui-ne-se-dit-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 22:11:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Enseigner à des élèves allophones, c’est le quotidien de milliers de professeurs et professeures. La particularité d’Amandine Hamet, c’est qu’elle enseigne à de jeunes migrants mineurs n’ayant jamais été scolarisés, «&#160;enfants arrachés à leur pays, qui n’ont parfois pas de toit ni de famille en France, des mineurs isolés&#160;». Dans «&#160;Les couleurs&#160;», livre paru en [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Enseigner à des élèves allophones, c’est le quotidien de milliers de professeurs et professeures. La particularité d’Amandine Hamet, c’est qu’elle enseigne à de jeunes migrants mineurs n’ayant jamais été scolarisés, «&nbsp;enfants arrachés à leur pays, qui n’ont parfois pas de toit ni de famille en France, des mineurs isolés&nbsp;». Dans «&nbsp;Les couleurs&nbsp;», livre paru en septembre dernier, l’enseignante partage son quotidien. le café&nbsp;pédagogique l’a rencontrée.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/03/une-image-contenant-eau-exterieur-personne-desc.png" alt="Une image contenant eau, extérieur, personne Description générée automatiquement" class="wp-image-247891"/></figure>



<p>«&nbsp;<em>Après plusieurs années passées en tant que TZR de Lettres dans l’académie de Paris, j’ai eu envie de poser mes valises dans un seul établissement. Pour écrire une histoire quelque part au lieu d’arriver chaque année dans des établissements différents. Je savais que passer la certification de FLE me permettrait plus facilement d’obtenir un poste fixe en établissement</em>&nbsp;» nous confie Amandine Hamet, professeure de français depuis 8 ans au collège Valmy dans le 10<sup>e</sup> arrondissement de Paris dans une classe UPE2A ENSA. Acronyme désignant une classe pour migrants mineurs n’ayant jamais été scolarisés. Des enfants arrachés à leur pays, qui n’ont parfois pas de toit ni de famille en France, des mineurs isolés. Et désormais des élèves de l’École de la République française. Ces élèves arrivent et repartent parfois très ou trop vite, avec leur traumatisme, leur parcours de vie déjà éprouvés par l’exil, la guerre, le deuil. Amandine tricote un enseignement sur mesure pour chacun de ses élèves. Elle partage ses expériences et pensées dans un livre paru en septembre 2022, <em>Les Couleurs</em>.</p>



<p><strong>Du sur-mesure dans la classe</strong></p>



<p>La classe d’Amandine est composée de 10 à 15 élèves et autant d’aventures humaines et de difficultés scolaires. Elle travaille avec chaque élève, selon ses besoins. Par définition et nécessité, son travail est individualisé&nbsp;: la différenciation des activités, des rythmes, des apprentissages est indispensable. Graphie pour l’un, phonologie pour un autre, grammaire ou encore lecture. Son quotidien est fait d’adaptation, de souplesse&nbsp;: il n’y a pas de «&nbsp;<em>jour de classe ordinaire</em>&nbsp;» avec une liste d’appel fixe et complète. Parfois, ce sont 3 élèves, parfois 12, certains s’absentent régulièrement. La discontinuité est une donnée constitutive du groupe. Amandine compose avec leurs difficultés, leurs bagages scolaires comme de vie. Ce sont «&nbsp;<em>des collègues déjà en UPE2A ENSA qui [lui] ont donné des conseils ( sitographie essentiellement d’enseignants du 1<sup>er</sup> degré, quelques manuels de FLE). Mais en réalité, il y a peu de ressources pour les ENSA. Les préparations se construisent avec le niveau des élèves. C’est une improvisation laquelle, avec l’expérience, s’affirme.</em>&nbsp;» Elle se <em>«&nbsp;lance parfois dans des cours de géographie, d’histoire, de SVT car TOUT leur est utile. Et qu’ils n’ont pas ces disciplines au collège. Ils suivent essentiellement des cours de français, un peu de mathématiques, quelques heures d’EPS et d’anglais, 1h de physique-chimie et de technologie.</em>&nbsp;»</p>



