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	<title>Mobilisations, évènements &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>Mobilisations, évènements &#8211; Parce que !</title>
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		<title>Manifestations : « Le Ministère brutalise une nouvelle fois l’école publique déjà fragilisée »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 17:12:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<category><![CDATA[grève]]></category>
		<category><![CDATA[education]]></category>
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					<description><![CDATA[La colère est immense à Paris et ailleurs en France en ce jour de mobilisation. Avec les 172 fermetures de classes prévues à la rentrée 2026, ce sont près de 700 postes supprimés en quatre ans dans l’académie de Paris. Devant le rectorat, familles, enseignant·es et élu·es de gauche dénoncent ce mardi 31 mars 2026 [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="450" src="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/04/Manifestations-Paris-2-600x450.jpg.webp" alt="" class="wp-image-549" srcset="https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/04/Manifestations-Paris-2-600x450.jpg.webp 600w, https://parce-que.fr/wp-content/uploads/2026/04/Manifestations-Paris-2-600x450.jpg-300x225.webp 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p><strong>La colère est immense à Paris et ailleurs en France en ce jour de mobilisation. Avec les 172 fermetures de classes prévues à la rentrée 2026, ce sont près de 700 postes supprimés en quatre ans dans l’académie de Paris. Devant le rectorat, familles, enseignant·es et élu·es de gauche dénoncent ce mardi 31 mars 2026 une nouvelle saignée et dégradation de l’école publique. Entre manque de remplaçant·es, baisse et manque de moyens, particulièrement sensible en éducation prioritaire, la colère et l’inquiétude ne retombent pas. Le ministère annonce moins de 10% de participation contre 25 à 30% côté syndical.</strong></p>
</div>



<p><strong>Une mobilisation massive et déterminée</strong></p>



<p>Il y a comme&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/11/mobilisation-contre-les-fermetures-de-classes-devant-le-rectorat-de-paris/">un sentiment de jour sans fin devant le rectorat de Paris</a>&nbsp;ce mardi 31 mars. Familles, professeur·es et élu·es parisien·nes de gauche et écologistes se sont rassemblé·es en nombre. Beaucoup expriment une colère profonde, mêlée à une détermination intacte. «&nbsp;<em>Le ministère brutalise une nouvelle fois l’école publique déjà fragilisée</em>&nbsp;», résumait le syndicat majoritaire du Premier degré le Snuipp-FSU 75 à la veille de la journée de manifestation nationale.</p>



<p><strong>Des centaines de postes et de classes supprimées</strong></p>



<p>En quatre ans, près de 700 postes ont été supprimés à Paris. Pour la rentrée 2026, 172 classes doivent fermer, après 176 en 2025. Le SNUipp-FSU 75 conteste ces choix : «&nbsp;<em>La baisse démographique à Paris, comme sur l’ensemble du territoire, devrait permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, en garantissant des effectifs raisonnables et en créant les postes nécessaires de remplaçant·es, d’enseignant·es spécialisé·es et de formateur·rices</em>. »</p>



<p>Des parents du 20e arrondissement alertent : «&nbsp;<em>Il y a encore une fermeture de classe à la rentrée. Nous sommes en REP, nous avons besoin de tous les professeurs. Nous manquons déjà d’AESH.</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>Jusqu’à 200 classes sans&nbsp;</strong><strong>remplaçant·es chaque jour</strong></p>



<p>Le manque de remplaçant·es est au cœur de la mobilisation. «&nbsp;<em>La situation est catastrophique</em>&nbsp;», affirme Virginie, professeure des écoles. Selon le SNUipp-FSU, depuis février, les absences de courte durée ne sont plus remplacées, tandis que les absences longues le sont « de manière chaotique », comme dans une classe de CM1 à l’école du 16 de la rue Tandou dans le 19<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement. Depuis les vacances d’hiver, jusqu’à 200 classes par jour se retrouvent sans enseignant·e. Claire Benaïm, de la FCPE du 20e arrondissement, souligne : «&nbsp;<em>Il y a encore 24 fermetures, souvent dans des écoles en REP avec des indices sociaux très bas. C’est enthousiasmant de voir autant de monde, mais aussi désarmant : chaque école défend ses moyens. Sauver une classe dans une école, c’est malheureusement en fragiliser une autre</em>. »</p>



<p><strong>Moins de moyens pour les élèves les plus fragiles</strong></p>



<p>Faute de postes, les dispositifs d’aide (RASED, ULIS, UPE2A) et les postes d’AESH ne sont pas créés en nombre suffisant, malgré des besoins importants. Les manifestant·es dénoncent&nbsp;<em>« une logique comptable qui ignore les besoins réels »</em>, notamment dans les quartiers populaires.</p>



<p>Certains parents évoquent aussi les conséquences d’une fusion d’écoles dans le 20<sup>e</sup>arrondissement rue des Pyrénées : «&nbsp;<em>Nous avons désormais des groupes scolaires de plus de 300 élèves, et cela ne fonctionne pas. La colère reste</em>. »</p>



<p>Professeur·es et familles expriment un profond sentiment de mépris. Sur les pancartes, les messages sont sans équivoque : «&nbsp;<em>Nos enfants valent plus que vos économies</em>&nbsp;», « Classes supprimées, avenirs sacrifiés » ou encore «&nbsp;<em>Non aux classes surchargées, respectons nos enfants&nbsp;</em>».</p>



<p><strong>« Ne pas se battre école contre école »</strong></p>



<p>La maire écologiste du 12 arrondissement Lucie Castets&nbsp;insiste sur la nécessité d’une vision d’ensemble : «&nbsp;<em>On ne devrait pas se battre école contre école. Il faut garantir des moyens suffisants partout,&nbsp;</em><em>pour toute la France, pas que Paris, pas que tel arrondissement, pas que telle école</em><em>. La baisse démographique doit être une opportunité pour améliorer l’encadrement et faire de l’école publique un levier de réduction des inégalités</em>. »</p>



<p><strong>«&nbsp;Tant qu’on ne tournera pas la page du macronisme, on aura des fermetures de classe et un privé qui se frottera les mains&nbsp;tout en bénéficiant de l’argent public&nbsp;»</strong></p>



<p>Une enseignante interroge également les choix budgétaires : «&nbsp;<em>On ferme des classes dans le public, mais qu’en est-il du privé ? Combien d’argent public lui est accordé ?</em>&nbsp;»</p>



<p>Pour la députée insoumise Sarah Legrain,&nbsp;<em>« le sujet, ce n’est pas le rectorat mais les gouvernements macronistes qui enchainent des budgets d’austérité année après année. Tant qu’on ne tournera pas la page du macronisme, on aura des fermetures de classe et un privé qui se frottera les mains tout en bénéficiant de l’argent public ».</em></p>



<p>De nombreuses pancartes dénoncent la place grandissante de l’enseignement privé, révélant une&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2024/02/09/julien-grenet-lecole-publique-a-t-elle-encore-un-avenir-a-paris/">inquiétude croissante pour l’avenir de l’école publique à Paris</a>. Les manifestant·es redoutent l’évolution en cours qui accentue encore les logiques de ségrégation scolaire.</p>



<p><strong>Une colère qui ne retombe pas</strong></p>



<p>Dans le cortège, de nombreux parents et enseignant·es, notamment des 18e, 19e et 20e arrondissements, ont fait le déplacement. Entre pancartes, écharpes d’élu·es et délégations d’écoles, tous dénoncent une nouvelle vague de suppressions de postes. Accrochée aux grilles du rectorat, une banderole résume avec humour l’exaspération générale et les craintes des conditions d’enseignement : «&nbsp;<em>En classe comme un poisson dans l’eau, pas comme des sardines en boîte ».</em></p>



<p>Année après année, la même mobilisation — et la même inquiétude pour l’avenir de l’école publique. Et la capitale n’est pas une exception.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié le 31 mars 2026 dans Le Café pédagogique</a></div>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CzTqjXenwk"><a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/11/mobilisation-contre-les-fermetures-de-classes-devant-le-rectorat-de-paris/">Mobilisation contre les fermetures de classes devant le rectorat de Paris</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mobilisation contre les fermetures de classes devant le rectorat de Paris » &#8212; Le Café pédagogique" src="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/11/mobilisation-contre-les-fermetures-de-classes-devant-le-rectorat-de-paris/embed/#?secret=QQnwABqAqS#?secret=CzTqjXenwk" data-secret="CzTqjXenwk" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iOUSaoso0Z"><a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/02/12/paris-lecole-publique-en-etat-dalerte/">Paris : l’école publique en état d’alerte</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Paris : l’école publique en état d’alerte » &#8212; Le Café pédagogique" src="https://www.cafepedagogique.net/2025/02/12/paris-lecole-publique-en-etat-dalerte/embed/#?secret=UbGHfHXRey#?secret=iOUSaoso0Z" data-secret="iOUSaoso0Z" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Management toxique et professeurs mutés : unité et résistance du 93</title>
		<link>https://parce-que.fr/management-toxique-et-professeurs-mutes-unite-et-resistance-du-93/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:07:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;Ce qui se joue ici, c’est la survie d’un service public qui respecte ses agents et ses principes&#160;».&#160;Jeudi&#160;22 mai 2025, le 93 était mobilisé contre le management toxique en soutien aux&#160;professeurs mutés d’office&#160;à la veille des vacances de printemps.&#160;À Noisy-le-Grand comme à Pantin, la communauté éducative s’est mobilisée contre la brutalité administrative et le management [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«&nbsp;Ce qui se joue ici, c’est la survie d’un service public qui respecte ses agents et ses principes</em></strong><strong>&nbsp;».</strong>&nbsp;<strong>Jeudi</strong><strong>&nbsp;22 mai 2025, le 93 était mobilisé contre le management toxique en soutien aux&nbsp;</strong><a href="https://cafepedagogique.net/2025/05/12/5-profs-mutes-doffice-dans-lacademie-de-creteil/"><strong>professeurs mutés d’office</strong></a><strong>&nbsp;à la veille des vacances de printemps.&nbsp;</strong><strong>À Noisy-le-Grand comme à Pantin, la communauté éducative s’est mobilisée contre la brutalité administrative et le management toxique imposés à plusieurs enseignants.&nbsp;Cinq professeurs ont été mutés d’office «&nbsp;dans l’intérêt du service&nbsp;», sans entretien préalable, sans contradictoire, sans défense possible. Un traitement expéditif qui soulève colère, sidération et solidarité. Sur le terrain, enseignants, parents d’élèves, élèves, syndicats et élus dénoncent une dérive autoritaire qui menace non seulement les individus mais toute l’institution scolaire.</strong></p>



<p><strong>Pressions, impunité, souffrance des personnels</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Le rectorat se couvre de honte&nbsp;avec ces mutations dans l’intérêt du service qui ont du mal à déguiser une sanction extrêmement brutale</em>&nbsp;» déclare Louise Paternoster, la co-secrétaire de la CGT Educ 93. Elle dénonce l’idéologie du ministère depuis 2017 :&nbsp;<em>«&nbsp;hiérarchie sourde autoritaire et réactionnaire, manque de moyens, mise en souffrance des personnels, mise en cause du statut&nbsp;</em>».&nbsp;Les organisations syndicales (CGT, CNT, FSU, SUD) apportent leur soutien aux professeurs mutés et exigent l’annulation de la mutation d’office. Les cinq enseignants concernés sont aujourd’hui en arrêt maladie, et dans un des collèges concernés,&nbsp;deux professeurs ne sont pas remplacés.</p>



<p>Présent sur place le matin devant le collège François Mitterrand de Noisy-le-Grand, puis l’après-midi au rassemblement de Bobigny,&nbsp;le député Thomas Portes (LFI)&nbsp;a dénoncé l’absurdité de la situation : «&nbsp;<em>Dans une académie où les professeurs manquent cruellement, le rectorat préfère organiser des mutations d’office plutôt que de répondre aux besoins des élèves.</em>&nbsp;» Il a aussi mis en lumière le&nbsp;climat de pression exercé non seulement sur les enseignants, mais aussi sur les élèves eux-mêmes. Ces derniers, ayant lancé une pétition de soutien à leurs professeurs, ont été&nbsp;convoqués par la direction&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est une méthode scandaleuse, on cherche à faire taire tout le monde, même les élèves. C’est inadmissible</em>. »</p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/05/Management-toxique-et-professeurs-mutes-unite-et-resistance-du-93-1-300x225.jpg" alt="" class="wp-image-292598"/></figure>



<p><strong>Des familles solidaires, des élèves abandonnés</strong></p>



<p>Du côté des parents d’élèves, la colère est également grande. La&nbsp;FCPE du collège en éducation prioritaire Jean Lolive de Pantin&nbsp;rappelle qu’aucune tension particulière n’avait été remarquée ces deux dernières années, et que même l’administration avait reconnu le&nbsp;professionnalisme des enseignants aujourd’hui mutés. «&nbsp;<em>Nos enfants n’ont plus de cours de français ni d’anglais, à la pire période de l’année, et aucune solution n’est proposée. On parle vaguement de remplaçants, mais tout le monde sait qu’ils ne viendront pas</em>&nbsp;» regrettent-ils.</p>



