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	<title>Mobilisations, évènements, actualités &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>Mobilisations, évènements, actualités &#8211; Parce que !</title>
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		<title>École : une chute historique des effectifs sur fond de mobilisation sociale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 18:18:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[chute]]></category>
		<category><![CDATA[démographie scolaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que les mobilisations se multiplient partout en France contre les fermetures de classes et les suppressions de postes, le ministère de l’Éducation nationale vient de publier une note statistique intitulée « Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 ». Un calendrier qui ne doit certainement rien au hasard — mais qui ne semble pas non [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors que les mobilisations se multiplient partout en France contre les fermetures de classes et les suppressions de postes, le ministère de l’Éducation nationale vient de publier une note statistique intitulée « Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 ». Un calendrier qui ne doit certainement rien au hasard — mais qui ne semble pas non plus de nature à freiner un mouvement profond et déterminé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une baisse démographique qui s’accélère</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, le nombre de décès a dépassé celui des naissances. Depuis une décennie, une bascule démographique s’opère qui se répercute déjà sur l’école, en particulier dans le premier degré. «&nbsp;<em>Au total, la baisse des effectifs s’établirait à 1,7 million d’élèves en dix ans, avec des évolutions contrastées selon les académies et les départements</em>&nbsp;», indiquent les auteurs de la note publiée le 7 avril 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>125 400 élèves en moins dès la rentrée 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, la tendance est déjà nette. Pour la rentrée 2026, la baisse atteindrait 2 %, soit 125 400 élèves en moins dans le premier degré. Toutes les tranches d’âge ne sont pas touchées de la même manière : le nombre d’enfants de 5 ans augmenterait légèrement (+0,9 %, soit 6 400 élèves). Mais c’est surtout au collège que la baisse s’annonce la plus marquée, avec 20 800 élèves en moins en classe de sixième.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le document de travail détaillé de 48 pages sur lequel s’appuie la note de deux pages de la Depp, reprise par de nombreux médias, les auteurs précisent : «&nbsp;<em>Quel que soit le secteur, ce sont les collèges qui porteraient l’essentiel de la baisse alors que les formations professionnelles verraient leurs effectifs progresser dans les deux secteurs.</em>&nbsp;» Ils ajoutent : «&nbsp;<em>Pour les collèges, la baisse serait légèrement plus marquée dans le secteur public que dans le secteur privé sous contrat (-1,2 contre -0,9 %), conséquence des évolutions de ces dernières années</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et soulignent une évolution notable : «&nbsp;<em>Entre 2022 et 2025, le taux de passage des élèves de CM2 du secteur public vers la sixième du secteur public a diminué d’un point alors qu’à l’intérieur du secteur privé sous contrat, le taux de passage du CM2 à la 6e progressait de 0,2 point.</em>&nbsp;» Ainsi, «&nbsp;<em>les flux CM2-6e entre les secteurs ont été relativement plus nombreux au cours de cette période du public vers le privé sous contrat que du privé sous contrat vers le public</em>&nbsp;». et cette tendance n’est pas un détail.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/04/stat.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inclusion : une hausse qui interroge dans un contexte de précarisation et de manque des AESH</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre évolution notable : la progression attendue des dispositifs d’inclusion. Les effectifs augmenteraient de 2,2 %, avec une hausse de 0,5 % en ULIS (soit environ 300 élèves supplémentaires), tandis que les effectifs en SEGPA resteraient stables. «&nbsp;<em>Ces évolutions, dans un contexte de baisse générale des effectifs, traduiraient la poursuite des politiques publiques visant à renforcer la scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier degré</em>&nbsp;», indique le document de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sur le terrain, cette lecture est loin de faire consensus. Manque de statut, précarité, absence de formation : les AESH restent largement sous-dotées, interrogeant la réalité des moyens mis en face de ces ambitions affichées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une baisse massive d’ici 2035</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À plus long terme, la tendance s’accentuerait fortement. Dans le premier degré, la baisse atteindrait – 12,2 % d’ici dix ans. Dans le second degré, le mouvement suivrait – en toute logique – avec un léger décalage. «&nbsp;<em>C’est au collège que la baisse serait la plus marquée avec 513 800 élèves de moins (-15,3 %). Au lycée, à moyen terme, la baisse démographique devrait se répercuter sur l’ensemble des formations, y compris la voie professionnelle qui perdrait 56 500 élèves en dix ans (-8,5 %). Au lycée général et technologique, la baisse serait de 173 500 élèves (-10,8 %)</em>&nbsp;», précise la note. Les auteurs insistent également sur un point : «&nbsp;<em>La diminution des effectifs concernerait les secteurs public et privé sous contrat dans des proportions similaires</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une hypothèse discutée, alors que certains travaux, notamment à Paris, montrent des dynamiques différentes, avec une baisse démographique davantage absorbée par le secteur public — un sujet de préoccupation majeur pour les défenseurs de l’école publique.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/04/departement.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une hypothèse de stabilité contestée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document de travail avance une projection globale : «&nbsp;<em>À l’horizon 2035, d’après le scénario intermédiaire, il y aurait une baisse des effectifs du premier et du second degré dans les établissements publics et privés sous contrat d’un total de 1 676 800 élèves, soit une baisse de 14,2 % de la population scolaire actuelle</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette projection repose sur une hypothèse clé : «&nbsp;<em>Compte tenu de l’hypothèse de stabilité des comportements de scolarisation entre secteurs, les parts des effectifs dans les secteurs public et privé sous contrat seraient globalement stables par rapport à la situation observ</em>ée. » Là encore, cette hypothèse interroge, alors que les choix des familles évoluent dans un contexte de perception d’un service public fragilisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De fortes disparités territoriales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la note met en lumière des écarts importants selon les territoires. Dans le premier degré, les baisses les plus marquées concerneraient Paris, Nancy-Metz et Lille, avec des reculs particulièrement forts dans des départements comme la Meuse, les Vosges ou le Nord. D’autres académies, comme Nice ou Lyon, seraient moins touchées mais avec de fortes disparités internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le second degré, la baisse serait quasi générale, particulièrement dans le nord et l’est, avec des reculs dépassant 20 % dans certains territoires comme le Pas-de-Calais ou la Meuse. À l’inverse, Versailles, Créteil et Nice seraient relativement épargnées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre-mer, les évolutions sont plus contrastées : en Martinique, la baisse est forte, plus modérée en Guadeloupe et à La Réunion, tandis que la Guyane et Mayotte verraient leurs effectifs progresser dans le second degré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de mobilisation contre les suppressions de postes, cette projection démographique nourrit un débat central : la baisse du nombre d’élèves doit-elle conduire à réduire les moyens, ou au contraire à améliorer les conditions d’enseignement, particulièrement dans le service public d’éducation fragilisé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Des élèves morts en stage : projet éducatif contesté, alerte sur la sécurité des stagiaires</title>
		<link>https://parce-que.fr/des-eleves-morts-en-stage-projet-educatif-conteste-alerte-sur-la-securite-des-stagiaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 18:11:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[stage]]></category>
		<category><![CDATA[élèves]]></category>
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					<description><![CDATA[Après plusieurs morts de mineurs en stage, dont celle de Calvin Simon, 15 ans, la place croissante de l’entreprise dans la scolarité est vivement contestée. Entre manque de préparation, encadrement insuffisant et réformes critiquées, familles et syndicats dénoncent un système qui expose les jeunes au danger plutôt que de les protéger. Alerte des organisations syndicales [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après plusieurs morts de mineurs en stage, dont celle de Calvin Simon, 15 ans, la place croissante de l’entreprise dans la scolarité est vivement contestée. Entre manque de préparation, encadrement insuffisant et réformes critiquées, familles et syndicats dénoncent un système qui expose les jeunes au danger plutôt que de les protéger.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alerte des organisations syndicales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le travail tue, et les jeunes en sont les victimes&nbsp;</em>» dénonce&nbsp;<a href="https://fsu.fr/tribune-la-place-des-enfants-nest-pas-au-travail/">une tribune collective</a>&nbsp;CGT, FSU et Solidaires. Vendredi 17 avril, Calvin Simon, 15 ans, élève de seconde en lycée professionnel, est décédé lors d’un stage dans une entreprise de matériaux de construction, écrasé par un chariot élévateur. Ce décès s’inscrit dans une série d’accidents impliquant des mineurs en entreprise et relance la question de la sécurité des élèves en stage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations syndicales rappellent qu’en 2025, plusieurs mineurs sont morts en immersion en entreprise, et qu’un collégien décédé en 2022 reste le plus jeune mort au travail. Pour elles, cela démontre que «&nbsp;<em>l’entreprise n’est pas un lieu de formation adapté aux plus jeunes</em>&nbsp;».