<p>Si Amandine s’efforce de différencier le travail, elle veille surtout à ménager une ambiance accueillante dans laquelle fratrie et sororité prennent peu à peu place. Amandine relate ce souvenir d’un élève arrivant en retard, et la raison invoquée, «&nbsp;<em>j’ai très bien dormi.&nbsp;Ça résume bien l’enseignement en UPE2A ENSA. S’adapter à l’autre et comprendre ce qui ne se dit pas, ce qui est entre les lignes. Et rire. Malgré tout&nbsp;</em>». Elle encourage le travail de coopération, de tutorat entre élèves et l’apprentissage par pair.</p>



<p>La communication visuelle est au cœur de l’enseignement du FLE&nbsp;: Amandine utilise beaucoup les images et les films. Elle veut leur léguer une culture cinématographique&nbsp;: d’abord le muet par Chaplin puis des films propres à éveiller les questionnements pour les faire parler d’eux (comme <em>Ma vie de courgette</em>). Elle les fait régulièrement dessiner. Ou encore chanter et réciter de courts poèmes pour qu’ils soient fiers, qu’ils oralisent leurs connaissances. Amandine laisse de la musique en classe lorsqu’ils copient calmement&nbsp;: <em>Agar Agar,</em> Higelin, Feu&nbsp;! Chatterton, Dominique A…&nbsp; Enseigner le français à des élèves migrants mêle des méthodes d’enseignement de langue étrangère comme de français. Mais il faut aussi leur apprendre à aller vers une classe ordinaire, être ferme avec eux malgré leur quotidien compliqué.</p>



<p><strong>Dépasser la salle de classe</strong></p>



<p>La dimension éducative de la scolarité des élèves qui arrivent en France est un enjeu important de leur scolarisation. «&nbsp;<em>Je n’avais pas mesuré qu’être prof en UPE2A relevait bien plus que d’un travail de professeur&nbsp;: nous sommes en réalité davantage des travailleurs sociaux. Sans en avoir les moyens&nbsp;: psychologue, médecin scolaire et assistante sociale travaillent sur plusieurs établissements. Les élèves ne sont pas suivis convenablement</em>.&nbsp;»</p>



<p>L’apprentissage du français s’accompagne de sorties et projets hors de la salle de classe. Amandine a organisé différents projets avec ses élèves, de mise en scène en partenariat avec le centre culturel le 104, un projet de fiction radiophonique, un projet sonore avec la Maison de la radio. Elle se sert du matériau sonore de voix, de chants, de différentes langues pour en développer toute une richesse et raconter les chemins de migration. Les élèves ont mis en scène leur expériences sur scène avec des valises, des chants, plusieurs langues. C’était un projet en partenariat avec un collègue de mathématiques et avec Thomas Bellorini, metteur en scène alors en résidence au 104. Le projet s’est construit également avec une classe de 3ème qu’Amandine avait cette année-là. Cela a permis d’intégrer davantage les élèves d’ENSA au contact d’une autre classe, «&nbsp;ordinaire&nbsp;», elle…</p>



<p><strong>Après le collège, l’écriture</strong></p>



<p>Amandine enseigne le français et elle écrit. Tirée de son expérience de professeure, son «&nbsp;<em>matériau du réel</em>&nbsp;», elle a écrit <em>Les Couleurs</em> où elle partage des bouts de vie, de ses élèves, de ses cours. De retour du collège, elle a commencé par écrire des portraits d’élèves «&nbsp;<em>pour se distancer de la douleur</em>&nbsp;» avant de s’atteler à un récit plus vaste où plusieurs élèves inspiraient parfois un seul personnage. <em>Les Couleurs</em> est construit en brefs chapitres parfois, comme le temps de scolarité de certains. Amandine ouvre sa salle de cours et nous laisse voir des bouts de destins tout en essayant de donner une voix à ceux qui n’ont pas toujours les moyens de s’exprimer. Le sentiment d’impuissance, de désarroi de l’enseignante est perceptible aussi dans ses pages, chargées d’émotions et de générosité. La poésie qu’elle leur fait réciter tient aussi une place importante dans <em>Les Couleurs</em>. «&nbsp;<em>Il faut imaginer autrement les traumas, les désaxer du réel, trop lourd.&nbsp;</em>»</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



<p><strong>La présentation du récit </strong><a href="https://www.lesavrils.fr/auteur/amandine-hamet/"><strong>d’Amandine</strong></a><strong> Hamet <em>Les Couleurs</em> publié aux éditions Les Avrils, 2022</strong></p>