<p>Les parents s’inquiètent surtout de l’impact psychologique de cette brutalité sur les élèves, à qui l’on retire soudainement leurs professeurs sans explication. Anne, une professeure du collège glisse à ce propos : «&nbsp;<em>Alors, vraiment, le motif « dans l’intérêt du service » est d’une hypocrisie sans nom&nbsp;</em>!&nbsp;» Elle poursuit&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;L’Éducation nationale, de par la gestion menée par le rectorat, me semble de plus en plus éloignée de l’intérêt des élèves. Je partage complètement le ressenti des parents d’élèves de mon collège : mes élèves sont méprisés. On les prive de professeurs très investis dans leur mission et très compétents dans leur métier simplement parce que des décisionnaires ne font pas leur travail de gestion des ressources humaines</em>.&nbsp;»</p>



<p><strong>« Stop à la violence managériale dans l’Éducation nationale »</strong></p>



<p>Sur les pancartes brandies par les professeurs mobilisés, les slogans sont clairs :<em>&nbsp;«&nbsp;</em>Stop à la violence managériale dans l’Éducation nationale » , « Chef toxique, profs en panique », « Vérité falsifiée » , « 1 prof muté + 1 prof non remplacé » « On instruit, ils détruisent », « Mutations déguisées, répression camouflée ». La colère est palpable, nourrie par l’injustice et la volonté de ne pas céder à la peur et aux pressions. «&nbsp;<em>Ça nous révolte, on continue</em>&nbsp;», déclarent des collègues et amis des professeurs mutés. «&nbsp;<em>On ne peut pas laisser passer ça, c’est grave, et dans le contexte politique actuel, c’est encore plus inquiétant</em>&nbsp;» dit Emma. Les professeurs dénoncent deux cas emblématiques de répression déguisée : deux établissements où l’institution a laissé la situation se dégrader, puis a choisi de frapper les lanceurs d’alerte aveuglément au lieu d’agir contre les dérives.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/05/Management-toxique-et-professeurs-mutes-unite-et-resistance-du-93-3-225x300.jpg" alt="" class="wp-image-292597"/></figure>



<p><strong>Une attaque contre la démocratie sociale</strong></p>



<p>Pour&nbsp;Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, il s’agit clairement d’une offensive contre l’activité syndicale : «&nbsp;<em>Ce sont des représentants syndicaux qui sont visés. Ce qui pose problème, c’est leur engagement, leur travail de terrain, leur défense des droits</em>. » Elle alerte sur la dérive administrative enclenchée depuis la réforme de 2019 : «&nbsp;<em>Ces mutations dans “l’intérêt du service” ont été pensées pour affaiblir les statuts des fonctionnaires. Elles permettent à l’institution de sanctionner sans procédure équitable, sans contradictoire, en écartant les organisations syndicales du processus. C’est une stratégie pour agir en toute impunité</em>. » Elle poursuit&nbsp;: «&nbsp;<em>Ce n’est pas un hasard si ce sont des syndiqués qui sont visés. Parce que nous faisons valoir des droits, parce que nous interpellons le ministère, les rectorats, les chefs d’établissement. Ce que l’on nous reproche, c’est de vouloir faire respecter les règles</em>. »</p>



<p><strong>Deux établissements, même injustice&nbsp;: peur, colère et souffrance au rendez-vous</strong></p>



<p>Au collège François Mitterrand de Noisy-le-Grand, deux professeurs syndiqués ont été mutés d’office «&nbsp;dans l’intérêt du service&nbsp;» après trois années de lutte contre un management autoritaire. L’enquête administrative, menée sans contradiction, est jugée partiale et à charge pour les lanceurs d’alerte.</p>



<p>Au collège Jean Lolive de Pantin, malgré onze alertes signalant un conflit entre collègues, aucune médiation n’a été organisée. Trois enseignants sont mutés d’office, deux d’entre eux sont syndiqués. Le sujet est clivant. Anne est une des collègues, elle qualifie de «&nbsp;graves&nbsp;» les accusations portées. Comme d’autres, elle souligne que la mutation d’office – qui n’est pas, officiellement, une sanction disciplinaire- bafoue le principe fondamental de se défendre. Elle relève que «&nbsp;<em>cette décision montre aussi que maintenir des enseignants reconnus très compétents en poste dans un collège REP+ n’a aucune importance pour le rectorat</em>.&nbsp;»</p>



<p>Elle témoigne des sentiments mêlés de peur, de colère&nbsp;et de souffrance : «&nbsp;<em>Nous sommes très nombreux et nombreuses à ressentir une vive colère face à l’injustice de cette décision. Nous avons aussi très peur pour la suite de nos carrières. En ce qui me concerne, pour la première fois, j’ai du mal à aller travailler. Il m’est aussi très difficile d’aller travailler alors que des collègues font face à une situation d’une telle injustice. C’est devenu très compliqué de rester pleinement concentrée sur mon enseignement.&nbsp;»</em></p>



<p>Djéhanne Gani</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2025/05/23/management-toxique-et-professeurs-mutes-unite-et-resistance-du-93/">Article publié dans Le Café pédagogique, 23/05/25</a></div>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Pauvreté et déterminisme scolaire : qui en parle ?</title>
		<link>https://parce-que.fr/pauvrete-et-determinisme-scolaire-qui-en-parle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 19:23:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
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					<description><![CDATA[Quels sont les effets de la pauvreté dans les apprentissages des enfants et leur relation à l’école et comment mieux lutter contre les discriminations ?&#160; Les chiffres des inégalités sont frappants : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés. ATD Quart Monde a rendu [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Quels sont les effets de la pauvreté dans les apprentissages des enfants et leur relation à l’école et comment mieux lutter contre les discriminations ?&nbsp; Les chiffres des inégalités sont frappants : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés. ATD Quart Monde a rendu compte d’un travail de 6 ans sur la pauvreté lors d’une riche journée à l’Académie des sciences samedi 24 janvier.</strong></p>



<p><strong>Des militant.es, des enseignant.es, des chercheur.es et deux ancien.nes ministres socialistes de l’Education nationale, Vincent Peillon et Najat Vallaud Belkacem, et leur ancien Dgesco Jean-Paul Delahaye, étaient réunis. Une image forte et un message politique : la pauvreté non seulement affichée mais invitée là où elle est habituellement absente. Et c’est une histoire de système et non d’individus.&nbsp;</strong></p>



<p><strong>La science et l’école face à la pauvreté&nbsp;</strong></p>



<p><strong>«&nbsp;</strong><em>L’histoire de l’école, c’est comme l’histoire des guerres, elle n’est jamais racontée que par les seuls vainqueurs. D’où la difficulté à réformer ensuite l’école dans le sens d’un meilleur accompagnement des fragilités&nbsp;</em>» commence l’ancienne ministre Najat Vallaud Belkacem, rappelant en creux le rôle du système éducatif élitiste dans la reproduction des inégalités.</p>



<p><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B-300x164.png" alt="" width="300" height="164" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B-300x164.png 300w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B-1024x560.png 1024w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B-768x420.png 768w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B-600x328.png 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Najat-V-B.png 1436w">«&nbsp;<em>La science a longtemps été l’affaire des puissants</em>&nbsp;» et des hommes introduit d’emblée Yann Wimard, invitant l’assemblée – très féminine – à observer les sculptures de la salle majestueuses, des sculptures de « grands » hommes. Pour le mathématicien et membre de l’Académie des sciences, les sciences sont souvent présentées comme une promesse de progrès, capables de réduire la pauvreté, d’améliorer la santé ou d’augmenter les rendements agricoles. Mais il invite à une lecture lucide de l’histoire et du présent. La science a longtemps été l’affaire des puissants et a parfois contribué à creuser les écarts sociaux, en accompagnant ou en légitimant certaines formes de domination.</p>



<p>Produire des savoirs suppose du temps, des ressources, des réseaux, de la reconnaissance et de la confiance. Or ces éléments font précisément défaut aux personnes en situation de grande pauvreté. Alors que la recherche est de plus en plus compétitive, la science demeure socialement sélective. Yann Wimard pose alors une question centrale : peut-on faire de la science autrement ? Une science moins centrée sur la compétition individuelle et davantage sur le partage, capable de prendre le temps et d’accepter de se laisser interroger par celles et ceux qu’elle exclut. La science ne peut ignorer la pauvreté. Et cela interroge nécessairement l’école. Et la politique éducative menée.</p>



<p><strong>Reconnaître la dignité des savoirs transmis</strong></p>



<p>L’astrophysicien Pierre Léna interroge également les sciences et le système éducatif, citant la fable de La Fontaine «&nbsp;Le laboureur et ses enfants&nbsp;». «&nbsp;<em>Gardez-vous de vendre l’héritage de vos parents. Un trésor est caché dedans.</em>&nbsp;» et ce trésor, ce n’est pas l’argent – «&nbsp;<em>d’argent, il n’en avait point&nbsp;</em>», mais le travail, les savoirs transmis et le courage. L’école dont il rêve serait capable de faire une place à cette diversité, en reconnaissant les savoirs académiques et les «&nbsp;<em>les savoirs empiriques</em>&nbsp;».</p>



<p><strong>Une recherche co-construite avec les premiers concernés</strong></p>



<p><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Peillon-300x176.png" alt="" width="300" height="176" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Peillon-300x176.png 300w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Peillon-768x451.png 768w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Peillon-600x353.png 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Peillon.png 946w">«&nbsp;<em>Il faut impérativement associer les milieux populaires à cette réflexion car ils sont les mieux placés pour parler des difficultés rencontrées par leurs enfants</em>&nbsp;» déclare l’expert de cette question de la pauvreté et du système éducatif Jean-Paul Delahaye. L’ancien numéro 2 du ministère de l’éducation, auteur d’un rapport sur la pauvreté et la réussite scolaire en 2015, de l’essai&nbsp;<em>L’école n’est pas faite pour les pauvres&nbsp;</em>et du roman&nbsp;<em>Frapper les pauvres</em>&nbsp;(2026) poursuit&nbsp;:&nbsp;<em>« Je&nbsp;suis convaincu que rien de solide ne se fera dans la lutte contre les inégalités à l’école si les milieux populaires ne parviennent pas à peser sur les politiques publiques d’éducation, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui »</em>.</p>



<p>Pour Marie-Aleth Grard aussi, présidente honoraire d’ATD Quart Monde, il est impossible de penser l’école sans celles et ceux qui vivent la grande pauvreté. Pendant six ans, enseignants, chercheurs et militants Quart Monde ont travaillé ensemble dans une démarche de recherche-action participative, qui reconnaît les personnes concernées comme co-chercheuses. Ce travail a abouti en 2022 à la publication de l’ouvrage&nbsp;<em>Égalité, dignité des invisibles</em>. Les récits d’exclusion y sont nombreux : parents démunis face aux injustices scolaires, enfants peu écoutés, découragés&nbsp;: dans les milieux pauvres, les parents manquent souvent des moyens et des codes nécessaires pour lutter contre les inégalités scolaires. L’écoute, la confiance et l’encouragement apparaissent alors comme des leviers essentiels, tout comme une connaissance plus sensible, qui ne se limite pas à l’intellectuel.</p>



<p><strong>Retisser le lien entre l’école et les familles</strong></p>



<p>La coéducation apparaît comme un enjeu central. Pour Catherine Hurtig-Delattre, accompagnatrice au CIPES, une coéducation active, lucide et volontaire suppose des actions construites et l’acceptation des obstacles. Pascale Mermet-Lavy, psychologue et membre de l’AGSAS, insiste sur la dimension humaine de la relation éducative&nbsp;: reconnaître la parole de chacun, sans jugement, dans une logique d’égalité et d’empathie, permet d’améliorer le climat scolaire. Les séances d’analyse de pratiques offrent un espace pour exprimer son ressenti, comprendre les logiques à l’œuvre et changer de regard sur les situations rencontrées.</p>



<p><strong>Valoriser les savoirs des familles</strong></p>



<p><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete-300x214.png" alt="" width="300" height="214" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete-300x214.png 300w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete-1024x730.png 1024w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete-768x547.png 768w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete-600x428.png 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/ecole-pauvrete.png 1476w">Les enseignantes témoignent d’un changement de regard avec ce projet. Des outils simples existent, rappellent-elles et ça marche&nbsp;! Applications de traduction, cafés des parents, temps partagés, la pédagogie Freinet, le «&nbsp;quoi de neuf&nbsp;» à l’école. Lorsque les familles sont impliquées, les enfants en sont fiers.</p>



<p>Plusieurs actions concrètes sont présentées pour reconnaître les savoirs des familles. Il s’agit notamment d’affirmer que les enfants arrivent à l’école avec des connaissances déjà acquises, de mettre en place des démarches collaboratives comme le « marché des connaissances » ou encore de recenser les langues parlées dans les familles. Il ne s’agit plus de parler de barrière de la langue, mais de richesse plurilingue. La question des devoirs à la maison est également vivement critiquée. Pour de nombreuses familles, ils constituent une source de découragement, de honte et de conflits, en particulier lorsque la langue n’est pas maîtrisée ou que les conditions de logement sont précaires.</p>