&nbsp;<em>« En un an, six mineurs sont décédés lors de stages ou d’immersions en entreprises »</em>&nbsp;alerte le SNUEP-FSU. Le syndicat insiste :&nbsp;<em>« ce ne sont pas des faits divers mais la conséquence de choix politiques augmentant le temps de présence des jeunes mineurs en entreprise, surtout celles et ceux de milieux populaires, et réduisant leur protection</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même sens, la CGT Éduc’action estime que ces situations ne relèvent pas du hasard mais d’un système : la mort d’un élève de 15 ans serait «&nbsp;<em>la conséquence […] que l’entreprise (poussée par une logique de rentabilité), n’est pas un lieu de formation initiale et qu’elle peut s’avérer dangereuse, et que […] l’encadrement et les garde-fous institutionnels ne sont pas suffisants</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des risques documentés et une vulnérabilité accrue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données renforcent ces alertes : selon l’INRS, les 15-24 ans subissent en moyenne&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>2,5 fois plus d’accidents du travail que l’ensemble des salarié</em>·es ». La tribune souligne également des chiffres préoccupants : 32 à 38 décès de travailleurs de moins de 25 ans en 2023 selon les régimes de protection sociale. Les jeunes en stage ou en apprentissage sont de plus exposés aux produits dangereux (CMR), aux tâches à risque et à des situations de subordination qui peuvent limiter leur capacité à signaler des problèmes ou des violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réactions politiques, opposition de la gauche</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement a annoncé une mission pour&nbsp;<em>« renforcer les conditions de sécurité »</em>&nbsp;des stages. Le ministre du Travail a rappelé que «&nbsp;<em>la prévention des accidents du travail graves et mortels […] est une priorité</em>&nbsp;». Le ministre de l’Éducation reconnaît qu’<em>« il y a</em>&nbsp;<em>probablement des choses à régler</em>&nbsp;», tout en défendant le dispositif existant et la présence des élèves en entreprise. Une position contestée par la CGT Éduc’action, qui affirme que les stages&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>renforcent et reproduisent les inégalités sociales »,&nbsp;</em>les discriminations sociales, territoriales et de genre, et reposent<em>&nbsp;« essentiellement sur le réseau familial</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’initiative des députées communistes Elsa Faucillon et Soumiya Bourouaha, des parlementaires de gauche (PC, PS, LFI, Ecologistes) dans&nbsp;<a href="https://www.humanite.fr/en-debat/education-nationale/mineurs-en-stage-dobservation-tirer-les-lecons-des-drames">une tribune de l’Humanité</a>&nbsp;dénoncent ces stages et «&nbsp;<em>l’obsession des gouvernements à lancer toujours plus tôt les enfants dans le monde de l’entreprise</em>. » Ils demandent «&nbsp;<em>la suspension</em><em>&nbsp;</em><a href="https://www.humanite.fr/en-debat/apprentissage/stages-de-seconde-une-exploitation-des-enfants-au-travail"><em>des stages d’observation pour les mineurs,</em></a><em>&nbsp;</em><em>le temps de définir un cadre strict garantis</em><em>sant pleinement leur sécurité</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une politique éducative vers plus d’entreprise critiquée depuis des années</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tribune CGT-FSU-Solidaires replace ces accidents dans une évolution plus large : depuis les années 1980, la place de l’entreprise dans la scolarité n’a cessé de croître : stages en lycée professionnel, séquences d’observation au collège, et stages obligatoires en seconde. Elle s’est accélérée sous les derniers quinquennats macronistes avec les stages de seconde, le développement de l’apprentissage et les réformes du lycée professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les organisations syndicales, cette logique repose sur un «&nbsp;<em>dogme de l’entreprise formatrice&nbsp;</em>», alors que «&nbsp;<em>l’entreprise n’est pas un lieu émancipateur et sécurisé</em>&nbsp;». Elles soulignent aussi la détérioration des conditions de travail et le manque de formation des tuteurs, rendant ce modèle&nbsp;<em>« inopérant notamment pour les plus jeunes ».&nbsp;</em>Elles rappellent que «&nbsp;<em>depuis une quarantaine d’années, l’Éducation nationale réaccentue la place de l’entreprise dans le cursus scolaire&nbsp;</em>», avec des élèves parfois envoyés en entreprise dès 14 ans. Cette évolution s’accompagne donc d’une réduction du temps scolaire et d’une logique contestable : «&nbsp;<em>leur développement est synonyme de réduction du temps passé à l’école et d’aggravation des inégalités sociales</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des inégalités, un encadrement affaibli, des dispositifs contestés jusque dans leur principe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques convergent également sur l’affaiblissement progressif des protections : assouplissement des contrôles, recul de l’inspection du travail, et multiplication des dérogations permettant l’exposition des mineurs à des situations dangereuses et d’un encadrement jugé insuffisant, dans un contexte où les élèves sont parfois envoyés en entreprise dès 14 ou 15 ans. Les syndicats demandent le rétablissement des autorisations préalables de l’inspection du travail pour les travaux dangereux, le renforcement des contrôles et le droit de retrait pour les jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations syndicales exigent «&nbsp;<em>la suppression des stages d’observation pour les élèves de troisième et de seconde générale et technologique, qui creusent les inégalités socio-économiques que subissent les élèves, sont trop peu préparés et s’opposent, en l’état, aux principes d’émancipation qui doivent guider les politiques éducatives</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elles, ces dispositifs doivent être supprimés car ils ne garantissent ni sécurité ni intérêt pédagogique suffisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les PFMP : utiles mais …&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la voie professionnelle, les périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) sont reconnues comme utiles pour valider des compétences. Mais leur extension est critiquée suite aux réformes des gouvernements du président Macron. Pour le SNUEP-FSU, elles doivent rester des temps encadrés, en lien avec la formation. Le syndicat rappelle que «&nbsp;<em>c’est au lycée professionnel que l’on forme et que l’on prépare le mieux les futur·es travailleurs et travailleuses</em>&nbsp;», et que les stages doivent rester secondaires par rapport aux apprentissages scolaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La sécurité par la formation préalable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans préparation suffisante, les stages peuvent devenir des périodes d’exposition aux risques plutôt que de découverte professionnelle. Les syndicats insistent sur une formation obligatoire avant toute entrée en entreprise, sur les risques professionnels, les droits des salariés et les règles de sécurité. Les données sont jugées parlantes : les jeunes formés aux risques seraient&nbsp;<em>« 2,5 fois moins victimes d’accidents du travail »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des familles en colère et une responsabilité contestée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les familles de victimes dénoncent un système défaillant. Certains parents évoquent des « manquements » graves dans l’encadrement et une absence de suivi réel. D’autres dénoncent une responsabilité diluée entre entreprises, Éducation nationale et conventions de stage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/12/19/stage-scolaire-lappel-dun-pere-apres-la-mort-de-son-fils-en-seconde/">Pour Arnaud Darthenay</a>, le père d’Axel, un élève décédé l’an passé durant un stage :<br>«&nbsp;<em>en urgence, il faut stopper les stages de seconde générale. Les enfants ne sont pas préparés à aller en entreprise et les entreprises ne sont pas toutes capables d’encadrer ces jeunes.</em>&nbsp;» Il ajoute : «&nbsp;<em>5 mineurs sont morts pendant des stages organisés par l’éducation nationale en 2025. Nous avons l’impression que l’Education nationale se moque de ce qui peut arriver aux enfants pendant leurs stages.</em>&nbsp;» Ce témoignage dénonce un manque de préparation, de suivi et de réponse institutionnelle après les morts d’élèves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un débat de société sur la place de l’enfance et le rôle de l’école</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des dispositifs scolaires, c’est une question plus large qui est posée, celle de la place des mineurs dans le monde du travail. La tribune rappelle que selon la Convention internationale des droits de l’enfant, toute personne de moins de 18 ans est un enfant et doit être protégée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre objectifs d’orientation, logique économique des entreprises et impératif de protection des mineurs, le modèle des stages scolaires apparaît aujourd’hui de plus en plus contesté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les drames récents, un débat de fond s’impose : comment concilier orientation, éducation, sécurité, émancipation. Les stages doivent-ils rester un pilier de la scolarité ou être profondément repensés, voire supprimés pour certains niveaux ? Pour les syndicats, la réponse est claire :&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>les enfants doivent être à l’école et non soumis à la dangerosité de l’entreprise&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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			</item>
		<item>
		<title>De Bétharram à l’Assemblée : la loi qui pourrait changer l’école</title>
		<link>https://parce-que.fr/de-betharram-a-lassemblee-la-loi-qui-pourrait-changer-lecole-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[« Une étape décisive » pour la députée Violette Spillebout (EPR), une « bascule » pour le député Paul Vannier (LFI).&#160;Portée par les révélations de l’affaire Bétharram et d’autres scandales ayant touché des établissements scolaires, la proposition de loi visant à renforcer la protection des enfants dans les établissements scolaires et périscolaires a été adoptée [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Une étape décisive » pour la députée Violette Spillebout (EPR), une « bascule » pour le député Paul Vannier (LFI).&nbsp;</strong><strong>Portée par les révélations de l’affaire Bétharram et d’autres scandales ayant touché des établissements scolaires, la proposition de loi visant à renforcer la protection des enfants dans les établissements scolaires et périscolaires a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, lundi 1er juin.&nbsp;</strong><strong>Fruit de plusieurs mois de travaux parlementaires, nourris par les auditions de victimes, et les enquêtes journalistiques, le texte franchit ainsi l’étape de la première lecture. Pour ses défenseurs, il marque une rupture historique dans les relations entre l’État et l’enseignement privé sous contrat.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une unanimité qui masque des tensions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Quand on parle de protéger un enfant de six ans, il n’y a pas de droite, pas de gauche ; il n’y a que des adultes qui ont fait ou n’ont pas fait leur devoir</em>&nbsp;», a déclaré la rapporteure du texte, Violette Spillebout (EPR) dans l’hémicycle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption unanime ne doit toutefois pas faire oublier les débats qui ont accompagné l’examen du texte. Plusieurs amendements déposés par le MoDem, la droite et l’extrême droite ont suscité des inquiétudes parmi les associations et les parlementaires engagés sur le dossier.&nbsp;<em>« C</em><em>’est aussi une victoire contre les élus de droite et d’extrême droite : Le RN et UDR avaient déposé une centaine d’amendements pour faire obstruction aux articles 7 et 8 qui permettent le renforcement du contrôle de l’Etat et un meilleur encadrement des établissements privés. Ces 2 articles ont été votés</em>&nbsp;!&nbsp;» souligne la députée socialiste Fatiha Keloua Hachi qui avait présidé la commission d’enquête parlementaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Paul Vannier, coauteur de la proposition de loi et du rapport parlementaire sur les contrôles dans les établissements scolaires, ce vote témoigne néanmoins d’une évolution profonde du regard porté sur les violences faites aux enfants.&nbsp;<em>« Il n’y a plus d’opposition sourde</em>&nbsp;», estime le député insoumis, ce qui traduit pour lui une évolution profonde du regard porté sur les violences faites aux enfants et sur les insuffisances du contrôle public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une victoire des victimes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ouf, quel soulagement. C’est une vraie étape</em>&nbsp;», réagit le président de la FCPE et membre du comité de suivi animé par Violette Spillebout et Paul Vannier après le vote.