<p><em>Dans la salle de classe avec vue sur le canal, Amandine enseigne à des enfants déracinés. Ils ne parlent pas français, n’ont pour la plupart jamais été scolarisés. Leurs parcours font frémir. Pourtant ils sont bien là, devant elle, et leur avenir doit s’écrire. Alors, déjouant les pièges de l’administration, tentant de laisser leur misère à la porte, elle tricote un savoir de premier secours. Fête les victoires dans un grand éclat de rire. Et parfois craque.</em></p>



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		<title>Janine, professeure en maternelle:  « La langue que je transmets le mieux »</title>
		<link>https://parce-que.fr/janine-professeure-en-maternelle-la-langue-que-je-transmets-le-mieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 22:06:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Eveiller les enfants aux langues étrangères tôt, éveiller leur curiosité, c’est ce que font de nombreux enseignantes et enseignants en maternelle et primaire. Nous avons rencontré Janine qui nous a parlé de son plaisir de transmettre l’allemand en maternelle. Dans le 19e arrondissement, dans une école de quartier en éducation prioritaire, Janine fait découvrir l’allemand [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Eveiller les enfants aux langues étrangères tôt, éveiller leur curiosité, c’est ce que font de nombreux enseignantes et enseignants en maternelle et primaire. Nous avons rencontré Janine qui nous a parlé de son plaisir de transmettre l’allemand en maternelle.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/01/janine-1-225x300.jpg" alt="" class="wp-image-243320"/></figure>



<p>Dans le 19<sup>e</sup> arrondissement, dans une école de quartier en éducation prioritaire, Janine fait découvrir l’allemand à des élèves de maternelle depuis presque 30 années. A la question, «&nbsp;pourquoi l’allemand&nbsp;?&nbsp;», elle répond «&nbsp;parce que c’est la langue que je transmets le mieux&nbsp;».</p>



<p>Depuis qu’elle a participé dans les années 90 au programme d’échange franco-allemand de professeurs des écoles, appelé aujourd’hui programme Elysée Prim’, durant lequel elle a exporté comme importé des pratiques pédagogiques, Janine fait fructifier cette expérience auprès des élèves de l’école maternelle Tandou. Après cette expérience professionnelle en Allemagne, elle est également intervenue dans l’école élémentaire voisine, elle a suivi des formations académiques en partenariat avec l’Institut Goethe dans les années 2010, a participé à une université d’été à Brême et depuis, elle ne cesse de transmettre le goût et le plaisir des langues étrangères aux élèves de maternelle. A deux années de la retraite, on trouve chez Janine une belle énergie, du plaisir de transmettre et toujours des projets à foison, à se demander ce qu’il en fut 30 ans plus tôt….</p>



<p><strong>La fierté des langues parlées à travers l’apprentissage de l’allemand&nbsp;: éveiller le plaisir des langues</strong></p>



<p>Une différence que Janine a pu observer pendant sa carrière, c’est la fierté de parler une autre langue que les enfants ont gagné. Par les séances d’allemand, les élèves -qui ont une langue maternelle étrangère- comprennent et prennent conscience de la valeur de leur propre langue, dont ils vont prononcer des mots, avec fierté. Les élèves sont fiers et contents d’apprendre et de parler d’autres langues que le français.</p>



<p>La professeure des écoles fait jouer les enfants avec les phonèmes, avec les sons, avec les corps. Au programme, chansons mimées, jouées, des comptines en allemand, des jeux&nbsp;: Klopf, Klopf, klopf, Pitch Patch Pinguin ou encore So tanzt die Schlange…. «&nbsp;J’aime mettre en mouvement les enfants&nbsp;».</p>



<p>Les objectifs des séances d’allemand, quasi hebdomadaires sont linguistiques, culturels, interculturels&nbsp;: se présenter, apprendre les couleurs, les animaux pour jouer à un jeu de société allemand en allemand. Des traditions de Noël, en passant par la Sankt Matin, et les contes de Grimm, l’année est jalonnée de découvertes de la vie en Allemagne. Eveiller à l’allemand, éveiller aux langues, donner l’envie d’en apprendre, de connaitre l’autre sont les objectifs de Janine.</p>