<p><strong>L’Ecole face aux inégalités</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>En France l’école ne corrige pas les inégalités sociales&nbsp;? or quand l’école exclut les enfants les plus pauvres, ne leur permet pas de réussir, c’est le pacte républicain qui est en danger. Il y a bien là un enjeu démocratique&nbsp;»,&nbsp;</em>c’est le constat et l’analyse de Marie-Aleth Grard. Les chiffres des inégalités sont frappants : 72,1 % des élèves en SEGPA et 80 % des élèves en ULIS sont issus de milieux défavorisés. Le directeur de recherche LaPsyDE Grégoire Borst rappelle que les inégalités apparaissent très tôt, dès la maternelle, notamment en langage et en mathématiques. Il faut donc former les enseignants aux inégalités.</p>



<p>Le stress chronique, plus fréquent dans les milieux populaires, affecte la mémoire, la régulation émotionnelle et les apprentissages. Il appelle à repenser l’évaluation, trop souvent source d’anxiété, et à développer les compétences psychosociales fin d’aider tous les enfants à mieux gérer le stress. La formation a été identifiée comme un manque :&nbsp;<em>« il faut professionnaliser la question de la relation aux familles »</em>&nbsp;dans&nbsp;<em>« une parité d’estime »</em>&nbsp;juge Catherine Hurtig Delattre, en externe comme en interne à l’école avec les différents métiers.</p>



<p><strong>Former à la fraternité, à l’égalité</strong></p>



<p>Lors des échanges, des militant.es d’ATD Quart Monde prennent la parole : «&nbsp;<em>Je ne suis pas là pour faire des confidences, mais pour faire avancer la recherche</em>. » dit l’une des participant·es qui insiste sur l’importance d’un cadre sécurisant : on peut parler sans être obligé de raconter sa propre histoire. Émilie Izla évoque la nécessité de «&nbsp;<em>casser les jugements et les idées toutes faites</em>&nbsp;», d’informer mais surtout d’écouter. «&nbsp;<em>Une maîtresse qui sourit, ça change tout</em>. » Franck Lenfant, lui, insiste sur la nécessité de donner envie et de donner confiance, sans préjugés ni a priori.</p>



<p>Tous et toutes dénoncent le mépris mais surtout la méconnaissance dont les familles pauvres sont victimes.&nbsp; Ces propos sont corroborés par les enseignantes des écoles impliquées dans le projet. Elles confient avoir appris et compris la situation de leurs élèves au contact des militants d’ATD et des chercheurs.</p>



<p><strong>Exclusion scolaire : une violence silencieuse</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Faire la paix avec l’école</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>ne plus avoir peur&nbsp;de l’école&nbsp;</em>» sont les mots et vœux de Franck Lenfant, et de nombreux parents, militants d’ATD Quart Monde, qui parlent du&nbsp;<em>« gouffre »</em>&nbsp;entre l’école et les familles pauvres dont les professeurs ne peuvent pas avoir conscience. Des paroles d’enfants évoquant la pauvreté comme un fardeau ont résonné avec force.</p>



<p>Les chiffres sont alarmants : plus de deux millions d’enfants vivent dans la précarité en France, et une grande partie d’entre eux ne se sentent pas bien à l’école. Face à ce constat, l’académicienne Laure Saint Raymond appelle à partir de ce que les enfants sont et savent, plutôt que de leurs manques. Elle souligne l’importance de laisser du temps aux apprentissages et de former les enseignants à la réalité de la grande pauvreté.</p>



<p>«&nbsp;<em>L’heure est à la résistance</em>&nbsp;», lance l’historienne Laurence De Cock, grand témoin de cette journée car «&nbsp;<em>s</em><em>ur le tri social plane en plus maintenant le risque du tri national</em>&nbsp;». Un message s’impose avec force : «&nbsp;<em>l’éducation est une vraie richesse qui ne se marchande pas</em>&nbsp;».</p>



<p>Jean-Paul Delahaye avait rappelé dans son allocution que le Conseil supérieur des programmes avait été fondé dans ce lieu, à l’Académie des sciences. La grande témoin de la journée, de conclure à l’issue des différents témoignages et analyses, qu’il serait temps de les refonder avec toutes les propositions qui ont émergé. Un programme pour 2027 a été esquissé. «&nbsp;<em>Il ne s’est malheureusement pas passé grand-chose sur ce sujet du côté des pouvoirs publics mais quel bonheur de voir que vous vous avez avancé, vous, dans votre bonne connaissance du sujet</em>&nbsp;» a glissé l’ancienne ministre Najat Vallaud Belkacem aux militant.es ATD Quart Monde, aux chercheur.es, aux enseignant.es présent.es. Une bonne connaissance, source d’inspiration pour les responsables politiques, absent.es des bancs de l’Académie des sciences.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p><a href="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/01/Rapport-CIPES.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Télécharger le rapport</a></p>



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		<title>Quand l’extrême droite s’attaque aux engagements citoyens des élèves</title>
		<link>https://parce-que.fr/quand-lextreme-droite-sattaque-aux-engagements-citoyens-des-eleves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 15:24:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<category><![CDATA[extreme droite]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Une nouvelle fois, l’école se retrouve prise pour cible de l’extrême droite. À Lagny-sur-Marne, une action de défense des droits humains, menée par une antenne jeunes d’Amnesty International dans un lycée, a déclenché une polémique portée par un sénateur du Rassemblement national et le collectif créé par le parti d’extrême-droite Reconquête,&#160;Parents Vigilants. Accusée de « [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Une nouvelle fois, l’école se retrouve prise pour cible de l’extrême droite. À Lagny-sur-Marne, une action de défense des droits humains, menée par une antenne jeunes d’Amnesty International dans un lycée, a déclenché une polémique portée par un sénateur du Rassemblement national et le collectif créé par le parti d’extrême-droite Reconquête,<em>&nbsp;Parents Vigilants</em>. Accusée de « propagande militante » et d’atteinte à la laïcité sur la base de contenus qui ne leur ont pas tous été présentés, l’action des élèves ainsi que l’ONG font l’objet d’une attaque. Cet épisode, loin d’être isolé, illustre la stratégie désormais récurrente de pression et d’intimidation, par l’extrême droite, de la jeunesse et des acteurs éducatifs et associatifs.</strong></p>



<p><strong>Une polémique construite sur des informations contestées</strong></p>



<p>Sur quoi reposent ces attaques ? Elles visent une action menée par l’antenne jeunes d’Amnesty International dans le cadre de la campagne nationale annuelle&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong>Changez leur histoire<strong>&nbsp;»</strong>. Durant la campagne, un stand est tenu dans l’établissement présentant plusieurs situations de violations des droits humains à travers le monde.</p>



<p>Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale, le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox dénonce des interventions réalisées « sur le temps scolaire », accusant Amnesty d’inciter les élèves «&nbsp;<em>à signer et faire signer des pétitions</em>&nbsp;» ou à porter des badges «&nbsp;<em>exprimant des positions militantes</em>&nbsp;». Le collectif&nbsp;<em>Parents Vigilants</em>&nbsp;a relayé ces accusations, affirmant notamment que des badges «&nbsp;<em>pro-migrants</em>&nbsp;» auraient été distribués aux élèves du lycée Van Dongen. Sa présidente, Séverine Duminy, parle d’«&nbsp;<em>un exemple de plus d’association militante qui doit être chassée des écoles</em>&nbsp;».</p>



<p>Le parlementaire évoque également des supports liés « au port de signes religieux dans le sport ». Il estime que ces actions portent atteinte à «&nbsp;<em>l’exigence de neutralité du service public de l’éducation</em>&nbsp;: «&nbsp;<em>Cette propagande est insupportable et contrevient complètement au principe de laïcité et aux valeurs de la République&nbsp;»</em>, écrit le président du groupe RN au conseil régional d’Île-de-France.</p>



<p><strong>Débunkage</strong></p>



<p>Neutralité du service public d’éducation et laïcité contredisent-ils l’engagement associatif ou citoyen&nbsp;? Selon Nicolas Cadène, haut-fonctionnaire et ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité «&nbsp;<em>le principe de laïcité impose une obligation de neutralité aux agents du service public de l’éducation, mais non aux élèves, qui sont des usagers du service public</em>.&nbsp;» L’auteur d’<em>En finir avec les idées fausses sur la laïcité</em>&nbsp;(édition de l’Atelier, 2025) poursuit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Les élèves bénéficient de la liberté d’expression et de la liberté d’opinion dans les limites du bon fonctionnement du service public, du respect du pluralisme et de l’ordre public scolaire. Ils sont cependant soumis à un devoir de forte discrétion, telle que prévue par la loi du 15 mars 2004, qui interdit le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse&nbsp;</em>». De conclure, «&nbsp;<em>cette loi ne vise pas l’engagement associatif ou citoyen</em>&nbsp;».</p>



<p>Ainsi, des actions éducatives, culturelles, humanitaires ou citoyennes, sous l’autorité du chef d’établissement et dans le respect du règlement intérieur, peuvent être autorisées. «&nbsp;<em>Le code de l’éducation reconnaît la participation des élèves à la vie de l’établissement et à des initiatives collectives.&nbsp;Un stand tenu par des élèves, proposant des informations voire certaines pétitions, dès lors qu’il est autorisé par la direction et ne perturbe pas les enseignements, relève de ce cadre</em>&nbsp;» précise Nicolas Cadène, interrogé par le Café pédagogique. La liberté d’expression des élèves est ainsi encadrée, quant à la neutralité du service public, elle s’impose aux agents, non aux élèves.</p>



<p><strong>Confusion, idées fausses, informations erronées : un cocktail explosif</strong></p>



<p>Alors «&nbsp;propagande&nbsp;»&nbsp;? Qu’en dit le juriste expert des questions de laïcité&nbsp;? «&nbsp;<em>En droit, la propagande supposerait une action institutionnelle, unilatérale et contraignante. Ce n’est visiblement pas le cas ici. Un stand facultatif, tenu par des élèves, sans caractère obligatoire, sans pression et sans substitution à un enseignement, ne peut juridiquement être qualifié d’endoctrinement. Il s’agit d’une expression d’opinions dans le cadre de la vie scolaire, protégée par la liberté d’expression des élèves&nbsp;</em>»</p>



<p>Par ailleurs, selon Amnesty, les situations évoquées – génocide à Gaza, accueil des migrants, droit des femmes musulmanes à porter des couvre chefs sportifs au sein de leurs clubs sportifs lors des compétitions -n’auraient pas fait l’objet de pétitions sur le stand tenu par les élèves de l’Antenne Jeunes. Les photographies diffusées sur les réseaux sociaux pour appuyer les accusations ne correspondent pas à l’événement incriminé : elles proviennent d’anciennes campagnes d’Amnesty. «&nbsp;<em>Il n’y avait pas la pétition en question sur le stand</em>&nbsp;», précise l’ONG. Si des badges ont été distribués&nbsp;; il s’agissait certainement du stock des campagnes précédentes.</p>



<p><strong>Les antennes jeunes d’Amnesty : un engagement encadré et reconnu</strong></p>



<p>L’intervention s’inscrit dans le cadre des&nbsp;antennes jeunes d’Amnesty International, au nombre de&nbsp;205 en France. Ces groupes, animés par des lycéen·nes et étudiant·es bénévoles, mènent des actions de sensibilisation et de mobilisation autour des campagnes de l’ONG, dont&nbsp;<em>Changez leur&nbsp;</em>histoire, avec le soutien d’un groupe local parrain. «&nbsp;<em>Les jeunes portent nos combats. Amnesty est une association de mobilisation et d’éducation aux droits humains et aux libertés fondamentales »</em>, rappelle Sophie Fadiga, directrice du pôle Engagement et éducation aux droits humains de l’ONG.</p>



<p>Amnesty International dispose d’un&nbsp;agrément officiel de l’Éducation nationale, qui lui permet aussi d’intervenir dans les établissements scolaires. Elle souligne que ces interventions ont un objectif pédagogique : «&nbsp;<em>Nos ateliers durent deux à trois heures et visent à déconstruire les idées reçues, dans un cadre strictement éducatif. Cela fait des décennies que nous intervenons dans les établissements scolaires</em>. »</p>



<p><strong>Une stratégie d’intimidation déjà documentée</strong></p>



<p>Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de&nbsp;montée de discours anti-droits&nbsp;et de remise en cause de l’éducation aux valeurs démocratiques. «&nbsp;<em>Il y a beaucoup de confusions, notamment sur la laïcité et le foulard&nbsp;</em>», alerte Sophie Fadiga, qui évoque un possible durcissement en cas d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.</p>



<p>En novembre 2023, plusieurs syndicats de l’éducation (UNSA, FSU, SUD, CGT, SGEN-CFDT) avaient déjà alerté le ministre sur les méthodes du collectif&nbsp;<em>Parents Vigilants</em>, dénonçant des pratiques assimilables à de la surveillance idéologique, du harcèlement et des campagnes de dénigrement visant enseignants et associations.</p>



<p>Le mode opératoire est désormais bien identifié : dénonciation publique sur les réseaux sociaux par une personnalité politique, relais par des collectifs militants, puis pression sur les établissements scolaires.</p>