&nbsp;<em>« Ce week-end, nous étions inquiets face aux amendements déposés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les victimes et les associations mobilisées depuis des années, le vote constitue une étape majeure. Marie-Pierre Jacquard, la professeure et lanceuse d’alerte au lycée Bayen, évoque «&nbsp;<em>une immense victoire</em>&nbsp;»,&nbsp;<em>« une victoire pour ceux qui ont été ignorés, mis en doute, réduits au silence, anéantis parfois. Aujourd’hui, les bourreaux vacillent et je ressens de l’espoir. Je veux croire qu’à partir de maintenant, les seuls qui ne dormiront plus tranquilles seront les violeurs d’enfants, les agresseurs, les harceleurs, mais aussi tous ceux qui les couvrent ou choisissent de détourner le regard</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation des victimes, des familles et des associations de protection de l’enfance a largement contribué à imposer le sujet dans le débat public. Commission d’enquête, auditions et enquêtes journalistiques ont progressivement mis en lumière les défaillances du système de contrôle de certains établissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Davantage de contrôles dans le privé, vers un alignement avec le public</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Violette Spillebout, le vote constitue&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>une étape décisive vers une meilleure protection des enfants, un meilleur contrôle des établissements publics et privés et davantage de formation&nbsp;</em>». La députée souligne également le caractère inédit de cette démarche : moins d’un an après la commission d’enquête parlementaire, une proposition de loi transpartisane issue de ses conclusions a été adoptée à l’unanimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de la réforme repose sur les articles 7 à 9, qui renforcent les moyens de contrôle de l’État sur les établissements privés sous contrat. Les contrôles d’honorabilité et le suivi des personnels sont étendus au périscolaire. Le texte prévoit des évaluations systématiques tous les cinq ans, la création d’un conseil académique de l’enseignement privé chargé du suivi des établissements. Cette nouvelle instance pourra notamment examiner les contrats liant les établissements à l’État ainsi que leur articulation avec la carte scolaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux articles transfèrent également certaines compétences de contrôle des préfets vers les recteurs, réaffirmant ainsi le rôle central de l’Éducation nationale. Ces mesures constituent une transformation profonde de l’architecture du contrôle public et de son pilotage. «&nbsp;<em>Depuis des décennies, l’État était aux abonnés absents</em>&nbsp;», estime Paul Vannier. Selon lui, la loi marque une véritable « bascule » dans les relations entre l’État et l’enseignement privé sous contrat. Longtemps, toute tentative de réforme était freinée par la crainte de raviver la « guerre scolaire ». Les scandales révélés ces dernières années ont profondément modifié les équilibres politiques. «&nbsp;<em>Pour la première fois, une majorité large accompagne ce mouvement. C’est historique</em>. » Le député souligne qu’il existe désormais un consensus politique pour renforcer les contrôles sans que cela ne soit interprété comme une remise en cause de l’existence même de l’enseignement privé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un compromis assumé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux points n’ont pas été votés. La question de l’imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur les mineurs n’a pas été retenue. Les dispositions relatives au secret de la confession ont également été abandonnées après d’intenses discussions parlementaires. La présidente socialiste de la commission d’enquête parlementaire regrette que «&nbsp;<em>la droite, et l’extrême droite, a fait voter des amendements pour maintenir le secret de la confession</em>,&nbsp;<em>les lois de la République doivent être au-dessus des lois du culte et quand il y a confession d’un crime, il doit etre dénoncé</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em>&nbsp;<em>Il y a eu des renoncements, des négociations, l’art du compromis</em>&nbsp;», reconnaît Violette Spillebout. La députée défend néanmoins un choix «&nbsp;<em>responsable</em>&nbsp;» afin de préserver l’essentiel de la réforme. «&nbsp;<em>À cette étape, le choix responsable était de protéger ce qui était déjà acquis&nbsp;</em>», explique la députée. «&nbsp;<em>L’essentiel est atteint : un contrôle du privé aligné sur celui du public et l’extension des contrôles d’honorabilité aux activités scolaires et périscolaires</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des associations, plusieurs regrettent également l’absence d’un fonds d’indemnisation des victimes. Mais la plupart considèrent que les avancées obtenues demeurent substantielles. «&nbsp;<em>On a enfin un texte de compromis qui ne coche pas toutes les cases, mais qui peut protéger des enfants tout de suite</em>», résume Grégoire Ensel, président de la FCPE pour qui l’adoption du texte constitue une avancée majeure malgré les compromis consentis au cours des débats parlementaires. Le responsable associatif souligne notamment les avancées obtenues sur les contrôles réguliers des établissements privés sous contrat, les vérifications d’honorabilité des personnels et le renforcement du rôle de l’État.&nbsp;<em>« C’est un vrai progrès. C’est un texte où l’on gagne beaucoup plus que ce que l’on perd</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour résumer la difficulté de l’exercice parlementaire, il conclut avec cette formule imagée : «&nbsp;<em>Ils ont fait entrer un Boeing dans une salle de bain. Chapeau ba</em>s.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prochaine étape : le Sénat</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les auteurs du texte, la bataille se poursuit désormais au Sénat. «&nbsp;<em>Cette loi peut mieux protéger les 12 millions d’élèves de ce pays</em>&nbsp;», affirme Paul Vannier, qui appelle le gouvernement à accélérer son examen afin de permettre une entrée en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire. «&nbsp;<em>Je m’adresse solennellement au gouvernement : s’il est à la hauteur de l’enjeu, il doit tout mobiliser pour que le Sénat examine rapidement ce texte</em>&nbsp;», déclare le député insoumis. «&nbsp;<em>Cette loi peut entrer en vigueur dès la rentrée prochaine et mieux protéger les 12 millions d’élèves de ce pays. Le gouvernement doit faire son travail. Nous allons continuer jusqu’au bout.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la proposition de loi apparaît déjà comme l’une des conséquences politiques les plus concrètes des révélations de Bétharram qui a fait émerger le&nbsp;<em>« meeToo de l’enseignement catholique »</em>. Après des décennies d’inaction dénoncées par les victimes, les associations et plusieurs parlementaires, la protection des enfants s’impose désormais comme une priorité politique largement partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Marie-Pierre Jacquard, un autre chantier reste ouvert : celui de la transparence des enquêtes administratives. «&nbsp;<em>Les rapports institutionnels passés sous silence permettent trop souvent de ne jamais sanctionner les défaillances. Les victimes méritent la vérité. Une institution qui assume ses erreurs et répare ses failles est une institution plus forte.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Fabienne Maillard : enseigner en lycée professionnel, une « mission impossible »</title>
		<link>https://parce-que.fr/fabienne-maillard-enseigner-en-lycee-professionnel-une-mission-impossible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:09:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[lycée professionnel]]></category>
		<category><![CDATA[professeur]]></category>
		<category><![CDATA[enseigner]]></category>
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					<description><![CDATA[Réformes à répétition, objectifs contradictoires, absence de concertation : pour la professeure des universités en sciences de l’éducation spécialiste de la voie professionnelle Fabienne Maillard, les professeurs de lycée professionnel ont expérimenté et subi un système en changement permanent avec une accélération depuis 2018. Lors des journées de la voie professionnelle organisées par le Snuep-FSU [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/fabienneMaillard-cafepeda-170x300.jpeg" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réformes à répétition, objectifs contradictoires, absence de concertation : pour la professeure des universités en sciences de l’éducation spécialiste de la voie professionnelle Fabienne Maillard, les professeurs de lycée professionnel ont expérimenté et subi un système en changement permanent avec une accélération depuis 2018. Lors des journées de la voie professionnelle organisées par le Snuep-FSU les 4 et 5 juin à Lyon, elle a souligné la capacité d’adaptation des personnels, malgré et contre eux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une forme de « mission impossible »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre.</em>&nbsp;» Pour Fabienne Maillard, cette phrase résume à elle seule la situation paradoxale des professeurs de lycée professionnel. Soumis depuis plusieurs décennies à une succession de réformes, menées sans concertation ni évaluation préalable, ils continuent pourtant à faire fonctionner un système en perpétuelle transformation. Une forme de « mission impossible », selon l’expression choisie par la chercheuse pour qualifier un métier marqué par l’incertitude et l’adaptation permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le lycée professionnel, laboratoire discret des réformes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant. Alors que le baccalauréat professionnel est aujourd’hui le deuxième baccalauréat de France en nombre d’élèves, la voie professionnelle demeure largement absente du débat public. «&nbsp;<em>Ce n’est pas un sujet qui intéresse alors qu’il est éminemment politique</em>&nbsp;», observe Fabienne Maillard. Les familles des élèves de la voie professionnelle étant peu représentées dans les espaces de décision, les réformes s’y déploient souvent dans une relative discrétion et sans visibilité, relève-t-elle. «&nbsp;<em>Ça laisse une paix aux réformateurs&nbsp;</em>», résume-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Fabienne Maillard, la voie professionnelle est donc un terrain d’expérimentation privilégié et fonctionne comme une forme de « laboratoire » éducatif dans lequel «&nbsp;<em>on peut imposer sans révolte sociale</em>. » Référentiels de compétences, pédagogie de l’alternance, individualisation des parcours : de nombreuses mesures testées dans cette voie ont ensuite été étendues à d’autres secteurs de l’enseignement. «&nbsp;<em>Tout ce qui est expérimenté dans la voie professionnelle arrive dans le supérieur</em>&nbsp;», souligne la sociologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire du lycée professionnel faite d’instabilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Fabienne Maillard, l’instabilité n’est pas une dérive récente mais une caractéristique historique de la voie professionnelle. «&nbsp;<em>S’il y a une chose qui caractérise le lycée professionnel, c’est l’instabilité&nbsp;</em>», affirme-t-elle. Les diplômes professionnels sont décrits comme particulièrement « plastiques » : au nom de l’emploi et de l’adéquation formation-emploi, ils évoluent régulièrement, entraînant avec eux une transformation continue du métier de PLP. Cette situation se traduit par un flux quasi permanent de réformes, souvent mises en œuvre sans véritable justification pédagogique ni évaluation préalable avec une accélération du rythme depuis 2018. Elle dénonce un système où «&nbsp;<em>le changement est devenu la norme</em>&nbsp;» avec l’exemple du CAP, successivement réduit puis relancé</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du baccalauréat professionnel illustre ces revirements successifs. Créé en 1985 pour conduire directement à l’emploi, il ne devait initialement accueillir qu’une faible proportion d’élèves poursuivant leurs études. «&nbsp;<em>Au-delà de 20 %, on considérait que cela dénaturait la formation</em>&nbsp;», rappelle Fabienne Maillard. Quarante ans plus tard, la poursuite d’études est devenue la norme pour une part croissante des diplômés. La réforme du baccalauréat professionnel en trois ans constitue, selon elle, une exception parmi les réformes récentes puisqu’elle répondait davantage à une logique budgétaire qu’à une logique d’emploi.</p>