<p><strong>«&nbsp;Avec l’allemand, tous les élèves sont à égalité&nbsp;»</strong></p>



<p>Enseigner l’allemand, une langue qui n’est pas parlée à la maison par les élèves, c’est avoir tous les élèves à égalité face à l’apprentissage et la découverte d’une langue étrangère. Comme beaucoup de ses collègues, Janine fait pousser des graines, certaines qu’elle verra grandir et certainement bien d’autres, encore invisibles à l’œil nu durant l’année scolaire. Elle fait grandir plantes et bestioles, aux côtés de ses élèves. Dans la salle de classe de Janine naissent poussins, escargots, mais aussi peut-être de futurs germanistes.</p>



<p>Djéhanne Gani</p>



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		<title>Voyage mémoriel, culturel et géographique en cours d’allemand : Le projet Buchenwald du lycée Utrillo à Stains (93)</title>
		<link>https://parce-que.fr/voyage-memoriel-culturel-et-geographique-en-cours-dallemand-le-projet-buchenwald-du-lycee-utrillo-a-stains-93/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 22:02:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Travailler avec l’allemand sur un projet pluridisciplinaire autour de la transmission de l’expérience du camp de Buchenwald&#160;: c’est le projet Buchenwald que mène la professeure d’allemand Pauline Blanchet avec ses élèves du lycée Utrillo à Stains. Ce projet s’inscrit aussi dans l’histoire de Stains puisque des communistes ont été déportés à Buchenwald&#160;: les élèves vont [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Travailler avec l’allemand sur un projet pluridisciplinaire autour de la transmission de l’expérience du camp de Buchenwald&nbsp;: c’est le projet Buchenwald que mène la professeure d’allemand Pauline Blanchet avec ses élèves du lycée Utrillo à Stains. Ce projet s’inscrit aussi dans l’histoire de Stains puisque des communistes ont été déportés à Buchenwald&nbsp;: les élèves vont d’ailleurs rencontré l’arrière petit-fils d’un déportés de leur ville. Ils ont déjà rencontré une rescapée d’Auschwitz lors d’une visite du mémorial de Drancy. Près de 90 ans après la création du camp de Buchenwald, alors que les voix des témoins s’éteignent, quelle mémoire se transmet, quelle mémoire survit dans les familles des rescapés&nbsp;? Ce projet questionne les traces comme la circulation de la parole, et propose un voyage historique, culturel, mémoriel et sonore.</em></p>



<p><strong>Travail de recherche sur le camp de Buchenwald et sur des déportés</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/01/une-image-contenant-personne-exterieur-repas-de.png" alt="Une image contenant personne, extérieur, repas

Description générée automatiquement" class="wp-image-243757"/></figure>



<p>Le camp de Buchenwald, était principalement destiné à la concentration de prisonniers et de prisonnières politiques de diverses origines nationales et idéologiques. Cette particularité peut avoir une influence sur la construction et la transmission d’une mémoire de leur expérience concentrationnaire.</p>



<p>Les élèves vont travailler autour de la figure d’une ou d’un déporté et recueillir la parole d’un membre de sa famille (enfant ou petit-enfant) afin de répondre à la question de la circulation de cette parole. Ont-ils ou elles été destinataires directs de leurs récits sur leur déportation et la vie dans le camp ? Dans quel contexte s’est faite cette transmission ? Pourquoi, au contraire, dans<br>certains cas, cette expérience n’a jamais été partagée au sein de la famille ? Et qu’ont-ils et<br>elles fait de cette parole ? Quel est leur engagement dans la transmission de cette mémoire ? Quelles formes de rejet ont pu également se manifester ?</p>



<p><strong>Un voyage scolaire à Weimar,</strong></p>



<p>est prévu en février 2023, au cours duquel le camp et son mémorial seront visités. Ce<br>voyage et les prises de son sur place serviront de fil rouge à l’ensemble des entretiens. Il permettra aussi d’intégrer du vécu et du ressenti des élèves au cours de ce projet. Anne et Pauline Hessel, fille et petite-fille du diplomate Stéphane Hessel déporté à Buchenwald, découvriront avec les élèves le site de Buchenwald et assisteront à d’autres entretiens, menés en allemand, avec des enfants de déportés politiques (communistes) germanophones.</p>