<p><strong>Criminaliser l’engagement des jeunes ?</strong></p>



<p>Les membres des antennes jeunes d’Amnesty décrivent leur action comme un espace d’autonomie, de débat et de réflexion collective : «&nbsp;<em>Nous sommes des lycéens et lycéennes de tous âges et de toutes filières. Notre point commun est la volonté d’agir pour que les droits humains soient respectés dans le monde. Nous nous réunissons une fois par mois, prenons des décisions ensemble, dans le respect de la diversité de nos opinions, tout en partageant les idéaux d’Amnesty</em>. »</p>



<p>S’engager, un crime ou un droit ? «&nbsp;<em>L’invocation de la laïcité pour interdire toute initiative citoyenne d’élèves n’est pas sérieuse et repose sur une confusion entre la neutralité du service public, qui s’impose aux agents et la liberté d’expression (néanmoins encadré) des usagers. La laïcité n’a pas pour objet de censurer les opinions des élèves, mais de garantir que l’institution scolaire demeure neutre. En l’absence de prosélytisme religieux, de pression ou de trouble au fonctionnement de l’établissement, il n’existe aucun fondement juridique permettant d’interdire ce type d’initiative&nbsp;</em>»&nbsp; répond le juriste Nicolas Cadène.</p>



<p>A quel renversement de valeurs assiste-t-on pour qu’au lieu de se réjouir de voir des jeunes s’engager, mener une réflexion critique, défendre des doits humains, en somme mettre en pratique l’éducation morale et civique, on trouve là matière à soupçon et danger ?</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié dans Le Café pédagogique, le 12 janvier 2026</a></div>
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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>ENQUETE sur l’affaire Bayen : « Ils savaient tous »</title>
		<link>https://parce-que.fr/enquete-sur-laffaire-bayen-ils-savaient-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 22:33:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://parce-que.fr/?p=442</guid>

					<description><![CDATA[«&#160;Nous sommes assis sur une cocotte-minute qui ne demande qu’à exploser&#160;», écrivait la professeure Marie-Pierre Jacquard en février 2023 à sa hiérarchie&#160;pour dénoncer des faits relevant d’agressions sexuelles présumées commis par un collègue.&#160;La lanceuse d’alerte a été ignorée pendant presque deux ans. Deux ans de silence, de courriers restés sans réponse, d’alertes minimisées, de témoignages [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>«&nbsp;<em>Nous sommes assis sur une cocotte-minute qui ne demande qu’à exploser</em>&nbsp;», écrivait la professeure Marie-Pierre Jacquard en février 2023 à sa hiérarchie&nbsp;</strong><strong>pour dénoncer des faits relevant d’agressions sexuelles présumées commis par un collègue.&nbsp;</strong><strong>La lanceuse d’alerte a été ignorée pendant presque deux ans. Deux ans de silence, de courriers restés sans réponse, d’alertes minimisées, de témoignages méprisés. L’affaire du lycée Pierre Bayen, à Châlons-en-Champagne, n’est pas qu’un scandale de plus : c’est une démonstration de mécanismes institutionnels&nbsp;</strong><strong>agissant au détriment de la protection des enfants et des lanceurs d’alerte.&nbsp;</strong></p>



<p><strong>La lanceuse d’alerte met en lumière presque deux ans d’inaction, mais peut-être aussi plus de deux décennies de silences.&nbsp;</strong><em>«&nbsp;<strong>L’administration s’est trompée d’objet en se focalisant sur l’enseignante lanceuse d’alerte jusqu’à prendre une décision collective de ne pas la recevoir, ce qui a conduit à un préjudice</strong>&nbsp;<strong>»&nbsp;</strong></em><strong>juge le rapport confidentiel de l’IGESR consulté par le Café pédagogique, à l’issue de l’enquête administrative sur les dysfonctionnements du lycée en juin 2024</strong>.<strong>&nbsp;Des élèves, des anciens élèves, une professeure ont non seulement parlé mais alerté. Dès lors, une question est toujours en suspens&nbsp;: quand la parole est libérée, comment agir, protéger&nbsp;et ne pas&nbsp;</strong><strong>redoubler le préjudice subi par</strong><strong>&nbsp;la violence du silence.</strong></p>



<p><strong>Retour sur deux ans d’alertes répétées, d’accusations graves et de dysfonctionnements&nbsp;</strong></p>



<p>En 2021,&nbsp;Marie-Pierre Jacquard, alors professeure au lycée Bayen, commence à recevoir les confidences de plusieurs élèves et anciens élèves dans la lancée du #balancetoncirque, un mouvement d’étudiants du Centre national des arts du cirque (CNAC) où intervient également son collègue, professeur du lycée. Le CNAC met fin à sa collaboration avec celui-ci et alerte le lycée sur le «&nbsp;<em>comportement de prédateur</em>&nbsp;» dont est accusé l’enseignant en poste depuis 1993. La proviseure écrit au rectorat, au DASEN et au cabinet du recteur en juillet 2021 en évoquant un «&nbsp;événement externe&nbsp;». Selon les éléments du rapport confidentiel&nbsp;de l’enquête administrative rendu en juin 2024, rapport que le Café pédagogique a pu consulter, les échanges n’auraient alors pas porté sur le professeur, le danger ou risque, mais sur les modalités de réponse à la presse.</p>



<p>Des accusations graves de harcèlement sexuel sont faites publiquement en 2021 à l’encontre du même professeur, sans être suivies d’effets dans l’Éducation nationale malgré les nombreuses alertes&nbsp;; et durant l’année 2022, Marie-Pierre Jacquard continue de recevoir de «&nbsp;<em>nombreux témoignages d’anciens élèves qui attestent d’une attitude proche du harcèlement, d’emprise, de manipulation psychologique de la part de M.V. elle ne sait pas quoi faire de cette parole, elle est démunie</em>&nbsp;», note le rapport confidentiel IGESR.</p>



<p>«&nbsp;<em>Faire l’autruche est très tentant</em>&nbsp;», écrit l’enseignante, qui continue de donner l’alerte, en février 2023 à la direction de l’établissement, poursuivant «&nbsp;<em>notre société est une grande spécialiste en la matière, il n’en était pas question pour moi. J’ai choisi ce métier en grande partie par loyauté envers les enfants et pour les protéger&nbsp;</em>». Elle décrit la confiance gagnée auprès des élèves au fil des semaines, les appels et dit vouloir&nbsp;<em>«&nbsp;se décharger&nbsp;»</em>&nbsp;de ce que «&nbsp;<em>au fond nous savons tous</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Je sais donc, plus que jamais, que nous sommes assis sur la cocotte-minute qui ne demande qu’à exploser</em>&nbsp;» prévient-elle, avec le présage&nbsp;de l’explosion&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>quand l’explosion aura lieu, je veux me sentir sereine d’avoir prévenu, d’avoir essayé de protéger</em>&nbsp;».</p>



<p><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/IMG_20250902_100312-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/IMG_20250902_100312-225x300.jpg 225w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/IMG_20250902_100312-600x800.jpg 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2025/10/IMG_20250902_100312.jpg 768w">Pourtant, la lanceuse d’alerte en est convaincue, si, comme elle, la direction avait «&nbsp;<em>vu les yeux des élèves</em>&nbsp;» alors elle aurait compris. Elle aurait perçu leur peur panique, compris les premiers silences gênés. C’est en les voyant que Marie-Pierre Jacquart s’est dit «&nbsp;<em>c’est la catastrophe</em>&nbsp;».</p>



<p>L’association&nbsp;«&nbsp;Colosse aux pieds d’argile&nbsp;»&nbsp;alerte également en avril 2023 les ministères compétents, l’académie et le procureur de la République. Elle effectue un signalement en vertu de l’article 40 du code de procédure pénal avec&nbsp;quinze témoignages&nbsp;à l’appui. Ceux-ci évoquent&nbsp;<em>: «&nbsp;la discrimination,&nbsp;</em><em>l’humiliation, l’emprise, les intimidations et les menaces, les intrusions dans la vie privée, la trop grande proximité avec les élèves garçons, les propos et gestes déplacés, la sexualisation des cours et des corps des élèves et un comportement à connotation sexuelle&nbsp;», lit-on dans le rapport interne du ministère.</em></p>



<p>Un point de situation de la proviseure est fait au Dasen le 7 avril qui transmet au DRH. Le cabinet du recteur dit ne pas avoir été informé avant juin, soit deux mois plus tard, pour des raisons administratives, car le signalement aurait été fait au ministre des Sports. Le DRH ne fera pas suite, selon l’enquête interne qui interviendra plus tard, «&nbsp;<em>pensant de façon erronée mais de bonne foi que l’inspection pédagogique avait été saisie</em>&nbsp;».</p>



<p><strong>Le parcours de combattante de la lanceuse d’alerte&nbsp;</strong></p>



<p>La démarche de Marie-Pierre Jacquard lui vaut alors l’isolement, la suspicion, et des remises en cause de ses motivations.&nbsp;Les relations avec la direction se sont tendues et dégradées. Dans un rapport qu’elle adresse au recteur en avril 2023, elle décrit un sentiment de solitude&nbsp;en l’absence de soutien ou demande d’audience de sa hiérarchie. Elle explique vouloir par ce courrier «&nbsp;<em>protéger les élèves et [s]e protéger</em>&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;<em>les élèves de l’option Arts du cirque comptent sur moi&nbsp;: je suis submergée mais déterminée à les protéger&nbsp;</em>». Elle poursuit «&nbsp;<em>leur courage a été incroyable même si beaucoup ont peur de Monsieur V.. Moi aussi j’ai eu peur de mon collègue et je me sens coupable de ne pas avoir vu et compris assez tôt ce qui se passait et surtout d’avoir été manipulée</em>&nbsp;». Elle ajoute&nbsp;que «&nbsp;<em>le refus d’avoir pris en considération [s]es alertes répétées a eu pour effet de dégrader [s]es</em>&nbsp;<em>conditions de travail, d’altérer [s]a santé, de porter atteinte à [s]a dignité et d’être susceptible de compromettre mon avenir professionnel&nbsp;»</em></p>



<p>Elle joint à son courrier l’article de l’Union du 9/7/21, du post #balancetoncirque qui dénonce le comportement de prédateur. Elle précise avoir transmis les informations à la direction de son établissement qui «&nbsp;<em>réitère sa position&nbsp;: l’administration du Lycée a rencontré M. Vey, a parlé avec lui de tout ce que les élèves leur avaient rapporté mais qu’il ne s’agit que de ‘bruits et rumeurs</em>&nbsp;». Il n’y a pas d’enquête, pas de plainte, il n’y a alors aucune raison pour l’administration de prendre des mesures et de retirer M. Vey de l’option Arts du cirque. «&nbsp;<em>Face à ma réaction – je m’interroge à haute voix pourquoi l’administration fait l’autruche</em>&nbsp;», la Proviseure m’indique simplement «&nbsp;<em>avoir fait remonter au rectorat</em>&nbsp;».</p>



<p><strong>Une demande de protection fonctionnelle… refusée</strong></p>



<p>En grande souffrance, Marie-Pierre Jacquard accompagne ce courrier d’une demande de protection fonctionnelle qui reste sans réponse. Il dira aux auteures du rapport avoir été informé par l’inspection d’une situation de conflit interpersonnel, et conforté par la direction de l’établissement avec une possible instrumentalisation de la lanceuse d’alerte.<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/10/16/olivier-brandouy-reste-le-conseiller-education-nationale-du-1er-ministre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">&nbsp;Le recteur de l’académie Olivier Brandouy</a>&nbsp;transmet au service juridique, précisant : «&nbsp;<em>attention, terrain miné, me tenir informé</em>&nbsp;». Il n’y a pas de médiation, ni, audition, ni suite, ni enquête interne.</p>



<p>La cheffe du service juridique écrit en avril 2023 au DRH au sujet de la demande de protection fonctionnelle&nbsp;: «<em>si les propos avancés étaient vrais, il faudrait qu’on agisse au plus vite pour éviter un contentieux potentiel avec les élèves qui estiment avoir été victimes</em>&nbsp;». Il s’agit de la seule expression relevée dans le rapport suite à l’enquête administrative qui fait état des responsabilités envers les victimes présumées. Ce mail est resté sans réponse, un problème de messagerie selon le DRH. La cheffe du service juridique formulera ultérieurement une deuxième alerte&nbsp;au cabinet&nbsp;: «&nbsp;<em>il aurait fallu entendre toutes les parties, interroger les élèves, pour voir en interne si les propos (de MPJ) étaient fondés. Il fallait interroger tout le monde. Je l’ai dit au recteur car j’ai compris que des personnes étaient au courant depuis au moins deux ans, la proviseure, les IA, IPR. Je ne sais pas quel est le niveau d’information de la DRH&nbsp;»</em>.</p>