<figure class="wp-block-image alignright"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/fabiennemaillaird-cafepeda-e1780854873778-271x300.jpeg" alt="" class="wp-image-308728"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats de la chercheure concerne la capacité des PLP à mettre en œuvre des réformes même lorsqu’ils y sont opposés. Si ces réformes ont pu être appliquées, c’est en grande partie grâce à la capacité d’adaptation des enseignants. «&nbsp;<em>Vous avez une faculté d’adaptation, une volonté de bien faire votre métier et de faire en sorte que cela fonctionne</em>&nbsp;», souligne Fabienne Maillard. Elle l’analyse sur la forte éthique professionnelle des enseignants qui cherchent à faire fonctionner les dispositifs au bénéfice des élèves, même lorsqu’ils contestent les orientations retenues. Mais cette capacité d’adaptation a un coût avec le sentiment de ne pas être respectés qui génère fatigue professionnelle et difficulté à donner du sens à des changements permanents.&nbsp;<em>« Les PLP absorbent les réformes même quand ils sont contre.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Valoriser les métiers avant de valoriser les filières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne revalorisera pas la filière professionnelle si l’on ne valorise pas les mét</em>iers. » Pour Fabienne Maillard, les difficultés du lycée professionnel dépassent largement le cadre scolaire. Elle dénonce le décalage entre les discours de valorisation du lycée professionnel et la faible reconnaissance sociale des métiers auxquels il prépare. Elle souligne notamment que certains secteurs essentiels (aide à la personne, EHPAD, etc.) restent peu attractifs malgré leur importance sociale et malgré les discours sur l’automatisation ou l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel avenir pour les PLP ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2018, Fabienne Maillard observe une accélération des réformes, souvent conduites dans l’urgence, sans véritable concertation ni évaluation.&nbsp;<em>« La durée de vie des ministres est courte »</em>&nbsp;et « le&nbsp;<em>changement est devenu la norme</em>&nbsp;», constate-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui voient dans l’apprentissage l’avenir exclusif de la formation professionnelle, la chercheure oppose également une mise en garde. Son développement repose largement sur des financements publics et ne saurait remplacer à lui seul les lycées professionnels. «&nbsp;<em>L’apprentissage ne vit pas sans subventions</em>&nbsp;», rappelle-t-elle. Sa conclusion est prudente : «&nbsp;<em>Alors quel avenir pour les PLP ? Je n’en sais rien.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une formule qui sonne moins comme un aveu d’impuissance que comme le constat d’une profession sommée depuis trop longtemps de s’adapter à des réformes dont elle ne maîtrise ni le rythme ni la direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Financement des écoles privées : la Ligue de l’enseignement appelle les communes à privilégier l’école publique</title>
		<link>https://parce-que.fr/financement-des-ecoles-privees-la-ligue-de-lenseignement-appelle-les-communes-a-privilegier-lecole-publique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:06:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[ligue de l'enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[école privée]]></category>
		<category><![CDATA[école publique]]></category>
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					<description><![CDATA[Les collectivités locales disposent de marges de manœuvre importantes dans le financement des établissements privés sous contrat. La Ligue de l’enseignement – FAL44 dénonce les effets de la loi Debré sur la ségrégation scolaire et plaide pour une application stricte des obligations légales afin de faire de l’école publique la priorité. Un financement public massif [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les collectivités locales disposent de marges de manœuvre importantes dans le financement des établissements privés sous contrat. La Ligue de l’enseignement – FAL44 dénonce les effets de la loi Debré sur la ségrégation scolaire et plaide pour une application stricte des obligations légales afin de faire de l’école publique la priorité.</strong> <strong>Un financement public massif des établissements privés</strong>. </p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/07/laique-247x300.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em>&nbsp;<em>Le&nbsp;cadre législatif (Loi Debré) et réglementaire (…) permet aux écoles privées sous contrat de bénéficier de fonds publics (État et municipalités) qui couvrent autour de 75 % de leurs dépenses&nbsp;</em>». Dans son étude consacrée à la situation de l’enseignement primaire en Loire-Atlantique, la Ligue de l’enseignement – FAL44 rappelle l’ampleur des financements publics accordés aux établissements privés. Le débat sur le financement de l’enseignement privé sous contrat continue d’alimenter les discussions sur l’avenir du système éducatif français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fédération cite également les travaux de la Cour des comptes, selon lesquels «&nbsp;<em>76,7 % du financement des écoles primaires privées sous contrat proviennent de fonds public</em>s », l’État prenant en charge 55,2 % des dépenses et les communes 21,5 %. En Loire-Atlantique, cette contribution représenterait à elle seule un montant considérable. «&nbsp;<em>40 millions d’euros. C’est l’estimation du montant annuel des dépenses engagées par les communes de Loire-Atlantique, au titre du forfait obligatoire versé aux écoles privées sous contrat avec l’État »,&nbsp;</em>souligne le rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un département où le privé occupe une place importante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Loire-Atlantique se distingue par la place occupée par l’enseignement catholique sous contrat. À la rentrée 2025, le département comptait «&nbsp;<em>244 écoles primaires catholiques sous contrat avec l’État&nbsp;</em>», soit «&nbsp;<em>près de 35 % de l’effectif du premier degré du département</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation s’explique par une implantation historique forte du réseau catholique. Dans certaines communes, le choix entre public et privé n’existe pourtant pas dans les mêmes conditions. Le document relève ainsi que «&nbsp;<em>10 communes sont sans école primaire publique en Loire-Atlantique</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>… et une forte ségrégation sociale selon les indicateurs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document met en lumière que «&nbsp;<em>la comparaison entre les Indices de Position Sociale (IPS) des écoles primaires publiques et ceux des écoles primaires privées illustre une forte ségrégation sociale</em>&nbsp;». Les chiffres avancés sont particulièrement marquants.&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Sur les 46 écoles primaires qui ont un IPS moyen inférieur à 90 (…) aucune école primaire privée sous contrat ne s’y trouve »</em>, peut-on lire. À l’inverse, parmi les établissements les plus favorisés, «&nbsp;<em>57,7 % sont des écoles primaires catholiques sous contrat alors qu’elles scolarisent un peu moins de 35 % de l’effectif</em>&nbsp;». L’IPS moyen des écoles privées atteint 120,6 contre 110,7 pour les écoles publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des conséquences sur la mixité scolaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs du rapport rappellent que «&nbsp;<em>la ségrégation scolaire, qui consiste en une concentration d’élèves issu·es de milieux socio-économiques similaires au sein des mêmes établissements, produit des effets négatifs multiples sur les performances éducatives et le développement des élèves</em>&nbsp;». Le document souligne également que&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>les élèves scolarisé·es dans des établissements concentrant des profils défavorisés obtiennent des résultats plus faibles</em>&nbsp;<em>»</em>&nbsp;et que cette situation&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>limite les interactions entre milieux&nbsp;</em>» ainsi que l’apprentissage du<em>&nbsp;« vivre-ensembl</em>e ». La conclusion est sans ambiguïté :&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Cette ségrégation sociale constitue donc de fait une hypothèque de l’avenir de notre pays</em>.&nbsp;<em>»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le forfait communal, un choix politique local</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les communes ont l’obligation légale de financer les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat, la Ligue estime qu’elles disposent néanmoins d’une réelle marge d’action. Les montants versés varient fortement d’une commune à l’autre. Selon les données citées dans l’étude, les forfaits communaux vont de 175 à 2 479 euros par élève en maternelle et de 163 à 2 702 euros en élémentaire. Pour la fédération, «&nbsp;<em>les écarts à la moyenne départementale montrent que le calcul du forfait communal est un geste politique de chaque municipalité</em>&nbsp;<em>»</em>. Certaines collectivités&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>se contentent d’appliquer la loi strictement alors que d’autres en profitent pour soutenir financièrement les établissements privés confessionnels</em>&nbsp;<em>»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« La loi mais rien que la loi »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce constat, la Ligue de l’enseignement – FAL44 formule plusieurs recommandations. Elle demande davantage de transparence dans les calculs des forfaits communaux, refuse «&nbsp;<em>tout financement public des établissements privés allant au-delà des obligations légales</em>&nbsp;» et appelle à réévaluer régulièrement la notion de&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>besoin scolaire reconnu</em>&nbsp;». Son message aux élus locaux est clair :&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Les communes ont des marges de manœuvre pour que l’école publique soit la priorité !</em>&nbsp;<em>»</em>, tout comme sa conclusion :&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Pour garantir la place de l’école publique laïque elles doivent notamment se mobiliser pour une application stricte de la loi. La loi mais rien que la loi !</em>&nbsp;<em>»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Évaluations nationales : huit ans de tests, toujours les mêmes fractures scolaires</title>
		<link>https://parce-que.fr/evaluations-nationales-huit-ans-de-tests-toujours-les-memes-fractures-scolaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:01:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[évaluation nationale]]></category>
		<category><![CDATA[education]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors quelle leçon tirer des évaluations nationales standardisées souvent jugées « précoces, chronophages et inutiles » ? Pour la huitième année consécutive pour le CP et le CE1, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie les résultats des évaluations nationales standardisées réalisées à la rentrée 2025. Près de 3,9 millions d’élèves [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/depp-cadfepeda-300x216.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors quelle leçon tirer des é<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/11/20/evaluations-nationales-precoces-chronophages-et-inutiles/">valuations nationales standardisées souvent jugées « précoces, chronophages et inutiles </a>» ? Pour la huitième année consécutive pour le CP et le CE1, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) publie les résultats des évaluations nationales standardisées réalisées à la rentrée 2025. Près de 3,9 millions d’élèves ont été évalués en français et en mathématiques dans 32 000 écoles publiques et privées sous contrat. Du neuf ? Les résultats témoignent d’une stabilité et d’inégalités persistantes liées au territoire et au type d’établissement, bref à l’origine sociale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Huit ans après, des résultats globalement stables</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il s’agit de la huitième édition de ce dispositif initié en 2018 pour le CP et le CE1, de la troisième édition pour le CM1 et de la deuxième édition pour le CE2 et le CM2. Ces évaluations visent à proposer, dès le début d’année, des repères. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors quel constat ? Entre 2024 et 2025, les performances des élèves demeurent globalement identiques. Selon la DEPP,&nbsp;<em>« entre 2024 et 2025, des taux de maîtrise stables dans la plupart des compétences et pour tous les niveaux »</em>&nbsp;sont observés. Les résultats restent élevés dans certaines compétences fondamentales. Ainsi,&nbsp;<em>« à la rentrée scolaire 2025, quel que soit le niveau de scolarisation, au moins trois élèves sur quatre ont une maîtrise satisfaisante en compréhension orale de textes ou de phrases »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques signaux faibles apparaissent toutefois.