<p><strong>Des entretiens en plusieurs langues</strong></p>



<p>Toutefois la diversité de parcours et d’origine des prisonniers du camp va aussi donner à entendre un certain plurilinguisme. Si l’allemand est présent, seront également présentes les langues roumaines et serbes, langues maternelles de certains élèves avec les entretiens de deux représentantes du Comité International Buchenwald-Dora. La question de l’empreinte des différentes langues dans des parcours de vie transnationaux sera aussi interrogée, qu’il s’agisse de leur rejet ou de leur perpétuation au sein de ces familles.</p>



<p>Les élèves correspondent en allemand avec la belle-fille d’Eugen Kogon, homme politique autrichien interné à Buchenwald en raison de son opposition idéologique au national-socialisme, écrivain et président du Conseil du Mouvement européen après la guerre. Médecin au camp, il a aidé Stéphane Hessel et d’autres résistants à s’évader.</p>



<p>Pour ce projet, il est aussi prévu que les élèves rencontrent les enfants et petits-enfants de Stéphane Hessel, résistant, Ambassadeur de France à l’ONU après la guerre tout comme le fils de Pierre Durand, résistant communiste, rédacteur en chef adjoint au journal l’Humanité.</p>



<p>Les élèves vont aussi rencontré le beau-fils de Marie François Alphonse Hitter, alsacien engagé dans l’armée française, membre du réseau de résistance au sein du camp de Buchenwald, et de Magda Fernande Winnie Rovella Hitter, membre active d’un réseau de la résistance lyonnais. La fille de Jacques Pain, résistant communiste, second de François Hitter au sein du réseau de résistance au camp de Buchenwald, sera également entendue.</p>



<p>Quant à l’entretien avec la petite-fille de Pierre Sudreau, résistant, ministre gaulliste après la guerre, il se fera en anglais.</p>



<p>Tous ces témoignages reflètent la diversité des parcours des survivantes et des survivants et couvrent également plusieurs générations. Ils permettront d’entendre comment les destins de certaines de ces personnes, et parfois même leur survie, sont indissociables du réseau de résistance et d’entraide qui s’est organisé au sein du camp. Par ailleurs, ils font également surgir une sorte de réseau de résistance mémorielle qui n’en finit pas de se battre contre l’oubli encore aujourd’hui. C’est aussi de cela que la classe veut essayer de rendre compte à travers son travail dont le fruit de l’année sera un reportage sonore.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<item>
		<title>Mylène Jeanneret, professeure d&#8217;allemand : « Relier concrètement les élèves à l’Allemagne »</title>
		<link>https://parce-que.fr/mylene-jeanneret-professeure-dallemand-relier-concretement-les-eleves-a-lallemagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 21:59:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Mylène Jeanneret enseigne l’allemand depuis 23 ans dans un lycée professionnel près de Strasbourg, le lycée Aristide Briand à Schiltigheim à la frontière de l’Allemagne, après avoir connu une première carrière d’enseignante Outre-Rhin. Cette proximité géographique avec l’Allemagne a des répercussions sur son enseignement de l’allemand comme sur les expériences et les apprentissages des élèves. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Mylène Jeanneret enseigne l’allemand depuis 23 ans dans un lycée professionnel près de Strasbourg, le lycée Aristide Briand à Schiltigheim à la frontière de l’Allemagne, après avoir connu une première carrière d’enseignante Outre-Rhin. Cette proximité géographique avec l’Allemagne a des répercussions sur son enseignement de l’allemand comme sur les expériences et les apprentissages des élèves.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/02/une-image-contenant-personne-mur-interieur-femm.jpeg" alt="Une image contenant personne, mur, intérieur, femme