<p>Le 15 juin 23, le recteur prend connaissance du dossier de l’association Colosse aux pieds d’argile avec 15 témoignages.&nbsp;<em>Il reçoit le lendemain le syndicat SNEP-FSU au sujet de la demande de protection fonctionnelle. Les auteures du rapport de l’IGESR écrivent que «&nbsp;les échanges avec la procureure le confortent dans sa lecture d’une absence de danger (…). Ainsi pour le recteur, le reste est suivi par le DRH, il n’a pas de raison de mettre en place un suivi particulier&nbsp;».</em>&nbsp;La demande de protection fonctionnelle est refusée.</p>



<p>Le 12 juillet, l’avocat de l’enseignante saisit le cabinet du recteur et exprime son incompréhension devant l’absence de réaction avant la rentrée 2023 qui arrive, à savoir l’absence de toute mesure conservatoire pour éviter le renouvellement des faits. Le 19 juillet, le rectorat refuse la demande de protection fonctionnelle réitérée par un courrier de l’avocat qui qualifie l’enseignante de lanceuse d’alerte.</p>



<p>Durant toute cette période, l’enseignant visé a continué d’enseigner, et a même accompagné un voyage scolaire en février 2023. Ce n’est qu’en septembre 2023 — plus de deux ans après les premiers signaux d’alerte — qu’il est suspendu après une plainte pour viol, avec entre-temps un changement de recteur. Le 28 septembre, un ancien élève est reçu par le DRH qui confiera à la mission d’enquête administrative interne un «&nbsp;<em>témoignage des plus difficiles à entendre de [s]a carrière</em>&nbsp;».</p>



<p>Durant presque deux ans, les alertes n’auront pas suffi pour ouvrir une enquête ou des mesures par l’administration, et le suicide du professeur en décembre 2023 met fin à l’action pénale&nbsp;: neuf plaintes déposées par les victimes, pour viol, agression sexuelle, harcèlement sexuel et moral, sont classées par la procureure de Châlons-en-Champagne.</p>



<p><strong>Une enquête administrative interne, enfin&nbsp;!</strong></p>



<p>Une enquête administrative, «&nbsp;relative au traitement par l’administration des informations concernant un professeur du lycée Bayen&nbsp;de Châlons-en-Champagne (académie de Reims)&nbsp;» est alors diligentée, en février 2024, par la ministre Belloubet, dont le directeur adjoint de cabinet est … Olivier Brandouy, ancien recteur donc de cette même académie jusqu’au 30 août 2023, où il rejoint le cabinet du ministre l’Éducation nationale Gabriel Attal.</p>



<p>Pour les auteures du rapport interne de 34 pages, réalisé après 42 auditions, «&nbsp;<em>les appels et indices parvenus sur plus de deux années justifiaient d’investiguer et d’informer. Pour la mission, en ne le faisant pas, la proviseure a manqué à ses obligations professionnelles&nbsp;[…]la santé au travail est à considérer dans ses composantes physique et mentale. Ce dernier point pour la mission est à considérer eu égard au traitement de l’enseignante binôme par l’administration&nbsp;</em>».</p>



<p>Le rapport décrit «&nbsp;<em>un professeur brillant et charismatique</em>&nbsp;»&nbsp;: l’«&nbsp;<em>aura intellectuelle</em>&nbsp;», l’«&nbsp;<em>influence dans le milieu culturel&nbsp;châlonnais</em>&nbsp;» et institutionnel&nbsp;sont soulignées&nbsp;: Pascal Vey était professeur relais à la DAAC, conseiller à la DSDEN, et a participé à l’écriture du programme scolaire via l’Inspection Générale en 2018. Les inspectrices générales notent dans l’enquête&nbsp;qu’il «&nbsp;<em>rayonne dans cette petite ville où ‘les ponts entre le milieu journalistique/politique et les enseignants conduisent les cercles locaux à investir fortement l’établissement&nbsp;</em>».</p>



<p>Pour la lanceuse d’alerte,&nbsp;pourtant,&nbsp;<em>« tout le monde à Châlons savait</em>&nbsp;». Elle décrit une omerta dans le lycée. Au fil des échanges, confidences des anciens élèves, de ses questions, elle finit par comprendre et apprendre que le grand amour souvent évoqué par P. V. était un de ses anciens élèves dans les 90’s. Et que d’autres le savaient ou s’en doutaient.</p>



<p>Les auteures de l’enquête interne reconnaissent toutefois un «&nbsp;<em>manque général de discernement</em>&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;<em>le sujet de fond sur la réalité potentielle des faits et le besoin de protéger les élèves n’a pas émergé car ce risque n’a pas été évalué</em>&nbsp;». Le rectorat n’a considéré la situation qu’à travers la proviseure&nbsp;: l’investissement de Pascal Vey est souligné, comme l’absence de plainte, ou de délit. Le rapport s’interroge «&nbsp;<em>sur la primauté de protéger l’institution au besoin de protéger l’institution d’un risque de diffamation face à un risque potentiel éventuel pour les élèves</em><strong>&nbsp;»</strong>.</p>



<p>La proviseure adresse au recteur une note le 6 novembre 2023 dans laquelle elle utilise les termes d’ «&nbsp;<em>emprise et instrumentalisation</em>&nbsp;» au sujet de …la lanceuse d’alerte.</p>



<p><em>Dans leur conclusion, les enquêtrices estiment que&nbsp;</em><em>«&nbsp;l’administration s’est trompée d’objet en se focalisant sur l’enseignante lanceuse d’alerte jusqu’à prendre une décision collective de ne pas la recevoir, ce qui a conduit à un préjudice&nbsp;».&nbsp;</em>Leur rapport pointe une responsabilité dissoute, une confusion avec des échanges cloisonnés dans la chaine hiérarchique&nbsp;: «&nbsp;<em>chacun pensait que l’autre prenait en charge la situation</em>&nbsp;».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong>Une affaire qui illustre «&nbsp;les dysfonctionnements de l’Éducation nationale&nbsp;»&nbsp;</strong></p>
</blockquote>



<p>Le&nbsp;rapport de la commission d’enquête Vannier-Spillebout, rendu public en juillet 2025, a consacré un passage à «&nbsp;<em>l’affaire de la section cirque du lycée public Pierre Bayen de Châlons-en-Champagne : une illustration des dysfonctionnements de l’Education nationale&nbsp;</em>»&nbsp;? Il décrit&nbsp;une chaîne de responsabilités diluées, des alertes ignorées, et une culture de la silenciation. Les inspectrices générales en charge de l’enquête administrative décrivent&nbsp;une «&nbsp;<em>succession des évènements depuis juillet 2021 [qui] n’a pas constitué un niveau d’alerte suffisant aux yeux de l’administration pour que soit engagée une enquête interne avant octobre 2023</em>&nbsp;».</p>



<p>Les rapporteurs de la commission parlementaires relèvent «&nbsp;<em>des approches totalement distinctes de deux entités publiques dépendant de l’État : le Cnac, opérateur de l’État financé par le ministère de la culture, a immédiatement pris des mesures conservatoires tandis que l’éducation nationale est restée sans réaction, malgré́ des alertes répétées du Cnac et de nombreux échanges entre les deux structures entre 2021 et 2023</em>&nbsp;».</p>



<p>De 1997 à 2000, Ségolène Royal, ministre déléguée à l’enseignement scolaire, affichait à son agenda la lutte contre les violences et la pédocriminalité, dans le public. Ce n’est donc pas un manque de textes, mais&nbsp;un manque de culture du signalement, ont souligné les co-rapporteurs de la mission parlementaire Paul Vannier et Violette Spillebout durant les auditions qui ont produit une telle situation. Ils identifient un déficit de formation, de l’Éducation nationale qui ne forme pas assez ses personnels à&nbsp;reconnaître les signaux faibles, ni à agir.</p>



<p>Une des victimes de Pascal Vey l’exprime ainsi&nbsp;: «&nbsp;<em>Le silence s’organise par méconnaissance ou par ignorance.&nbsp;</em>» Les personnes qui parlent — élèves, personnels — peuvent se retrouver seuls. Et les victimes, il en est peu question. F. témoigne lors du contrôle sur place et pièce au lycée Bayen. Il écrit aux co-rapporteurs de la mission parlementaire&nbsp;: «&nbsp;<em>Les propos techniciens, juridiques, managériaux des plus hautes instances du ministère (IGESR, DGRH, etc.) sont nécessairement froids. Ils sont aussi malheureusement glaçants. Il y a une révolution copernicienne à effectuer, consistant à adopter très vite, et très bas dans la chaine de remontée des informations, le&nbsp;<strong>point de vue des victimes&nbsp;</strong></em><strong>»</strong>. Il souligne la violence de l’isolement, de la fragmentation, la manque de formation. &nbsp;Il compare les silences dans l’Eglise à celui de l’Education nationale et les analyse comme une «&nbsp;<em>mécanique d’auto-défense institutionnelle&nbsp;</em>» avec «&nbsp;<em>l’étouffement ou l’évitement du scandale, par la minimisation, la sous-qualification ou le silence organisé. C’est ajouter un peu plus de violence à la violence&nbsp;»</em>.</p>



<p><strong>Des alertes et des victimes</strong></p>



<p>La lanceuse d’alerte déterre des douleurs parfois enfouies, des témoignages de terreur, de manipulation. Une scène de viol est décrite, de masturbation. Un témoignage d’un élève dit «&nbsp;<em>j’étais surpris, j’étais pétrifié</em>&nbsp;». Un autre précise «&nbsp;<em>j’étais vierge</em>&nbsp;», ou encore «&nbsp;<em>je me suis laissé faire</em>&nbsp;». L’enseignant invitait les garçons chez lui, un témoignage évoque «&nbsp;<em>la pression de garder une bonne image à ses yeux [qui l’]’empêche de partir en courant</em>&nbsp;». Des élèves parlent d’allusions sexuelles en cours, de messages envoyés inappropriés. P. Vey prenait des photos des garçons torse nu. Une mère témoigne d’un «&nbsp;<em>douce nuit</em>&nbsp;» envoyé à son fils. Un élève le compare à «&nbsp;<em>un gourou</em>&nbsp;», un autre le qualifie de «&nbsp;<em>graveleux</em>&nbsp;». L’enseignant était en poste de 1993 à 2023.</p>



<p><strong>Mécanique de silence et absence de compassion</strong></p>



<p>Cette mécanique de silence, de défiance envers les enfants comme les lanceurs d’alerte, abîmés par les récits et la lutte représente une violence supplémentaire. La lanceuse d’alerte est accablée malgré la gravité des faits exposés et de ses alertes. Des plaintes ont été ignorées durant des décennies, comme pour Bétharram, il n’y a pas eu de contrôle ou enquête. Pourtant fin des années 1990, des signaux existaient, l’enseignant avait une relation avec un mineur de 16 ans en classe de Première. Et ensuite&nbsp;? Plusieurs témoignages disent s’en douter. En&nbsp;2017, la proviseure du lycée sait qu’il reçoit des élèves à son domicile. La mission note qu’elle&nbsp;<em>évoque au&nbsp; «&nbsp;DASEN de la Marne de l’époque la proximité de l’enseignant avec les élèves garçons</em>&nbsp;». Le rapport de la mission interne précise que «&nbsp;d<em>es liens de proximité de PV avec les cadres de l’Education nationale sont souvent mentionnés au cours des auditions&nbsp;</em>».</p>



<p>Le rapport interne confidentiel de l’Inspection générale de l’Éducation (IGESR) décrit&nbsp;un enchaînement de décisions erronées, une volonté constante de&nbsp;minimiser, de&nbsp;retarder, de&nbsp;protéger l’institution avant tout. Le comportement de l’enseignant a été non seulement banalisé mais le rapport constate une «&nbsp;<em>absence surprenante de compassion vis-à-vis des élèves&nbsp;y compris a posteriori</em>&nbsp;» de la direction de l’établissement, contrairement à celle exprimée vis-à-vis de l’enseignant qui s’est suicidé. Il n’y a pas eu de remise en question sur ses agissements, «&nbsp;<em>aucun élément ne relevait d’agression sexuelle</em>&nbsp;», selon la proviseure. Lors de l’audition, elle ne remet pas en question les décisions, «&nbsp;<em>si c’était à refaire, je procèderai de la même manière&nbsp;</em>» dit-elle.</p>



<p><strong>P</strong><strong>lainte pour non-dénonciation de crimes ouverte et en cours d’instruction</strong></p>



<p>Les co-rapporteurs de la commission d’enquête parlementaire Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), l’ont souligné lors des auditions&nbsp;: il n’est pas nécessaire d’attendre une condamnation pénale pour suspendre un adulte ou enquêter.&nbsp;Faute de connaissance, de clarté dans les processus et suivi parfois, l’administration a pu confondre&nbsp;le respect de la présomption d’innocence&nbsp;avec&nbsp;l’inaction. La méconnaissance de la responsabilité administrative et disciplinaire concentre alors l’attention sur la dimension pénale, déconsidérant les témoignages<strong>.</strong></p>



<p>Les deux député·es ont déposé en avril 2025 un article 40 au parquet et une plainte pour non-dénonciation de crimes est alors ouverte et en cours d’instruction. Elle vise notamment l’ancien recteur de l’académie de Reims, Olivier Brandouy, nommé pourtant au poste de conseiller éducation à Matignon, en septembre 2025… Un «&nbsp;<em>mépris pour les victimes</em>&nbsp;» dénonce la députée Clémence Guetté&nbsp;(LFI).</p>