&nbsp;<em>« Tous niveaux confondus, le taux de maîtrise de quatre compétences baisse »</em>&nbsp;: en CE1, l’écriture de mots, la lecture à voix haute de textes et la lecture à voix haute de mots reculent respectivement de 1,6, 1,3 et 1,1 point. En CM1, la compétence « savoir trouver des synonymes » est également en retrait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’éducation prioritaire toujours confrontée à des écarts importants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En 2025, quels que soient le niveau et la compétence évalués, les élèves scolarisés dans le secteur public hors éducation prioritaire obtiennent des taux de maîtrise satisfaisante supérieurs à ceux scolarisés en éducation prioritaire (EP). »</em>&nbsp;L’un des enseignements majeurs de cette édition concerne les différences persistantes entre les élèves scolarisés hors éducation prioritaire et ceux relevant de l’éducation prioritaire. Les écarts les plus marqués concernent la compréhension orale, du CP au CE2. La DEPP invite toutefois à la prudence dans l’interprétation :&nbsp;<em>« Les différences observées entre le public hors EP et l’éducation prioritaire sont à relativiser en raison du profil social en moyenne moins favorisé des élèves scolarisés en EP. »</em>&nbsp;une manière d’entériner les inégalités sociales et scolaires ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une note plus encourageante apparaît néanmoins au CP.&nbsp;<em>« Entre 2024 et 2025, les écarts de performance entre les élèves scolarisés hors EP et ceux en EP sont stables ou se réduisent dans l’ensemble des compétences évaluées en CP. »</em></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/depp-EP-horsEPCafepeda-.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>REP+ : des progrès réels mais encore fragiles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats sont plus contrastés lorsqu’on compare les établissements hors éducation prioritaire aux écoles REP+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La DEPP souligne que&nbsp;<em>« les écarts les moins prononcés portent sur la compétence «&nbsp;écrire des mots&nbsp;» du CE1 au CM2 »</em>, avec des différences allant de 12 points en CE1 à 15,2 points en CM2. Surtout, plusieurs indicateurs témoignent d’une amélioration des résultats dans les réseaux les plus défavorisés.&nbsp;<em>« Du CP au CE2, des baisses d’écart de performance entre le public hors éducation prioritaire et le REP+ »</em>&nbsp;sont observées,&nbsp;<em>« portées par une hausse des performances des élèves scolarisés en REP+ »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les progrès sont particulièrement visibles dans certaines compétences de compréhension orale et écrite. La DEPP note que&nbsp;<em>« la réduction de ces écarts est principalement due à une hausse des performances des élèves scolarisés en REP+ plus importante que celle des élèves hors EP »</em>. Mais sur une période plus longue, la tendance n’est pas uniforme. Entre 2019 et 2025, certains écarts se sont creusés en CE1 pour « écrire des syllabes », « lire à voix haute des mots » et « comprendre un texte lu seul », ainsi qu’en CM1 pour « lire à voix haute un texte ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des écarts filles-garçons en faveur des filles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En français, les filles ont de meilleurs résultats que les garçons dans toutes les compétences évaluées. Les écarts sont toutefois plutôt faibles, plus marqués pour « Reconnaître les principaux constituants de la phrase » et « Utiliser des marques d’accord pour les noms et adjectifs ».&nbsp;<em>« Au cycle 2, les écarts filles-garçons les plus faibles concernent la fluence de lecture »</em>, notamment pour la lecture à voix haute de mots et de textes. En CE2, filles et garçons affichent également des résultats comparables en mémorisation des temps de conjugaison. Au cycle 3, les écarts sont presque inexistants en compréhension orale.&nbsp;<em>« Dans la compétence «&nbsp;comprendre des textes à l’oral&nbsp;», les résultats des filles sont comparables à ceux des garçons en CM1 et légèrement plus élevés en CM2 (+ 1,2 point). »</em>&nbsp;Dans l’ensemble,&nbsp;<em>« entre 2024 et 2025, les écarts entre filles et garçons sont globalement stables pour la plupart des compétences »</em>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/depp-ecartsfiilesgarcons-cafepda.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une surprise venue des territoires ruraux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des résultats les plus intéressants de cette édition concerne l’effet du territoire à niveau social comparable. La DEPP rappelle avoir développé un indice de position sociale (IPS) permettant de mesurer le contexte socio-économique des établissements. Or, à IPS équivalent, certaines différences apparaissent selon le type de commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, pour la compétence « comprendre un texte lu seul(e) », les élèves scolarisés dans des communes rurales éloignées obtiennent de meilleurs résultats que ceux des communes urbaines très denses.&nbsp;<em>« L’écart de taux de maîtrise satisfaisante dans cette compétence évaluée du CE1 au CM2 varie de 4,4 points en CM1 à 8,4 points en CM2, au bénéfice des élèves scolarisés dans des communes rurales. »</em>Cette avance rurale n’est toutefois pas générale. Pour la compétence « lire à voix haute un texte », l’avantage change de camp :&nbsp;<em>« les écarts sont ainsi en faveur des élèves citadins »</em>, atteignant jusqu’à 4,5 points en CM2.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des inégalités persistantes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette huitième campagne d’évaluations, la stabilité domine. Les écarts entre filles et garçons restent faibles et certains progrès sont enregistrés dans les établissements REP+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les résultats confirment aussi la permanence des déterminants sociaux et territoriaux de la réussite scolaire. Huit ans après la mise en place du dispositif, la photographie dressée par la DEPP montre une école globalement stable dans ses performances, mais toujours traversée par des inégalités que les politiques éducatives peinent à compenser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/depp-cadfepeda.png" alt=""/></figure>



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		<title>Canicule : les signalements explosent dans les écoles</title>
		<link>https://parce-que.fr/canicule-les-signalements-explosent-dans-les-ecoles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 16:58:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
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					<description><![CDATA[Jusqu’à 600 alertes en une journée dans l’académie de Normandie…&#160;Combien de fiches RSST (registre santé sécurité au travail) ont été remplies par les personnels les deux premiers jours de la canicule ? Près de 600 dans l’académie de Normandie, plus de 250 dans l’académie d’Orléans-Tours, 274 en deux jours à Bordeaux : la vague de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jusqu’à 600 alertes en une journée dans l’académie de Normandie…&nbsp;</strong><strong>Combien de fiches RSST (registre santé sécurité au travail) ont été remplies par les personnels les deux premiers jours de la canicule ? Près de 600 dans l’académie de Normandie, plus de 250 dans l’académie d’Orléans-Tours, 274 en deux jours à Bordeaux : la vague de chaleur provoque une hausse sans précédent des signalements liés aux conditions de travail dans les établissements scolaires. Face à des salles de classe dépassant régulièrement les 30 °C et à des malaises parmi les élèves comme les personnels, les syndicats dénoncent l’absence d’anticipation de l’État et réclament un cadre national de protection.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une hausse spectaculaire des alertes dans plusieurs académies</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_2684-300x285.jpg" alt="" width="300" height="285" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_2684-300x285.jpg 300w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_2684-600x571.jpg 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_2684.jpg 734w">«&nbsp;<em>Nous avons depuis hier des remontées académiques qui nous indiquent des chiffres extrêmement élevés de collègues ayant rempli des fiches RSST (registre santé sécurité au travail). Ces fiches indiquent que les personnels sont encore sur leur lieu de travail avec des températures très élevées, souvent plus de 34 degrés</em>&nbsp;» alerte Cyril Verlingue, en charge des questions d’écologie au SNES-FSU. Les registres santé et sécurité au travail (RSST) connaissent depuis le début de la vague de chaleur une explosion des signalements dans les établissements scolaires. Les chiffres, encore provisoires, témoignent d’une situation jugée inédite par plusieurs organisations syndicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Normandie, près de 400 fiches avaient déjà été recensées mardi à la mi-journée, contre environ 350 la veille. Les remontées font état de températures comprises entre 30 et 35 °C dans les salles de classe, d’une absence de ventilation et de malaises touchant élèves et personnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’académie d’Orléans-Tours, le nombre de signalements a rapidement dépassé les 250 fiches, au point que le comptage a été interrompu. Selon les syndicats, une cinquantaine de collèges sur les 230 que compte l’académie n’aurait mis en place aucune mesure d’adaptation connue du rectorat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bordeaux, 274 fiches RSST ont été enregistrées en seulement quarante-huit heures, soit près de 9 % du volume annuel total de signalements de l’académie. «&nbsp;<em>Donc 274 en deux jours, c’est énorme »</em>, résument les représentants syndicaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Alors que nous sommes au deuxième jour de la vigilance rouge sur temps scolaire, tout montre que la doctrine du «&nbsp;cas par cas&nbsp;» privilégiée par le ministre place les personnels dans des situations où leur santé est menacée</em>&nbsp;» estime Cyril Verlingue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des conditions de travail et d’examen difficiles&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces chiffres, les témoignages font état de situations parfois préoccupantes. Dans l’Eure, une enseignante mobilisée pour les oraux du baccalauréat évoque&nbsp;<em>« une</em>&nbsp;<em>fournaise »</em>&nbsp;et raconte qu’une collègue a fait un malaise après sa journée de travail. Son binôme, lui aussi, se serait senti mal jusqu’à vomir.&nbsp;<em>« Franchement, les conditions sont atroces »</em>, témoigne-t-elle. A Marseille, où la chaleur n’est pas inhabituelle, une professeure témoigne d’une chaleur écrasante dès 9 heures du matin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/01/07/trop-froid-trop-chaud-le-bati-scolaire-un-enjeu-majeur-de-sante-et-dapprentissage/">un rapport</a>&nbsp;publié en janvier 2925 par l’Alliance Ecologique et Social, 95 % des répondants déclarent ne pas bénéficier d’un confort thermique satisfaisant et près d’un sur deux signale des problèmes de stores ou de volets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Le ministère nous doit une protection collective »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les syndicats, l’afflux de signalements constitue la preuve que les réponses actuelles restent insuffisantes.&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/06/24/lecole-nest-pas-prete-le-rapport-qui-appelle-a-refonder-leducation-nationale-face-a-lurgence-climatique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lors de la présentation du rapport consacré à l’adaptation de l’école au changement climatique,</a>&nbsp;les organisations ont dénoncé «&nbsp;<em>l’absence persistante d’anticipation</em>&nbsp;» face aux épisodes de chaleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La CGT Éduc’action pointe notamment le manque de plan global de rénovation thermique du bâti scolaire et critique une gestion « au jour le jour ». Les organisations syndicales estiment que la protection des personnels et des élèves repose trop souvent sur les initiatives locales ou individuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La responsabilité individuelle, c’est l’individualisation des risques. Le ministère nous doit de la protection collective</em>&nbsp;», plaide le Snes-FSU, en réclamant des protocoles nationaux de vigilance permettant aux établissements de s’appuyer sur des mesures clairement définies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire du climat un enjeu de santé au travail</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la canicule actuelle, les syndicats souhaitent faire reconnaître les conséquences du réchauffement climatique comme une question de santé au travail. Ils demandent la création d’un véritable plan canicule national intégrant explicitement les personnels et les élèves en situation de handicap, ainsi qu’un programme massif de rénovation thermique des établissements scolaires. L’explosion des fiches RSST montre que les épisodes de chaleur ne relèvent plus seulement de l’inconfort, mais constituent désormais un risque concret pour la santé dans les écoles. «&nbsp;<em>Ils alertent leur employeur en masse. Ils doivent être entendus et protégés&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>Le MEDEF entre un peu plus dans l’école : ce que prévoit la nouvelle convention avec l’Éducation nationale</title>