Description générée automatiquement" class="wp-image-247390"/></figure>



<p><strong>«&nbsp;Enlever les barrières dans les têtes&nbsp;»</strong></p>



<p>Grâce à la politique académique et régionale et aux moyens afférents, Mylène Jeanneret peut dispenser jusqu’à 4 heures d’allemand à des élèves LV1 en 2<sup>nde</sup>, 1<sup>ère</sup> ou Terminale, soit deux fois plus que les horaires plancher&nbsp;: 1h de renforcement en classe européenne et 1h en allemand professionnel. Ces moyens complémentaires de l’académie comme de la Région Alsace permettent à Mylène d’effectuer tout son service d’enseignement en allemand dans le lycée professionnel, lui garantissant donc une stabilité dans le poste, ce qui est de plus en plus rare. C’est une condition propice, voire nécessaire pour un engagement à temps complet au service des apprentissages de la langue, de la formation de ses élèves et dans la conduite de projets franco-allemands, culturels, linguistiques et professionnels. Les deux dispositifs supplémentaires délivrent des mentions au bac, mention européenne et le diplôme supplémentaire «&nbsp;d’Allemand en milieu professionnel&nbsp;» ainsi que l’attestation EUREGIO «&nbsp;Région du Rhin supérieur&nbsp;» qui est reconnue en Allemagne, dans la Forêt Noire comme en Suisse dans la région de Bâle. Ces moyens permettent de former et notamment de préparer les élèves à leurs périodes de stage en Allemagne&nbsp;: tous les élèves durant leur scolarité font un stage dans l’hôtellerie dans des établissements allemands.</p>



<p>Amener tous ses élèves de lycée professionnel à faire leur stage en Allemagne est parfois un «&nbsp;<em>challenge</em>&nbsp;», mais Mylène «&nbsp;<em>est convaincue [et les convainc] que ça va être une bonne expérience</em>&nbsp;». Si des élèves sont parfois réticents, craintifs avant de partir en stage de 5 semaines, Mylène retrouve ses élèves « <em>toujours enchantés</em>&nbsp;» de cette expérience. Le stage en Allemagne donne un débouché concret, un sens à l’apprentissage de l’allemand, et leur donne aussi des perspectives professionnelles internationales puisque certains élèves trouvent un emploi dans un pays germanophone. Si le stage est une période de découverte professionnelle, c’est aussi une expérience interculturelle&nbsp;: les élèves découvrent des différences culturelles dans l’art de la table ou encore dans le relationnel au chef puisque la hiérarchie est moins rigide de l’autre côté du Rhin. Des barrières finissent par tomber&nbsp;: linguistiques, professionnelles et mentales. A la fin du stage, Mylène et l’un de ses collègues en hôtellerie se rendent sur le lieu du stage pour évaluer le stagiaire.</p>



<p><strong>Un enseignement «&nbsp;concret&nbsp;»&nbsp;: des échanges et des projets franco-allemands</strong></p>



<p>Mylène place donc ses élèves en stages, qui est un des aboutissements des apprentissages, et dans le cadre de ses heures de cours, elle propose aussi de nombreux projets pédagogiques qui leur permettent d’être à la rencontre des élèves allemands. Un moteur de son enseignement est de rendre «&nbsp;<em>concret</em>&nbsp;» l’enseignement, de le diriger vers la rencontre en-dehors de la salle de classe et à la rencontre des Allemands. Mylène mène un échange avec une école professionnelle allemande qui permet aux élèves de passer une journée en binôme franco-allemand dans les cuisines du pays partenaire et de visiter des entreprises.</p>



<p>Dans le cadre de la journée franco –allemande du 22 janvier et du 60<sup>e</sup> anniversaire du Traité de l’Elysée, Mylène mène un autre projet franco-allemand avec une autre ville allemande voisine. Les élèves français et allemands participent à un concours de slam avec le duo franco-allemand Zweierpasch organisé par le rectorat de Strasbourg et le centre culturel de Fribourg. Les classes françaises et allemandes ont enregistré en studio deux slams avec un slameur professionnel.</p>



<p>A la fin de l’année scolaire, Mylène organisera une journée de nettoyage franco-allemand&nbsp;en France ou dans la ville allemande frontalière pour sensibiliser les élèves à l’écologie, à la propreté, au respect de son environnement. Les élèves sont reçus à la fin de la course par la mairie de la ville de Schiltigheim qui leur délivre une attestation d’engagement écocitoyen.</p>