<p>En réponse à ces défaillances,&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/07/02/rapport-de-lenquete-parlementaire-lomerta-de-leducation-nationale-et-les-defaillances-de-letat-sur-le-banc-des-accuses/">le rapport de la mission parlementaire publié le 2 juillet 2025</a>propose la création d’une&nbsp;cellule nationale indépendante&nbsp;:&nbsp;Signal Éduc. Elle permettrait aux personnels et aux représentants de parents de signaler des faits hors de la voie hiérarchique — souvent vécue comme un obstacle. Toutefois, une réforme des dispositifs ne suffira pas sans&nbsp;changement profond de culture.&nbsp;Il faut former, sensibiliser, accompagner pour briser l’omerta et faire du signalement&nbsp;un acte de protection, non un geste suspect.</p>



<p>La phrase de l’enquête administrative interne «&nbsp;<em>la mission estime que l’aura intellectuelle particulièrement brillante […] et le rayonnement de la section ont empêché, puis retardé une prise de conscience de la réalité&nbsp;</em>», est écrite au passé&nbsp;: pourrait-elle s’écrire au présent&nbsp;? La question n’est plus de savoir&nbsp;si&nbsp;l’institution a failli, mais&nbsp;pourquoi&nbsp;elle continue de le faire.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vers la fin du SNU : retour sur un échec politique, pédagogique et budgétaire</title>
		<link>https://parce-que.fr/vers-la-fin-du-snu-retour-sur-un-echec-politique-pedagogique-et-budgetaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 22:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<category><![CDATA[échec]]></category>
		<category><![CDATA[SNU]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://parce-que.fr/?p=432</guid>

					<description><![CDATA[Clap de fin du SNU, un budget de 4,5 milliards perdu pour l’éducation ? le Premier ministre&#160;Lecornu annonce la «&#160;mise en extinction&#160;» du SNU vendredi 19 septembre 2025. Un budget colossal englouti, au détriment de l’éducation et de la jeunesse.&#160; Une gabegie financière, de l’ambition à l’extinction Lancé en 2019 et porté par l’Élysée, le&#160;Service [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Clap de fin du SNU, un budget de 4,5 milliards perdu pour l’éducation ? le Premier ministre&nbsp;</strong><strong>Lecornu annonce la «&nbsp;mise en extinction&nbsp;» du SNU vendredi 19 septembre 2025. Un budget colossal englouti, au détriment de l’éducation et de la jeunesse.&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Une gabegie financière, de l’ambition à l’extinction</strong></p>



<p>Lancé en 2019 et porté par l’Élysée, le&nbsp;Service National Universel (SNU)&nbsp;sera supprimé au&nbsp;1er janvier 2026. La&nbsp;« mise en extinction »&nbsp;du dispositif est désormais actée par le Premier ministre&nbsp;Sébastien Lecornu, ministre démissionnaire des Armées et nommé récemment Premier ministre.</p>



<p>Selon un&nbsp;rapport sévère de la Cour des comptes, entre&nbsp;3,5 et 5 milliards d’euros&nbsp;ont été dépensés pour cette expérimentation aux&nbsp;résultats incertains&nbsp;et aux&nbsp;ambitions jamais atteintes. Et surtout, c’était&nbsp;un budget pris sur l’Éducation nationale, qui en paie encore le prix.&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/01/21/le-senat-a-supprime-le-budget-du-snu/">Budget supprimé par le Sénat</a>, épinglé par un rapport parlementaire comme de&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2024/09/16/snu-le-rapport-accablant-de-la-cour-des-comptes/">la cour des Comptes</a>, malgré le volontarisme politique, les jours du SNU semblaient comptés.</p>



<p><strong>Une lubie conservatrice, une vision militariste de la jeunesse</strong></p>



<p>Le SNU avait été voulu comme un symbole de « cohésion nationale » : uniforme, lever de drapeau, hymne national, et « mission d’intérêt général ». Initialement destiné aux jeunes de 15 à 17 ans, il relevait d’une double tutelle : Éducation nationale et Armée. En 2024, il avait même été intégré au temps scolaire pour les élèves de Seconde volontaires. De nombreuses dérives lors de séjours ont été denoncées. Syndicats enseignants, organisation de jeunesse et partis politiques de gauche et écologistes&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2023/06/12/snu-cest-toujours-non/">critiquaient le SNU</a>, dispositif de militarisation plus que d’éducation.</p>



<p>Porté par une politique volontariste de l’Élysée et de Matignon, le SNU devait être généralisé à partir de 2026.&nbsp;Gabriel Attal, alors Premier ministre, l’avait annoncé comme une priorité. Loin de cette promesse, la décision de mettre fin au SNU marque un&nbsp;revers politique majeur.</p>



<p><strong>L’école paie pour un projet inutile</strong></p>



<p>L’abandon du SNU s’inscrit dans le programme gouvernemental « État efficace », destiné à rationaliser les dépenses publiques. Mais pour beaucoup, c’est l’école qui a payé l’addition. Le budget de l’Éducation nationale a été amputé, au moment même où les enseignants manquent, où les classes sont surchargées, et où les conditions d’apprentissage se dégradent.</p>



<p>Quand les débats budgétaires sont brûlants, la vraie question est : combien de postes et de moyens perdus pour l’école ?</p>



<p><strong>Quelle vision de la jeunesse ?</strong></p>



<p>À travers le SNU, c’est une certaine&nbsp;vision autoritaire de la jeunesse&nbsp;qui a été portée :&nbsp;une jeunesse à encadrer plutôt qu’à accompagner et émanciper, soit une logique plus&nbsp;répressive que pédagogique, plus&nbsp;militariste qu’éducative. Les défenseurs de l’école publique et de l’éducation populaire le martèlent&nbsp;: les jeunes n’ont pas besoin de drapeaux, mais de profs, de structures, de culture, et de confiance. A noter que Sarah El Haïry qui était ministre «&nbsp;chargée de la jeunesse et du SNU&nbsp;» a été nommée Haut-Commissaire à l’enfance en mars 2025.</p>



<p>La mise en extinction du SNU au profit du Service Militaire Volontaire, sans moyens réels, est «&nbsp;<em>une annonce démagogique, sans dimension pédagogique ni vision émancipatrice.&nbsp;</em><em>C’est la garantie d’aboutir à un dispositif aussi artificiel que le SNU</em>&nbsp;» selon le député écologiste Jean-Claude Raux de Loire-Atlantique qui était rapporteur pour la commission des affaires culturelles et éducation en 2024.</p>



<p>Il enfonce le clou à l’annonce de la «&nbsp;<em>mise en extinction&nbsp;»&nbsp;</em>du dispositif décrié :<em>&nbsp;« Ce dont la jeunesse a besoin, c’est qu’on l’écoute, pour une fois. Ce sont des moyens pour l’éducation populaire et la pratique sportive</em>&nbsp;».</p>



<p>Si la suppression du SNU apparait comme une victoire pour celles et ceux qui l’ont combattu, elle n’efface ni les milliards engloutis dans ce projet dénoncé de toutes parts, ni sa logique répressive, militariste plus qu’éducative.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2024/09/16/snu-le-rapport-accablant-de-la-cour-des-comptes/">Le rapport accablant de la Cour des Comptes sur le SNU <br></a></div>
</div>



<p><strong>Dans le Café pédagogique</strong></p>



<p><a href="https://www.cafepedagogique.net/2024/09/16/snu-le-rapport-accablant-de-la-cour-des-comptes/">Le rapport accablant de la Cour des Comptes</a></p>



<p><a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/01/21/le-senat-a-supprime-le-budget-du-snu/">Le Sénat supprime le budget</a>&nbsp;du SNU</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Éducation : seuls 6% des personnels soutiennent les orientations actuelles (UNSA)</title>
		<link>https://parce-que.fr/education-seuls-6-des-personnels-soutiennent-les-orientations-actuelles-unsa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 21:55:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://parce-que.fr/?p=425</guid>

					<description><![CDATA[Entre 45 et 50 % des personnels de direction et d’inspection veulent changer de métier. L’UNSA Éducation a présenté les résultats de son Baromètre annuel des métiers, une enquête de référence réalisée depuis plus de dix ans. Cette édition 2025, marquée par une participation record de plus de 53 000 personnels, dresse un tableau inquiétant [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Entre 45 et 50 % des personnels de direction et d’inspection veulent changer de métier. L’UNSA Éducation a présenté les résultats de son Baromètre annuel des métiers, une enquête de référence réalisée depuis plus de dix ans. Cette édition 2025, marquée par une participation record de plus de 53 000 personnels, dresse un tableau inquiétant de la situation dans l’Éducation nationale. Crise de sens, surcharges, pouvoir d’achat en berne, et perte de confiance massive dans les choix politiques.</strong></p>



<p><strong>« Ce n’est pas une question de casting, mais de cap et de vision&nbsp;»&nbsp;</strong></p>



<p>Le chiffre est sans appel : seuls 3% des professeurs et 6 % des répondants se déclarent en accord avec les politiques éducatives actuelles, contre 30 % il y a dix ans. C’est un désaveu que le syndicat qualifie de « sans appel ».</p>



<p>«&nbsp;<em>Ce n’est pas une question de casting, mais de cap et de vision</em>&nbsp;» a insisté&nbsp;Morgane Verviers, secrétaire générale de l’UNSA Éducation ce mardi 16 septembre 2025. «&nbsp;C<em>’est le rejet d’un cap, d’une méthode et d’une vision politique</em><em>&nbsp;».&nbsp;</em>Ce baromètre met en lumière ce que nombre de syndicats dénoncent depuis des années : l’accumulation de réformes descendantes, sans concertation ni évaluation, provoque&nbsp;un rejet massif des personnels.</p>



<p>«&nbsp;<em>Depuis 2017, une même logique s’impose, demander toujours plus avec toujours moins&nbsp;</em>»&nbsp;analyse la secrétaire générale de l’Unsa-éducation. Or, rappelle-t-elle, les milliards d’euros injectés dans des dispositifs comme le&nbsp;Service national universel (SNU)&nbsp;ou le&nbsp;Pacte enseignant, au détriment de la revalorisation salariale et des conditions de travail, n’ont apporté ni amélioration des résultats des élèves, ni mieux-être professionnel.</p>



<p><strong>Une profession qui craque : plus d’1 répondant sur 3 souhaite changer de métier dans le public</strong></p>



<p>Le chiffre le plus préoccupant du baromètre est sans doute celui-ci :&nbsp;plus d’un personnel sur trois envisage de quitter le métier, un sur quatre dans le privé. Un signal d’alarme massif, qui concerne également les cadres :&nbsp;entre 45 et 50 % des personnels de direction et d’inspection&nbsp;sont dans cette situation.</p>



<p>Le&nbsp;refus systématique de ruptures conventionnelles ou de démissions&nbsp;par l’administration, même lorsqu’elles sont motivées et planifiées, ajoute de la violence à une crise déjà bien installée.</p>



<p>Entre 2015 et 2025, la part des personnels pour qui les missions confiées n’ont pas de sens a doublé (passant de 15,9 à 29,4%)&nbsp;: aujourd’hui, pour près d’un répondant sur trois, leurs mission n’ont pas de sens. L’enquête révèle aussi que beaucoup expriment de la déception pour un métier souvent rêvé (1 tiers des répondants).</p>



<p><strong>« Avoir raison tout seul a une limite »</strong></p>



<p>Pour l’UNSA Éducation, l’échec est celui&nbsp;d’une politique et d’une vision, non d’un ministre en particulier. La fédération appelle à&nbsp;un tournant clair et durable, et à&nbsp;une reconstruction collective&nbsp;du projet éducatif. Le malaise profond est palpable dans tous les corps, à tous les niveaux. Les personnels, malgré le découragement, restent&nbsp;engagés,&nbsp;attachés à leurs missions, mais sont de&nbsp;moins en moins heureux de les exercer à cause des conditions de travail, du manque de moyen et de reconnaissance.</p>



<p>«&nbsp;<em>Comment peut-on à ce point détourner la vocation des femmes et des hommes qui ont choisi ces métiers par engagement</em>&nbsp;? », interroge Morgane Verviers. L’UNSA Éducation le répète : les personnels n’aspirent pas à une école nostalgique ou sélective. Ils veulent les moyens de faire réussir tous les élèves, dans une école inclusive, ambitieuse et émancipatrice et non une école du tri et adéquationniste.</p>



<p><strong>Trois urgences : salaires, formation, conditions de travail</strong></p>



<p>Le baromètre 2025 identifie&nbsp;trois revendications majeures&nbsp;:</p>



<p><strong>Le pouvoir d’achat</strong>, d’abord, reste la priorité numéro un pour 87 % des personnels. Le gel du point d’indice, l’inflation rendent les métiers de l’éducation de moins en moins attractifs.</p>



<p>Enfin,&nbsp;<strong>la&nbsp;charge de travail et le stress</strong>&nbsp;explosent.&nbsp;44 % des personnels administratifs&nbsp;affirment travailler avec des outils&nbsp;inadaptés ou inefficaces, aggravant la pénibilité et le sentiment de malfaire.</p>