		<link>https://parce-que.fr/le-medef-entre-un-peu-plus-dans-lecole-ce-que-prevoit-la-nouvelle-convention-avec-leducation-nationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 16:56:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que plusieurs parlementaires, des syndicats enseignants, des familles endeuillées proposent de mettre fin au stage de seconde et de réformer celui de troisième, la convention signée le 14 avril entre le ministère de l’Éducation nationale et le MEDEF semble prendre la direction inverse. Conclu pour trois ans, ce partenariat entend renforcer les liens entre [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="552" src="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/07/image-2.png" alt="" class="wp-image-609" srcset="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/07/image-2.png 600w, https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/07/image-2-300x276.png 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors que plusieurs parlementaires, des syndicats enseignants, des familles endeuillées proposent de mettre fin au stage de seconde et de réformer celui de troisième, la convention signée le 14 avril entre le ministère de l’Éducation nationale et le MEDEF semble prendre la direction inverse. Conclu pour trois ans, ce partenariat entend renforcer les liens entre l’école et le monde économique afin de mieux articuler orientation, formation et besoins des entreprises.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’objectif affiché est de&nbsp;<em>« faire coïncider les attentes des jeunes générations avec celles du monde économique et les besoins en compétences au sein des territoires »</em>. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des politiques menées depuis les années 1980, marquées par un rapprochement croissant entre l’école et l’entreprise. Mais elle suscite de vives critiques à gauche et chez les syndicats, qui dénoncent une accentuation des inégalités sociales, des risques pour les élèves en stage et une orientation toujours plus utilitariste de la formation.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une convention qui renforce la place de l’entreprise dans la scolarité des élèves</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Cette nouvelle convention poursuit les efforts engagés en faveur du rapprochement école-entreprise de ces dernières années et doit permettre d’ancrer durablement ce lien dans les pratiques des entreprises et de la communauté éducative</em>&nbsp;». Pour SUD Éducation, la convention couvrant la période 2026-2029 va plus loin que les précédentes. L’organisation syndicale affirme ainsi que «&nbsp;<em>le ministère et le MEDEF collaborent pour faire coïncider les attentes des jeunes générations avec celles du monde socio-économique et les besoins en compétences au sein des territoires</em>&nbsp;». Plus loin, est précisé que «&nbsp;<em>ces connaissances, acquises notamment grâce aux immersions professionnelles, doivent permettre aux jeunes de mieux s’orienter</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour SUD Éducation,&nbsp;<a href="https://www.sudeducation.org/communiques/non-a-lingerence-du-medef-dans-leducation-nationale/">c’est une « ingérence » du patronat dans les politiques éducatives.</a>&nbsp;Et concrètement&nbsp;? Parmi les actions prévues figure notamment le fait que «&nbsp;<em>le ministère coopère avec le MEDEF sur les évolutions et les innovations relatives au format du stage de seconde pour permettre de faciliter l’accueil en entreprise à un maximum de jeunes</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si «&nbsp;<em>les liens entre le ministère de l’EN ne sont pas nouveaux puisqu’ils existent de longue date dans l’enseignement professionnel (depuis sa création), ils se sont développés dans l’ensemble du système éducatif via l’éducation à l’entreprenariat, dès l’école primaire&nbsp;»&nbsp;</em>explique la chercheure Fabienne Maillard au Café pédagogique.&nbsp;<em>« Par ailleurs le mentorat se développe en France depuis 2000. Cependant, c’est avec «&nbsp;le monde professionnel&nbsp;» que les actions ont le plus souvent été engagées, plutôt qu’avec le seul MEDEF. Par ailleurs, le parcours Avenir concerne tous les élèves du secondaire (site DGESCO), et des «&nbsp;actions de sensibilisation au monde économique&nbsp;» existent comme semaine Ecole-entreprise la Semaine de l’industrie depuis 2010, Semaine de l’économie sociale et solidaire depuis 2017</em>&nbsp;» précise-t-elle.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/07/Convention-Medef-Education-nationale-2.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Assignation à résidence&nbsp;sociale et spatiale&nbsp;? Une convention qui cible les jeunes des quartiers populaires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention prévoit également de cibler davantage les jeunes issus des milieux populaires, de développer les dispositifs d’accompagnement à l’orientation — notamment à travers la Semaine école-entreprise ou les Journées du patrimoine économique — et de promouvoir l’apprentissage.&nbsp;<a href="https://www.medef.com/actualites/convention-de-cooperation-entre-le-ministere-de-leducation-nationale-et-le-medef-1">Sur son site, le MEDEF</a>&nbsp;met en avant une action menée «&nbsp;<em>avec une attention forte à l’égard des publics vulnérables</em>&nbsp;» et encourage les entreprises à intégrer davantage les cités éducatives. Parmi les axes retenus figure également la volonté «&nbsp;<em>d’articuler un plan de luttes contre le décrochage scolaire en lien avec le monde économique</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le développement des immersions professionnelles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention réaffirme l’importance des stages d’observation dès le collège et le lycée. Son chapitre 1, article 1, vise à «&nbsp;<em>développer les stages d’immersion en 3e et en 2de</em>&nbsp;». Le texte rappelle que «&nbsp;<em>les choix d’orientation des élèves mais également leurs aspirations professionnelles sont encore trop souvent déterminées par leur environnement social, familial et territorial. La découverte des métiers qui débute dès le collège vise à répondre à cet enjeu majeur de justice sociale et de réduction des inégalités sociales et territoriales. La séquence d’observation obligatoire en classe de seconde générale et technologique y contribue pleinement, à la suite de celle effectuée au cours de la classe de 3e</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention insiste également sur la valorisation de la voie professionnelle. Selon le MEDEF, «&nbsp;<em>le Medef et le Ministère de l’Éducation nationale travaillent ensemble pour poursuivre la valorisation des formations des lycées professionnels. L’importance des périodes de formation en milieu professionnel dans les parcours des lycéens professionnels, le rôle des responsables des bureaux des entreprises et la mobilisation de professeurs associés intégrés dans les établissements pour y dispenser des formations professionnalisantes sont mis en avant auprès des membres du Medef&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes, du « Bureau du partenariat avec le monde professionnel », à la DGESCO depuis 1997, et des conventions signées avec une multitude d’entreprises et d’organisations patronales. Les dernières réformes engagées lors du dernier quinquennat, notamment avec la création des bureaux des entreprises dans les lycées professionnels et l’allongement des périodes de stage en terminale poursuivent et renforcent cette tendance.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/07/Convention-Medef-Education-nationale-3.png" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Former les enseignants, les tourner vers l’entreprise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention encourage également les immersions de personnels de l’Éducation nationale en entreprise ainsi que le développement de dispositifs tels que les « professeurs associés ». Parmi les mesures prévues figurent des stages d’immersion pour les enseignants, la promotion des actions menées avec le MEDEF dans les INSPE ou encore le dispositif «&nbsp;<em>Les boss invitent les profs</em>&nbsp;». Alors que la formation initiale et continue des enseignants fait l’objet de restrictions, les dispositifs de professionnalisation au contact des entreprises sont renforcés. En décembre 2025, une intersyndicale CGT Educ’action, FSU, Unsa Education et Sud Education dénonçait le choix de la Région Auvergne Rhônes Alpes de faire intervenir des fondations ou une branche de l’organisation patronale, l’UIMM Rhône Alpes dans les lycées pour la lutte pour l’égalité Filles-garçons plutôt que des associations de luttes pour l’égalité reconnues et agréées&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;</em><em>Le rectorat quant à lui se borne à mentionner l’existence d’un accord national entre éducation nationale</em><em>&nbsp;et MEDEF&nbsp;»&nbsp;</em>dénoncent les organisations syndicales<em>.&nbsp;</em>Poursuivant&nbsp;<em>&nbsp;«&nbsp;ce choix partisan de partenariat privilégié avec une organisation patronale</em><em>&nbsp;est en totale contradiction avec le principe de service public. Le MEDEF évoquera-t-il sa responsabilité dans les écarts de salaire (qui restent autour de 28 % à qualifications égales) et dans les temps partiels subis ou CDD qui touchent majoritairement les femmes, ou la prévalence des agressions sexistes et sexuelles dans de trop nombreuses entreprises, parfois dans une forme d’impunité que révèle régulièrement le contentieux prud’homal&nbsp;»&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une offre de formation adaptée aux besoins économiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le partenariat revendique explicitement une volonté d’accompagner l’insertion professionnelle des élèves. Le site du MEDEF souligne ainsi que «&nbsp;<em>la contribution aux travaux de transformation de la carte des formations et la proposition d’actions concrètes en matière de formation continue des professeurs font également partie des engagements partagés, en faveur d’une meilleure insertion des élèves</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention prévoit que «&nbsp;<em>les parties examinent, en particulier, l’articulation entre les diplômes de l’enseignement technologique et professionnel et les besoins de qualifications générés par les évolutions économiques, technologiques et organisationnelles du secteur ainsi que l’articulation entre les différentes certifications existant dans le secteur professionnel, au niveau national et au niveau européen</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1948 les organisations patronales sont associées à l’élaboration des diplômes professionnels. Mais la loi Avenir de 2018 a modifié leur gouvernance en supprimant certaines représentations, notamment celles des enseignants, et en renforçant le rôle du MEDEF, désormais chargé de désigner les représentants des entreprises. Plus qu’une innovation, la réforme consacre ainsi la prééminence du MEDEF dans un domaine auparavant partagé entre plusieurs acteurs, dans un contexte déjà encadré au niveau européen depuis 2008.