<p><strong>De l’ambition pour les élèves du lycée professionnel</strong></p>



<p>Pendant la période de la Covid et du premier confinement, les élèves ont élaboré un slam franco-allemand sur le thème de l’écologie qu’ils ont terminé depuis leur domicile en collaboration avec leur enseignante. Ils ont procédé aux ajustements textuels et aux réglages musicaux et ont fait preuve de motivation et d’une grande autonomie. La production finale a été diffusée sur Youtube par les musiciens franco-allemands Zweierpasch depuis la salle des fêtes de Kehl. Tous les participants et autres invités pouvaient assister à la célébration des remises de prix franco-allemands et partager leur commentaire sur la plateforme numérique. Le groupe de Mylène a obtenu la seconde place sur plus de 50 établissements, et il était le seul lycée professionnel à participer au concours.</p>



<p>Mylène enseigne l’allemand, dans une salle de classe, cherche les lieux de stage, appelle les élèves et établissements durant le stage en Allemagne où elle se rend, cherche des financements pour tous ces projets&nbsp;: rectorat, OFAJ, Région.</p>



<p>Elle organise également régulièrement des sorties pour ses élèves dans les musées, zoos, villes et des entreprises allemandes en Forêt Noire. L’ambition, l’ouverture pour ses élèves, culturelle, géographique sont des moteurs pour Mylène.</p>



<p>Pour chacun de ses projets pédagogiques ou de mobilité, Mylène obtient des subventions, ce qu’elle commente, au détour d’une phrase, modestement «&nbsp;<em>c’est le professeur d’allemand qui décide comment s’investir&nbsp;</em>».</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Mylène Jeanneret, professeure d&rsquo;allemand : « Relier concrètement les élèves à l’Allemagne ». Un article publié dans Le Café pédagogique</a></div>
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		<title>Marine Espinat, professeure d&#8217;allemand : « Rendre l’allemand visible »</title>
		<link>https://parce-que.fr/marine-espinat-professeure-dallemand-rendre-lallemand-visible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 21:54:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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					<description><![CDATA[Après un doctorat et des années d’enseignement dans le supérieur, Marine Espinat enseigne l’allemand depuis 2017 dans un lycée rural, le lycée Giraudoux, à Bellac, dans l’académie de Limoges. A l’occasion de la Journée Franco-Allemande, elle travaille avec une classe de 2Nde et une classe de Terminale sur la notion de l’amitié. La Journée Franco-Allemande [&#8230;]]]></description>
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<p><em>Après un doctorat et des années d’enseignement dans le supérieur, Marine Espinat enseigne l’allemand depuis 2017 dans un lycée rural, le lycée Giraudoux, à Bellac, dans l’académie de Limoges. A l’occasion de la Journée Franco-Allemande, elle travaille avec une classe de 2<sup>Nde </sup>et une classe de Terminale sur la notion de l’amitié. La Journée Franco-Allemande du 22 janvier célèbre le Traité de l’Elysée signé en 1963 entre De Gaulle et Adenauer, scellant un partenariat entre les deux pays. Autour de cette date, les écoles et les établissements scolaires sont invités à organiser des activités mobilisant l’ensemble de la communauté éducative. &nbsp;La “journée franco-allemande” a lieu avec le soutien de nombreux partenaires, dont l’<a href="https://www.ofaj.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Office franco-allemand pour la jeunesse (Ofaj)</a>, le <a href="https://www.goethe.de/ins/fr/fr/sta/par.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Goethe-Institut,</a> l’<a href="https://adeaf.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Association de développement de l’enseignement de l’allemand en France (Adeaf)</a>, les Maisons franco-allemandes et de nombreuses entreprises qui peuvent accueillir des classes lors de la “<a href="https://www.ofaj.org/programmes-formations/journee-decouverte.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Journée découverte</a>” mise en œuvre par l’OFAJ.</em></p>



<p><strong>«&nbsp;Rendre l’allemand visible&nbsp;»</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2023/01/une-image-contenant-personne-mur-interieur-desc-1.png" alt="Une image contenant personne, mur, intérieur Description générée automatiquement" class="wp-image-244065"/></figure>