<p><strong>La formation</strong>, ensuite, est un besoin exprimé par&nbsp;32 % des répondants&nbsp;depuis plus de 10 ans. Pourtant, plus d’un personnel sur deux déclare&nbsp;n’avoir reçu aucune formation adaptée depuis trois ans. Dans certaines académies,&nbsp;les budgets ont été rabotés, et les formations, quand elles existent, ne correspondent pas aux besoins du terrain.</p>



<p><strong>Un métier de moins en moins choisi… et conseillé</strong></p>



<p>Le sentiment de&nbsp;perte de sens&nbsp;atteint un niveau préoccupant :&nbsp;29 % des personnels estiment que les missions confiées n’ont plus de sens, une hausse de 10 points depuis 2018. Seuls&nbsp;22 % conseilleraient aujourd’hui leur métier à un jeune, contre&nbsp;près d’un sur deux il y a quelques années.</p>



<p><strong>Le baromètre, une boussole&nbsp;</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Le baromètre n’est pas un simple constat : c’est une boussole</em>&nbsp;», affirme l’UNSA Éducation. Il montre à la fois&nbsp;l’attachement des personnels à leurs missions&nbsp;et&nbsp;leur rejet massif de l’orientation actuelle du système.</p>



<p>À deux jours de la&nbsp;mobilisation intersyndicale du 18 septembre, la fédération rappelle qu’un changement de cap profond est attendu et montre la déconnexion entre les personnels et leur ministère, entre le quotidien professionnel et les décisions politiques, entre le sens des métiers et celui des politiques menées. «&nbsp;<em>Les personnels tiennent encore, debout, par conscience professionnelle. Mais jusqu’à quand</em>&nbsp;? » s’interroge Morgane Verviers.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié le 17 septembre 2025 dans Le Café pédagogique</a></div>
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		<title>Suicide de Caroline Grandjean, professeure des écoles, victime de harcèlement lesbophobe</title>
		<link>https://parce-que.fr/suicide-de-caroline-grandjean-professeure-des-ecoles-victime-de-harcelement-homophobe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 21:46:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Grandjean]]></category>
		<category><![CDATA[lesbophobe]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Caroline Grandjean, enseignante dans le Cantal, s’est suicidée lundi 1er&#160;septembre 2025. Caroline Grandjean n’a pas pu faire sa rentrée en 2024 dans son école, elle n’a fait pas de rentrée en 2025 et elle n’en fera plus. C’est une immense tragédie pour l’Éducation nationale. Caroline Grandjean a été victime d’insultes homophobes et de menaces de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Caroline Grandjean, enseignante dans le Cantal, s’est suicidée lundi 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre 2025. Caroline Grandjean n’a pas pu faire sa rentrée en 2024 dans son école, elle n’a fait pas de rentrée en 2025 et elle n’en fera plus. C’est une immense tragédie pour l’Éducation nationale. Caroline Grandjean a été victime d’insultes homophobes et de menaces de mort au sein de son école. Elle a souffert de ces actes mais aussi du manque de soutien de l’institution.</strong></p>



<p><strong>Des menaces dans l’école</strong></p>



<p>En 2023, Caroline Grandjean découvre l’inscription homophobe « sale gouine » sur le mur de l’école du village et dépose plainte. Elle enseigne depuis trois ans dans cette école. Trois mois plus tard, un autre tag apparaît sur le mur de l’école. Malgré la demande de son inspectrice et des réserves côté mairie, elle adresse aux familles un communiqué cosigné avec les parents d’élèves et le maire pour dénoncer l’insulte. Quand elle reçoit une menace de mort, elle porte plainte, soutenue par la directrice académique. Un troisième tag apparait « dégage la gouine ». Remedium relate que l’inspectrice demande alors à Caroline « ce qu’elle a pu faire pour qu’on s’en prenne à elle ». L’auteur de bandes dessinée et de livres pour enfants, a relaté dans&nbsp;<em>Cas d’école</em>&nbsp;<a href="https://blogs.mediapart.fr/158568/blog/280125/cas-decole-lhistoire-de-caroline">l’histoire de Caroline</a>&nbsp;en janvier 2025.</p>



<p>Quand la directrice académique lui propose de changer d’école pour la protéger, Caroline&nbsp;<em>«&nbsp;refuse de plier face au corbeau&nbsp;»</em>. L’administration lui propose un autre poste à la rentrée 2024, contre son gré mais pour son bien et sa protection. Mais pour elle, c’est une double sanction : victime de harcèlement et mutée loin de chez elle.</p>



<p><strong>L’isolement d’une victime</strong></p>



<p>Pour Caroline, garder son poste est ne pas faiblir dans la lutte contre les discriminations. Elle se sent seule et isolée dans sa circonscription. Quand elle n’a pas pu faire la rentrée en 2024 dans son école, dans un règne du #pas de vague, Caroline a des messages de la mairie du village, non de soutien mais de soulagement qu’elle ne soit pas dans son école à la rentrée, ce qui la mènera à une tentative de suicide. Le corbeau ne sera pas identifié malgré les 5 plaintes et l’enquête judiciaire.</p>



<p>Pour Remedium, «&nbsp;<em>dernièrement il y a eu une accumulation de plusieurs événements qui ont renforcé son sentiment d’injustice. D’abord le classement sans suite de sa plainte, et puis la promotion de l’inspectrice de l’éducation nationale qui, selon elle, ne l’avait pas vraiment soutenue tout au long de cette affaire. Il y a un message dans le fait qu’elle ait choisi cette date de la rentrée pour se donner la mort</em>. »</p>



<p>Son suicide révèle une nouvelle fois les manquements de l’Éducation nationale dans la gestion des violences et la protection de ses agents. Le FSU-SNuipp et le S2DE demandent l’ouverture d’une enquête administrative pour faire la lumière sur cette affaire. Pour le syndicat des directions, Caroline était&nbsp;<em>«&nbsp;broyée par l’institution, par son village […], elle avait écrit sur un groupe de directeurs&nbsp;: «&nbsp;lundi… sera bien plus difficile pour moi que pour vous&nbsp;»</em>.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



<p>*Au printemps, le Café pédagogique voulait échanger avec Caroline, mais sa santé ne le permettait pas. Le Café pédagogique adresse son soutien à ses proches, à la communauté éducative endeuillée.</p>



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		<title>L’enseignement catholique : avec foi ni loi</title>
		<link>https://parce-que.fr/lenseignement-catholique-avec-foi-ni-loi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 21:28:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[Que dit – et ne dit pas – l’Enseignement catholique, (sans) sous contrat ?&#160;À l’occasion de sa première conférence de presse, son nouveau Secrétaire général , Guillaume Prévost, a (d)étonné par ses prises de positions. Celui qui conduit plus de 2 millions d’élèves a livré un discours dense, marqué par la volonté de défendre une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Que dit – et ne dit pas – l’Enseignement catholique, (sans) sous contrat ?&nbsp;</strong><strong>À l’occasion de sa première conférence de presse, son nouveau Secrétaire général , Guillaume Prévost, a (d)étonné par ses prises de positions. Celui qui conduit plus de 2 millions d’élèves a livré un discours dense, marqué par la volonté de défendre une certaine vision de l’éducation chrétienne – mais aussi marqué par des silences remarqués. Le mot « Bétharram » n’a jamais été prononcé, ni les « violences sexuelles ». Attaché à la liberté d’enseignement, à la relation éducative, l’enseignement catholique, subventionné à 75% d’argent public, revendique ses spécificités, la confiance des familles… et une forme d’indépendance vis-à-vis du ministère</strong>.&nbsp;<strong>A en oublier son contrat avec l’Etat&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>L’omission majeure : ce que dit – et ne dit pas – l’Enseignement catholique</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Ce qui s’est passé a profondément trahi le projet éducatif de l’enseignement catholique&nbsp;</em>», reconnaît Guillaume Prévost. Sans jamais nommer précisément les faits, ni les qualifier de violences sexuelles, il évoque des&nbsp;<em>« ce qui s’est passé »</em>, des&nbsp;<em>« abus »</em>, une&nbsp;<em>« trahison »</em>&nbsp;appelant à&nbsp;<em>« l’introspection »</em>et à une&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>responsabilité accrue »</em>. Mais pas un mot sur Bétharram, ni sur les mécanismes d’omerta ou l’absence de contrôle de l’Etat reprochés à l’institution. Et d’évoquer «&nbsp;<em>la succession des violences, suicides de directrices de l’école, agressions entre élèves, agressions des élèves sur les enseignants, et les drames, les abus qui ont fait l’actualité l’année dernière</em>&nbsp;». C’est alors que résonnent les témoignages des violences systémiques, de la fabrique du silence et&nbsp;<a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/03/21/lapres-betharram-la-parole-se-libere/">le cri lancé par Constance Bernard</a>&nbsp;«&nbsp;<em>je vous en supplie, ne laissez pas le sujet s’éteindre</em>&nbsp;».</p>



<p><strong>Betharram&nbsp;: lever l’omerta, le #me too de l’enseignement catholique</strong></p>



<p>Cette omission qui interroge :&nbsp;comment prétendre affronter une crise sans en nommer les causes systémiques ?&nbsp;«&nbsp;<em>Ce qui s’est passé doit nous amener à une introspection, à une réaction</em>&nbsp;», insiste-t-il, sans évoquer la nécessité de contrôle et du travail de prévention.</p>



<p>Et l’application Fait établissement&nbsp;? «&nbsp;<em>Tout ne remontera pas</em>&nbsp;» répond-il. Le Secrétaire général promet introspection et audits, notamment dans les internats, avec l’aide d’un cabinet extérieur. Mais sans diagnostic clair sur les violences systémiques, ces démarches risquent de rester à la surface.</p>



<p>L’enseignement catholique se veut un modèle éducatif alternatif. Mais son refus de nommer les violences sexuelles et son attachement à une autonomie par rapport au ministère parfois revendiquée au détriment du cadre légal posent des questions centrales :&nbsp;subventionné à 75% d’argent public ne doit-il pas rendre des comptes tout comme garantir des contrôles par l’État ?</p>



<p><strong>Au nom de la liberté de l’enseignement catholique</strong></p>



<p>Le cœur du discours repose sur une réaffirmation forte de la « confiance » accordée par les familles, les enseignants, et même les pouvoirs publics. Pour Guillaume Prévost, c’est cette confiance qui constitue «&nbsp;<em>la singularité de l’enseignement catholique</em>&nbsp;» et justifie une large autonomie :&nbsp;<em>« parce que la qualité vaut mieux que la conformité</em>&nbsp;».</p>



<p>Mais cette défense de la liberté éducative s’accompagne d’une vision qui place l’Enseignement catholique&nbsp;au-dessus des circulaires de l’Éducation nationale, parfois même en opposition aux «&nbsp;normes&nbsp;». «&nbsp;<em>On n’est pas défenseur de normes. On est défenseur de la personne. Libre, avec une valeur infinie&nbsp;</em>», affirme-t-il. Plus loin : «&nbsp;<em>À chaque fois que la norme recule et que la personne progresse, c’est toute l’humanité qui progresse</em>&nbsp;».</p>



<p>Une position assumée : «&nbsp;<em>Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. C’est ça la liberté scolaire</em>. » Et une critique à peine voilée de l’État : «&nbsp;<em>Les circulaires, ce sont des textes d’organisation de l’État […] Ce n’est pas la rue de Grenelle qui dicte nos pratiques</em>&nbsp;». Il dénonce des inspecteurs qui comprennent mal «&nbsp;<em>les spécificités de [leur] projet éducatif</em>&nbsp;».</p>



<p>Le ministère, sollicité sur ce point précise que les «&nbsp;<em>circulaires ministérielles relatives à la mise en œuvre des programmes officiels s’appliquent à l’ensemble des établissements d’enseignement privés sous contrat&nbsp;</em>», et que les inspections portent sur «&nbsp;<em>le</em><em>&nbsp;volet pédagogique, le respect des obligations légales, réglementaires et contractuelles, parmi lesquelles le respect des valeurs de la République dans les enseignements et le respect des programmes de l’enseignement public s’agissant tant de leur contenu que du volume horaire qui leur est dédié. Si des manquements sont constatés lors du contrôle, l’établissement est mis en demeure d’y remédier. En cas de manquements persistants, le contrat peut être résilié</em>&nbsp;».</p>



<p><strong>Confiance, liberté, au-dessus des lois ?</strong></p>



<p>Sur les sujets sensibles, le discours se fait plus tranché. Ainsi, sur les questions de transidentité ou d’éducation à la sexualité, la ligne est claire : l’enseignement catholique appliquera la loi&nbsp;: «&nbsp;<em>Si vous voulez qu’un texte s’applique à nos établissements, il faut le faire passer par le Parlement</em>. »</p>



<p><strong>Éducation affective et sexuelle : un engagement&nbsp;</strong></p>



<p>Guillaume Prévost promet que dans cinq ans, l’éducation affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) sera «&nbsp;<em>mise en œuvre</em>&nbsp;». Mais il en souligne immédiatement les limites actuelles : pas d’enseignants formés, pas d’heures dédiées, pas de moyens ni formation : «&nbsp;<em>Parce qu’il n’y a pas un prof des EVARS. […] Il faut le mettre en place. Et ça se met en plac</em>e. »</p>