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention accorde également au patronat un rôle dans certaines procédures d’évaluation. Le texte précise en effet que «&nbsp;<em>le MEDEF apporte son concours à l’évaluation des candidats aux diplômes de l’enseignement techno ou professionnel dans le cadre des formations en entreprises et peut être sollicité, le cas échéant, pour la participation aux commissions d’évaluation de certaines épreuves professionnelles ou aux jurys d’examens</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers une transformation de la carte des formations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La convention s’inscrit enfin dans une volonté plus large de rapprocher davantage l’offre de formation professionnelle afin de mieux l’adapter aux attentes du marché du travail et aux besoins économiques immédiats locaux et nationaux. Cette orientation prolonge des dynamiques déjà engagées, notamment depuis l’instruction interministérielle du 13 juillet 2023, qui a renforcé l’influence des acteurs économiques dans l’élaboration de la carte des formations et dans la révision des diplômes professionnels, via les commissions professionnelles consultatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conception de l’orientation qui dirige les élèves vers les débouchés économiques disponibles à un instant donné sur leur territoire, plutôt que de favoriser la construction de projets personnels émancipateurs, est critiquée par ceux qui dénoncent la logique court termiste et adéquationniste sans prendre en compte la durée de la formation d’un jeune comme les imprévus ou sa&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/26/double-peine-sociale-et-territoriale-pour-les-eleves-des-zones-rurales-populaires/">volonté de mobilité</a>. Cette logique ne risque-t-elle donc pas de restreindre les possibilités d’orientation des élèves, notamment en raison du manque d’aides à la mobilité, d’une offre de formation parfois limitée ou encore d’un accès contraint aux internats ? Elle pourrait ainsi accentuer le décrochage scolaire, en contradiction avec les objectifs pourtant affichés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question de la sécurité des stages</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le renouvellement de la convention intervient dans un contexte de remise en question des stages de troisième et de seconde&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/05/04/des-eleves-morts-en-stage-un-projet-educatif-conteste-et-alerte-sur-la-securite-des-stagiaires/">après plusieurs accidents mortels impliquant</a>&nbsp;des mineurs sur leur lieu de stage. Plusieurs organisations syndicales et formations politiques dénoncent une logique qui tend à intégrer toujours plus tôt les élèves dans le monde du travail. Le gouvernement a annoncé une mission visant à «&nbsp;<em>renforcer les conditions de sécurité&nbsp;</em>». Le ministre du Travail a rappelé que la prévention des accidents graves et mortels constituait une priorité, tandis que le ministre de l’Éducation nationale reconnaissait que «&nbsp;<em>des choses restent à régler</em>&nbsp;», tout en défendant le principe des stages. Cette dernière semaine, les députés&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/06/11/paul-vannier-a-lecole-la-finalite-pedagogique-doit-toujours-lemporter/">Paul Vannier</a>&nbsp;et Elsa faucillon ont déposé des propositions de loi pour mettre fin aux stages de mineurs et les protéger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une orientation contestée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques s’inscrivent dans une analyse plus large de l’évolution du système éducatif. Depuis les années 1980, la présence de l’entreprise dans les parcours scolaires n’a cessé de s’étendre : stages en lycée professionnel, séquences d’observation au collège puis stages obligatoires en classe de seconde. Cette dynamique s’est accélérée ces dernières années avec le développement de l’apprentissage et les réformes du lycée professionnel. Pour les organisations CGT, FSU et Solidaires, cette orientation repose sur un «&nbsp;<em>dogme de l’entreprise formatrice&nbsp;</em>». Elles contestent l’idée selon laquelle l’entreprise constituerait un espace naturellement émancipateur et sécurisé, mais cependant formateur, soulignant au contraire des conditions d’accueil parfois dégradées et un manque de formation des tuteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convention s’inscrit également dans une politique plus ancienne de promotion de «&nbsp;<em>l’esprit d’entreprendre</em>&nbsp;» au sein du système éducatif. Depuis plusieurs années, l’Éducation nationale développe des dispositifs destinés à familiariser les élèves avec le monde économique dès le plus jeune âge : interventions d’entrepreneurs dans les établissements, mini-entreprises, découverte des métiers ou encore multiplication des partenariats avec les organisations patronales. Dans les lycées professionnels, les bureaux des entreprises, généralisés depuis la réforme de la voie professionnelle, participent à ce rapprochement en facilitant les relations avec les employeurs locaux, à la charge des chefs de travaux, promus «&nbsp;directeurs délégués aux formations professionnelles et technologiques&nbsp;». Le bureau doit favoriser et ouvrir davantage l’école sur son environnement économique pour accompagner l’orientation des élèves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette évolution traduit cependant une diffusion croissante des valeurs entrepreneuriales dans l’institution scolaire comme si l’entreprise était l’horizon naturel de la scolarité et de l’insertion professionnelle, au risque d’éclipser d’autres horizons – associatifs, service public –&nbsp; et finalités de l’école telles que l’émancipation intellectuelle, la formation citoyenne ou la poursuite d’études. Cette approche nourrit les accusations récurrentes d’une orientation idéologique des politiques éducatives vers une adaptation toujours plus étroite aux besoins immédiats du monde économique. «&nbsp;<em>Mise en cause en pratique, la tentation adéquationniste a néanmoins pris beaucoup d’ampleur ces dernières années car elle justifie a priori une réforme après l’autre&nbsp;<strong>»</strong></em>&nbsp;juge Fabienne Maillard, pour&nbsp;<a href="https://carnetsrouges.fr/ladequation-formation-emploi-pour-repondre-aux-besoins-du-marche-du-travail-une-fiction-tres-instrumentalisee/">qui «&nbsp;<em>l’adéquation est une fiction très insrumentalisée&nbsp;</em>».</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations syndicales estiment également que cette évolution s’accompagne d’une réduction du temps scolaire et contribue à renforcer les inégalités sociales, certains élèves étant désormais envoyés en entreprise dès l’âge de 14 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/07/Convention-Medef-Education-nationale-1.png" alt=""/></figure>



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		<item>
		<title>2,33 € par copie : arnaque à la rémunération pour la correction des concours ?</title>
		<link>https://parce-que.fr/233-e-par-copie-arnaque-a-la-remuneration-pour-la-correction-des-concours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 15:50:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[Quel correcteur voudrait (re)corriger une copie de concours pour 2,33 euros par copie&#160;? Dans l’académie de Rennes, plusieurs correcteurs du « nouveau » CRPE niveau L3 dénoncent une rémunération divisée de fait par deux, voire trois, dans des conditions de travail jugées éprouvantes. Entre consignes tardives, charge de travail intense et sentiment de mépris, la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel correcteur voudrait (re)corriger une copie de concours pour 2,33 euros par copie&nbsp;? Dans l’académie de Rennes, plusieurs correcteurs du « nouveau » CRPE niveau L3 dénoncent une rémunération divisée de fait par deux, voire trois, dans des conditions de travail jugées éprouvantes. Entre consignes tardives, charge de travail intense et sentiment de mépris, la colère est bien là.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rémunérer la copie et non le correcteur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après trois jours pour corriger une soixantaine de copies voire près d’une centaine selon les disciplines, les correcteurs du CRPE niveau L3 ont reçu un mail du rectorat de Rennes. Ce mail précisait — tardivement — les conditions de rémunération, tout de même accompagné d’un mot de remerciement : «&nbsp;<em>Pour rappel, compte tenu de la nature de la deuxième épreuve d’admissibilité (3 domaines à traiter au choix parmi 4), et selon les directives du ministère, chaque domaine corrigé équivaut à 1/3 de copie. Ainsi, à titre d’exemple, si vous avez corrigé la production de 30 candidats, il conviendra de déclarer 10 copies dans Imag’in. Pour information, la rémunération de la correction d’une copie s’élève à 7 €</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, pour la deuxième épreuve d’admissibilité qui dure quatre heures, les candidats choisissent choisir trois disciplines parmi : sciences et technologie, histoire-géographie-enseignement moral et civique, arts ou langue vivante. Chaque copie regroupe ainsi trois matières, réparties sur de nombreuses pages — par exemple une partie d’anglais, une d’histoire puis une de sciences et technologie, ou encore un triptyque arts-histoire-anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, si le rectorat considère qu’il s’agit d’une seule copie, la réalité est différente : jusqu’à six correcteurs interviennent (deux par discipline). La rémunération de la correction d’une copie et non de chaque correcteur par copie, un joli tour de passe-passe&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3,5 euros… ou 2,3 euros par copie et non 7 euros par correcteur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ce message — et surtout avant la correction — aucune information n’avait été donnée sur la rémunération réelle.&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/03/10/crpe-l3-des-correcteurs-payes-moitie-moins-pour-le-meme-travail/">Les correcteurs ont donc corrigé une copie de concours et sont payés entre 2,5 et 3,5 euros</a>. Et tout ce travail, se fait&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/04/17/crpe-prevenus-la-veille-sommes-de-corriger-pendant-les-vacances-le-temoignage-dune-enseignante/">dans des délais très contraints, en parallèle de son travail et sur un temps de vacances</a>. Pour Julie*, le constat est sans appel : «&nbsp;<em>Pour 2 euros, je ne me serais jamais portée volontaire. Personnellement, je pensais que la rémunération était de 7 euros par copie&nbsp;»,&nbsp;</em>poursuivant : «&nbsp;<em>Nous avons chacun corrigé un peu moins de 100 copies en deux jours et demi, en travaillant de 7 h à 22 h 30 afin de respecter les délais.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque binôme devait corriger intégralement les copies, les annoter, rédiger une appréciation détaillée — pour l’écrit comme pour la compréhension orale — puis harmoniser les évaluations. À cela s’ajoutent environ 4 heures d’échanges téléphoniques, 26 heures de correction et 2 heures de réunion : au total, près de 32 heures de travail pour 210 euros. la correctrice est donc payée 2,333 euros par copie, pour un tarif horaire de 6,5 euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Double correction, charge complète… rémunération fractionnée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme pour toute copie de concours, chaque copie fait l’objet d’une double correction. Mais pour les correcteurs, cela ne signifie pas une division du travail.&nbsp; «&nbsp;<em>On a tous les deux corrigé les 61 copies. On s’est appelés régulièrement pour harmoniser nos notes</em>&nbsp;», explique un correcteur de mathématiques, qui estime avoir passé «&nbsp;<em>5 à 6 heures au téléphone à reprendre copie par copie</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la rémunération par correcteur a été divisée par deux ou trois, ce n’est pas le cas de la charge de travail. Certains correcteurs soulignent que la charge de travail était plus lourde que lors des sessions précédentes, malgré un temps d’épreuve réduit, et ce d’autant plus que le nombre de copies à corriger a augmenté. Précédemment, chaque copie était rémunérée intégralement. Beaucoup ne comprennent pas qu’une copie de concours soit aujourd’hui moins bien payée qu’une copie de baccalauréat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Économies budgétaires et sentiment de mépris</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les correcteurs, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large d’austérité pour les personnels éducatifs : gel du point d’indice, déclassement du métier enseignant, restrictions budgétaires, baisse des DHG avec des effets sur les conditions de travail et d’enseignement. Bref, pour eux, c’est une cure d’économie qui se fait une fois de plus, sur le dos des enseignants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un département, le constat est sans appel : «&nbsp;<em>Suite à ce mail, aucun de nous ne souhaite recommencer l’an prochain</em>. » Trouver des volontaires dans ces conditions s’annonce difficile. Une copie que l’institution devra peut-être revoir. D’autant que la version antérieure du concours (niveau bac+4) reste rémunérée 7 euros par copie, créant un sentiment d’inégalité entre correcteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup, la réforme du concours apparaît ainsi comme un moyen de réaliser des … économies à tous les étages. Mais à quel prix ? Le mépris et l’usure ne sont pas rentables. A long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>École hors contrat du réseau Excellence Ruralités : deux rapports d’inspection accablants pour un collège charentais</title>