<p>La date du 22 janvier est un rendez-vous que les professeurs d’allemand connaissent bien, elle est souvent l’occasion de mettre l’allemand à l’honneur dans les établissements. Marine Espinat ne fait pas exception dans cette entreprise de promotion de l’enseignement de la langue. Pour rendre attractive leur discipline, toujours menacée par la baisse de moyens et la perte d’élèves, les professeurs rivalisent de créativité et d’énergie&nbsp;: organisation d’expositions, de photos, des voyages scolaires, de recherches des élèves sur une ville ou personnalité germanophone, de concours de chants, d’affiches, de projets culturels interdisciplinaires. Les professeures veulent faire rayonner la langue et la culture allemandes dans l’établissement et au-delà pour développer l’apprentissage de l’allemand et partager un peu de l’histoire et la culture allemande.</p>



<p><strong>1963-2023&nbsp;: 60 ans d’histoire franco-allemande&nbsp;</strong></p>



<p>Le travail de Marine sur la Journée franco-allemande met à l’honneur les 60 ans du Traité de l’Elysée et les «&nbsp;couples franco-allemands&nbsp;». Les élèves de Terminale ont réalisé un quizz et une frise chronologique sur les «&nbsp;couples franco-allemands&nbsp;»&nbsp;: De Gaulle – Adenauer, Pompidou- Brandt, Giscard d’Estaing- Schmidt, Mitterrand – Kohl etc. SI en Terminale, le travail sonde l’Histoire franco-allemande et de l’Europe, en Seconde, la notion d’amitié est l’occasion de faire une plongée dans la littérature&nbsp;: l’amitié entre Schiller et Goethe est l’occasion d’interroger ce thème.</p>



<p>Evoquer l’amitié franco-allemande permet de convoquer histoire et littérature dans une perspective interculturelle. Ainsi, les panneaux réalisés par les élèves sont en langue allemande, mais s’adressent à tous les élèves du lycée, également à des non-germanistes. Comment rendre compréhensibles et accessibles leurs supports est une question que Marine demande aux élèves d’avoir à l’esprit. Le critère de médiation du contenu – sans passer par la traduction- doit être placé au cœur de la réflexion des élèves&nbsp;: image, date, mise en pages etc. peuvent induire la compréhension des contenus en allemand à non germanistes.</p>



<p>La frise réalisée avec les affiches les fait «&nbsp;manipuler&nbsp;», non pas l’Histoire, mais être en mouvement avec leurs corps pour placer les «&nbsp;couples chancelier(e)- président&nbsp;» sur la frise.</p>



<p>L’exposition sera visible dans le lycée pour sensibiliser tous les élèves. Elle est accompagnée d’un quizz à la manière de la devinette de Karambolage (émission franco-allemande de la chaîne Arte)&nbsp;: des photos prises en France et en Allemagne sont affichées, et à l’aide d’un indice, il s’agit d’identifier si elle a été prise en France ou en Allemagne.</p>



<p><strong>L’histoire franco-allemande pour faire des citoyens européens</strong></p>



<p>Etudier l’histoire franco-allemande à l’occasion de la JFA (Journée Franco-Allemande) permet d’approfondir la connaissance du pays voisin. Marine souligne cet enjeu de la citoyenneté et de l’éveil à la conscience de la citoyenneté européenne et ce d’autant plus depuis la crise sanitaire qui a interrompu les mobilités vers l’Allemagne. Ce projet permet «&nbsp;de véhiculer du contenu sur l’Europe, à défaut de l’expérimenter&nbsp;», précise-t-elle. Marine promeut le programme de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, «&nbsp;<a href="https://60jours.ofaj.org/">60 ans 60 jours&nbsp;</a>» qui permet aux élèves de passer 1 mois&nbsp;en Allemagne. Elle est en lien avec le comité de jumelage de sa ville, qui est «&nbsp;actif et réactif&nbsp;» avec la ville partenaire (Wassertrüninger près de Nuremberg). Elle note que le lien avec le comité rassure les familles dans le projet de mobilité.</p>



<p>La Journée Franco-Allemande 2023 reste un rendez-vous incontournable pour les professeurs d’allemand, loin de l’ambition et des promesses des Traités diplomatiques, ils sont mobilisés sur le terrain, comme le glisse Marine&nbsp;: «&nbsp;même si on perd des heures, on est là&nbsp;» et même si on ne nous aide pas à en [des heures et des élèves] gagner&nbsp;».</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Marine Espinat, professeure d&rsquo;allemand : « Rendre l’allemand visible ». Un article publié dans Le Café pédagogique</a></div>
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