		<link>https://parce-que.fr/ecole-hors-contrat-du-reseau-excellence-ruralites-deux-rapports-dinspection-accablants-pour-un-college-charentais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 15:46:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements, actualités]]></category>
		<category><![CDATA[hors contrat]]></category>
		<category><![CDATA[excellences ruralités]]></category>
		<category><![CDATA[rapport d inspection]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Café pédagogique a pu consulter deux rapports d’inspection réalisés en 2023 et 2025 au sein du Cours Aliénor d’Aquitaine, établissement hors contrat situé en Charente et affilié au réseau Excellence Ruralités. Les documents pointent de graves manquements pédagogiques, sanitaires et sécuritaires, ainsi qu’un fonctionnement jugé éloigné des principes de l’École de la République. Deux [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/05/rapportEsse-cadepeda-e1778393860752-300x158.png" alt="" class="wp-image-307270"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Café pédagogique a pu consulter deux rapports d’inspection réalisés en 2023 et 2025 au sein du Cours Aliénor d’Aquitaine, établissement hors contrat situé en Charente et affilié au réseau Excellence Ruralités. Les documents pointent de graves manquements pédagogiques, sanitaires et sécuritaires, ainsi qu’un fonctionnement jugé éloigné des principes de l’École de la République.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux inspections, les mêmes constats</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il derrière les grilles du Cours Aliénor d’Aquitaine, à Esse, en Charente ? Ouvert en 2022, cet établissement hors contrat accueille aujourd’hui 42 élèves et fait partie des trois écoles du réseau Excellence Ruralités, soutenu par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Café pédagogique</em>&nbsp;a pu consulter les deux rapports d’inspection réalisés en octobre 2023 puis en octobre 2025. Les deux documents dressent un constat sévère et quasi identique à deux ans d’écart. Les inspecteurs y relèvent des «&nbsp;<em>manquements importants relatifs au socle commun de connaissances, de compétences et de culture</em>&nbsp;», et des<em>&nbsp;«&nbsp;carences importantes dans la structuration et la mise en œuvre des enseignements&nbsp;»</em>. Les rapports pointent des défaillances sanitaires, sécuritaires et éducatives. Le premier rapport rappelle que 19 élèves ont moins de 16 ans et sont donc soumis à l’obligation d’instruction conforme au Code de l’éducation. Pourtant, les inspecteurs constatent que «&nbsp;<em>le directeur n’est pas en mesure d’expliquer la progression retenue par l’établissement pour l’acquisition des connaissances et compétences</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sécurité et hygiène : des « risques préoccupants »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports soulignent de nombreux problèmes matériels et sanitaires. En 2023 déjà, les inspecteurs évoquent «&nbsp;<em>une odeur nauséabonde</em>&nbsp;» dans les sanitaires, l’absence de traçabilité concernant l’entretien des locaux ou encore une grille extérieure rouillée. Aucun plan d’évacuation n’est affiché. L’établissement ne dispose pas de restauration scolaire : les élèves apportent leurs repas, sans dispositif de conservation adapté. En 2025, les inspecteurs notent toujours l’absence de réfrigérateur et alertent sur&nbsp;<em>« un</em>&nbsp;<em>risque d’intoxication alimentaire</em>&nbsp;» lié à la rupture de la chaîne du froid.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les toilettes, équipées de serviettes en tissu communes, présentent selon le rapport «&nbsp;<em>un risque de propagation de bactéries et de virus entre élèves</em>&nbsp;». Les inspecteurs relèvent également qu’aucun personnel n’est formé aux premiers secours ni à l’utilisation des extincteurs. L’accès à l’établissement et à la cour reste par ailleurs jugé insuffisamment sécurisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et des carences côté enseignement&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les critiques portent aussi largement sur les contenus enseignés. Les inspecteurs estiment que le socle commun n’est pas correctement transmis et dénoncent l’absence de véritable démarche scientifique, de travail sur l’esprit critique ou encore d’usage pédagogique du numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La démarche d’investigation n’est pas mobilisée</em>&nbsp;», écrivent-ils à propos des sciences. Aucun laboratoire ni matériel d’expérimentation n’est disponible. Le rapport de 2025 souligne également qu’«&nbsp;<em>aucune modalité de coopération ou de mobilisation des outils numériques</em>&nbsp;» n’est mise en œuvre. Les élèves disposent de trois ordinateurs sans connexion internet et ne bénéficient d’aucun accompagnement dans l’usage du numérique. Les productions écrites autonomes sont rares.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En histoire, un enseignement jugé idéologique et éloigné des exigences scientifiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement d’histoire-géographie est révélateur d’un projet éducatif et politique. « L’enseignement de l’histoire est <a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/06/comment-enseigner-lhistoire-dapres-lextreme-droite/">une vieille obsession « </a> de l’extrême droite. Dans le rapport de 2025, les inspecteurs de l’Education nationale décrivent une approche <em>« purement</em> <em>factuelle »</em>, fondée sur la mémorisation et dépourvue de réflexion critique ou de mise en perspective. « <em>Aucune problématisation</em>» ni « <em>réflexion conceptuelle</em> » ne seraient proposées aux élèves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les inspecteurs relèvent également plusieurs erreurs scientifiques dans les cours observés et les cahiers consultés. Le rapport cite notamment l’affirmation d’une « année zéro » dans le calendrier historique ou encore la présentation contestée du baptême de Clovis daté de 496 comme une certitude historique. Selon eux, ces choix pédagogiques empêchent les élèves de développer leur esprit critique et leur capacité de raisonnement. «&nbsp;<em>Les faits étudiés ne sont jamais mis en relation</em>&nbsp;», écrivent-ils, dénonçant un enseignement centré sur l’accumulation de connaissances sans analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports pointent également l’utilisation de manuels anciens et de ressources marquées idéologiquement. Les inspecteurs notent ainsi la présence et l’usage, dans plusieurs classes, de l’ouvrage de Dimitri Casali&nbsp;<em>Notre Histoire : ce que nos enfants devraient apprendre à l’école</em>, décrit comme&nbsp;<em>« en réaction contre les programmes d’enseignement définis par l’Éducation nationale »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une éducation à la vie affective et à la sexualité quasi absente</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les inspecteurs s’inquiètent aussi du traitement des questions liées à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. En 2025, ils constatent qu’« <em>aucune question autour de la vie affective, de la sexualité ou de l’éducation à la santé n’est abordée dans l’établissement</em> ». Si le directeur évoque un futur partenariat avec l’association LIFT pour intervenir sur ces sujets, les inspecteurs soulignent que « <em>le financement de cette structure suscite des interrogations sur une possible influence idéologique »</em>. Ils signalent aussi des interrogations <em>« sur la fiabilité et l’indépendance des contenus éducatifs »</em>. <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/031025/un-organisme-d-education-la-sexualite-finance-par-sterin-place-ses-pions-l-ecole-publique">Cette association,</a> qui a fait l’objet d’une enquête Mediapart, comme le réseau d’écoles hors contrat Excellences ruralités, est financée par le milliardaire Stérin, au service du projet d’extrême droite Péricles. Le milliardaire ultra-conservateur défend une politique nataliste chrétienne de souche européenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà en 2023, le rapport mentionnait l’existence d’un atelier hebdomadaire baptisé « Teentime », présenté comme un moment de discussion sur les addictions, la pornographie ou les émotions. Ces séances étaient organisées avec l’association « Com’ je t’aime », au sujet de laquelle les inspecteurs indiquaient émettre «&nbsp;<em>de profondes réserves sur la fiabilité des apports en éducation à la sexualité&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports soulignent également l’absence d’enseignement moral et civique (EMC) dans les emplois du temps observés, ainsi que l’absence d’éducation aux médias et à l’information (EMI). Pour les inspecteurs, ces lacunes compromettent la formation des élèves à l’esprit critique, à la compréhension du débat démocratique et au respect de l’égalité entre les filles et les garçons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vision idéologique de l’école, non-mixité et « délégation de l’autorité parentale »&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La délégation d’inspection s’inquiète également du fonctionnement éducatif de l’établissement. Les activités collectives sont organisées en équipes non mixtes, chargées notamment du rangement et du ménage. Chaque groupe porte le nom d’un personnage masculin pour les garçons et féminin pour les filles. Le rapport évoque «&nbsp;<em>un fonctionnement interrogeant le rôle et les droits des familles</em>&nbsp;» et estime que «&nbsp;<em>l’équipe pédagogique agit en délégataire de l’autorité parentale</em>&nbsp;», alors même que cette délégation est strictement encadrée juridiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports mettent aussi en lumière certaines pratiques symboliques. La semaine débute par une levée des couleurs durant laquelle les élèves récitent : «&nbsp;<em>Nous levons ces couleurs en mémoire de ceux qui nous les ont transmises, de ceux qui sont morts pour que nous restions français…</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des préconisations restées sans effet</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À deux ans d’intervalle, les inspecteurs formulent les mêmes recommandations : renforcer l’enseignement du socle commun, développer l’esprit critique, mettre en place une véritable démarche scientifique, améliorer le suivi des absences ou encore sécuriser les locaux. Mais en 2025, les manquements constatés restent largement identiques, voire aggravés selon plusieurs passages du rapport.&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/05/11/le-se-unsa-alerte-sur-les-defaillances-du-college-finance-par-le-milliardaire-sterin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour le SE-Unsa qui a sonné l’alerte sur cette école,</a>&nbsp;cette situation interroge directement l’efficacité du contrôle des établissements hors contrat. Le syndicat demande désormais la fermeture de l’établissement et une évolution de la loi afin de permettre des sanctions plus rapides en cas de risques pour les élèves. L’alerte sur l’entrisme de l’extrême droite dans l’Ecole est donnée et documentée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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