<p>Il a également affirmé la volonté d’un enseignement par les professeurs, plutôt que de faire appel à des intervenants extérieurs, précisant toutefois que&nbsp;<em>« si un intervenant ne respecte pas le cadre réglementaire et le projet d’établissement, il ne reviendra pas. »&nbsp;</em>Interpellé sur l’association controversée Cycloshow, &nbsp;au slogan « Mon corps, un trésor pour la vie », il la qualifie de « formidable ».</p>



<p>Une zone d’ombre perdure : la spécificité du projet éducatif catholique évoquée à plusieurs reprises est-elle au-dessus d’un programme qui traite des questions d’avortement, d’identité de genre ?</p>



<p><strong>Liberté oui, mais pour qui ?</strong></p>



<p><em>« Si&nbsp;vous imposez des normes de l’extérieur, vous créez des conditions pour que ça ne marche pas. Il faut imposer un minimum de normes de l’extérieur »</em>&nbsp;lance le secrétaire général de l’enseignement catholique.&nbsp; Guillaume Prévost affirme vouloir «&nbsp;<em>l’ouverture aux pauvres&nbsp;</em>» et reconnaît que «&nbsp;<em>la liberté d’enseignement est un privilège réservé aux riches. Et ça, c’est scandaleux</em>&nbsp;». Mais comment garantir l’accès pour tous sans normes, quotas, lois ni encadrement ? L’appel à un plus grand financement public ne suffit pas : «&nbsp;<em>Il n’y a pas de détournement d’argent public, puisqu’il n’y a pas assez d’argent public&nbsp;</em>», plaide l’enseignement catholique.</p>



<p>Pour le secrétaire général du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique (SGEC), l’Enseignement Catholique fait partie intégrante de l’offre éducative. Selon lui, il se donne les moyens d’aller vers les fragilités et «&nbsp;<em>un projet éducatif ouvert à tous</em>&nbsp;». Il a également annoncé «&nbsp;<em>gagner des parts de marché dans une classe d’âge</em>&nbsp;», marché certainement des milieux privilégiés puisque l’enseignement privé sous contrat scolarise majoritairement des enfants issus de familles favorisées.</p>



<p><strong>«&nbsp;Vivifier le débat éducatif&nbsp;»</strong></p>



<p>Le Secrétaire général de l’enseignement catholique veut replacer l’enseignement catholique dans le débat éducatif national : «&nbsp;<em>Il faut qu’on se dote des moyens pour pleinement participer au débat éducatif […] et être un outil pour vivifier le débat éducatif dans notre pays, qui en a bien besoin</em>. »</p>



<p>Une ambition forte, fondée sur un positionnement clair : liberté, autonomie, refus des normes extérieures, jusqu’à revendiquer une forme d’exception. Sur une vidéo qui circule au sujet d’une prière en cours&nbsp;? «&nbsp;<em>Il n’y a pas de devoirs de neutralité des enseignants chez nous</em>&nbsp;» explique-t-il. Et de conclure, sur un ton provocateur : «&nbsp;<em>Vous n’allez pas dans un restaurant chinois pour commander des pizzas</em>. »</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p></p>
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		<title>Marseille : comment les données statistiques et de la recherche accompagnent une politique publique</title>
		<link>https://parce-que.fr/marseille-comment-les-donnees-statistiques-et-de-la-recherche-accompagnent-une-politique-publique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jun 2024 14:22:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mobilisations, évènements]]></category>
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					<description><![CDATA[Les données ministérielles comme celles de la recherche sont sans appel : le système éducatif est inégalitaire et ségrégué et le fossé se creuse. Les IPS (Indices de Position Sociales) rendus publics, après un procès mené par un journaliste, permettent d’objectiver les écarts sociaux entre les établissements scolaires tout comme l’état de la mixité sociale. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Les données ministérielles comme celles de la recherche sont sans appel : le système éducatif est inégalitaire et ségrégué et le fossé se creuse. Les IPS (Indices de Position Sociales) rendus publics, après un procès mené par un journaliste, permettent d’objectiver les écarts sociaux entre les établissements scolaires tout comme l’état de la mixité sociale. Ce projet avait été lancé sous le ministère de Najat Vallaud-Belkacem dans la foulée de la dernière grande réforme de l’éducation prioritaire datant de 2015. L’IPS est calculé selon les catégories socio-professionnelles des parents, qui on le sait, influent sur la réussite scolaire des enfants. Ces données confirment des écoles privées majoritairement plus favorisées tout comme une disparité entre établissements publics. </em><em>La mixité est un enjeu social et politique majeur en termes de cohésion sociale : l’École n’est-elle pas le premier lieu de rencontre, la première expérience de collectif, de rencontre de l’autre au sortir de la famille ? Les études scientifiques et les expériences de terrain attestent des effets bénéfiques de la mixité sociale et scolaire sur les élèves. Dans quelles mesures, les politiques publiques prennent-elles en compte les données scientifiques, dans quelles mesures ces dernières les éclairent-elles ? A Paris, les IPS sont pris en compte dans l’affectation des élèves de 3eme en 2nde avec la plateforme Affelnet. Marseille introduit à son tour l’usage des données relatives à l’IPS pour accompagner une politique publique et moduler le barème du financement des moyens accordés aux écoles communales. Ces changements traduisent une volonté politique des collectivités en faveur des élèves les plus défavorisés et de plus de mixité… en attendant peut-être que l’État s’empare de cet enjeu de mixité à l’échelle nationale ?</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2024/05/word-image-263499-1.jpeg" alt="" class="wp-image-263508"/></figure>



<p><strong>Un contexte politique&nbsp;: entre urgence et ambition</strong></p>



<p>L’ambition éducative du maire de Marseille Benoit Payan et de sa majorité plurielle du Printemps Marseillais n’est pas un secret. Les polémiques sur l’état des écoles marseillaises ont fait la Une lors du dernier mandat de Jean-Claude Gaudin (UMP) et ont dépassé l’échelle locale avec le plan «&nbsp;Marseille en grand&nbsp;» du président Emmanuel Macron. Le chantier du plan École à 1,5 milliard d’euros est vaste&nbsp;: reconstruction et rénovation de 188 écoles, plan de rénovation pour les 470 écoles publiques et réforme de leur fonctionnement. Si la nouvelle majorité de Marseille doit répondre aux urgences, elle a affiché d’emblée une ambition pour les enfants marseillais.</p>



<p><strong>Des kits de fournitures pour tous les élèves</strong></p>



<p>En 2023, Marseille a introduit une nouvelle mesure plébiscitée par les familles dans le contexte économique d’inflation en livrant des kits de fournitures scolaires dans ses écoles. Ce sont 6,3 millions d’euros (soit une hausse de 65&nbsp;% par rapport à 2020)&nbsp;consacrés au financement de matériel pédagogique des écoles et des kits de rentrée pour les élèves. A la prochaine rentrée, les 76 000 élèves des écoles publiques comme les 14 000 élèves scolarisés dans une école privée recevront un kit de fourniture. Pour rappel, les communes ont l’obligation légale de financer les établissements privés du premier degré sous contrat&nbsp;: un euro versé à l’école publique doit également l’être pour les écoles privées sous contrat (selon un pro rata lié au nombre d’élèves).&nbsp;Pierre Huguet, l’adjoint au Maire en charge de l’Éducation, précise qu’avec le kit, «&nbsp;<em>il n’est pas question de payer deux fois</em>&nbsp;». Or, les derniers rapports de la Cour des comptes comme des parlementaires sur le financement de l’école privée soulignent l’absence de contrôle de l’argent public. Le kit de fourniture de rentrée accordé aux écoliers des établissements privés sous contrat de Marseille, permet de permet de s’assurer que l’effort financier de la Ville serve l’objectif municipal. Cette mesure a donc un double effet bénéfique&nbsp;: une aide matérielle directe aux familles et un moyen de contrôler une partie du financement public à l’école privée. Pour rappel, l’absence de contrôle,&nbsp;<a href="https://www.laprovence.com/article/region/31010118255311/argent-public-verse-au-prive-les-ecoles-marseillaises-epinglees-par-le-rapport-de-la-mission-parlementaire">notamment des établissements</a>&nbsp;privés marseillais est aujourd’hui un point noir alors que le forfait communal ou d’externat (pour les collèges et lycées) relève d’une obligation légale. Concrètement, avec cette mesure, les dépenses correspondant au kit de fournitures des écoles publiques ne seront pas retenues pour évaluer le forfait communal.</p>



<p><strong>Une progressivité des moyens&nbsp;pour combler les lacunes de l’éducation prioritaire</strong></p>



<p>La Ville de Marseille, comme les autres communes, accorde chaque année un budget aux écoles publiques pour que les enseignants achètent le matériel pédagogique nécessaire.&nbsp;Or depuis les années 2000, le barème d’attribution&nbsp;n’avait pas évolué et le mode de calcul distinguait comme partout ailleurs, les écoles des écoles en éducation prioritaire. Mais, en 20 ans la réalité sociologique d’établissements scolaires change. Et depuis la création de l’IPS en 2016, il est possible d’appuyer une observation sur des données fiables.&nbsp;&nbsp;Par exemple, l’école Calanque de Sormiou située dans le 9e&nbsp;arrondissement présente un IPS faible de 72 mais n’est pas dans un réseau d’éducation prioritaire&nbsp;; elle répond parfaitement à la définition des écoles dites orphelines.</p>



<p>C’est donc pour corriger cet état de fait que lors du dernier Conseil municipal en avril, la Ville a adopté nouveau un mode de calcul permettant de donner plus à ceux qui en ont le plus besoin, sans pour autant faire diminuer les moyens aux établissements scolaires. L’objectif affirmé est de mieux prendre en compte les conditions sociales réelles d’apprentissage&nbsp;avec un objectif accru de justice sociale et d’égalité, facteur de réussite scolaire.</p>



<p><strong>Plus d’argent pour les élèves défavorisés et un bonus pour la mixité sociale</strong></p>



<p>Ce nouveau calcul refond la « dotation élève» sur la logique de référence à l’indice de position sociale (IPS) et à l’écart-type. Les nouvelles modalités de financement répartissent les écoles en trois groupes selon l’IPS&nbsp;: inférieur à 95, entre 95 et 115 et supérieur à 115. La dotation va de 38 à 46 euros/élève. Pour les deux groupes aux IPS supérieur à 95, un bonus mixité est accordé. &nbsp;Plus de 50&nbsp;% des écoles sont dans le groupe le plus doté, tandis qu’environ 1/3 des deux autres groupes bénéficient d’un bonus mixité. Avec cette nouvelle règle de calcul, sur 470 écoles, 422 voient leur budget augmenter de 5 à plus de 20&nbsp;%. Une cinquantaine d’écoles&nbsp;orphelines voient leur moyens alignés sur ceux de l’éducation prioritaire.</p>



<p>L’IPS permet en outre&nbsp;de déterminer la mixité sociale d’un établissement scolaire&nbsp;grâce à l’écart type. Ces données permettent de disposer d’une cartographie plus précise des écoles et du niveau social des élèves scolarisés en leur sein, éclairant davantage les inégalités sociales et la mixité scolaire entre et au sein des établissements marseillais. Cette dernière est faible lorsque l’écart-type est inférieur à 20 points et forte lorsque que celui-ci est supérieur à 35 points. Le site du gouvernement explique que «&nbsp;<em>L’indice d’hétérogénéité sociale d’un établissement correspond à l’écart-type (ET) de l’indice de position sociale (IPS) de ses élèves. Plus il est élevé, plus le profil social des élèves est diversifié</em>». Marseille a décidé d’accorder une bonification aux établissements scolaires dotés d’IPS moyen et élevé, qui accueillent une mixité sociale dans leurs effectifs, caractérisée par un écart-type (ET) supérieur à 35.</p>



<p><strong>Kit et dotation progressive&nbsp;: des mesures complémentaires</strong></p>



<p>L’adjoint au maire en charge du dossier, Pierre Huguet présente le kit de rentrée et la dotation progressive comme «&nbsp;deux mesures complémentaires&nbsp;». Il évoque la «&nbsp;tentation politique&nbsp;» «&nbsp;entre une&nbsp;communication accessible » et «la&nbsp;complexité technique&nbsp;» de politiques publiques&nbsp;parfois difficiles à appréhender. En effet, le kit de rentrée permet de saisir une ambition politique, en la rendant concrète à toutes et tous, tout en menant une politique publique qui repose sur un degré de technicité élevé et sur les résultats de la recherche. L’adjoint résume avec ces mots&nbsp;: «&nbsp;<em>Le kit est la partie visible de l’iceberg d’une politique publique plus en profondeur. Il répond au besoin immédiat de familles qui connaissent des difficultés&nbsp;; il montre aussi une ambition politique pour la réussite éducative. La dotation progressive est une réponse parmi d’autres à des besoins structurels.&nbsp;»&nbsp;</em>Voilà une politique publique et une volonté politique qui fait œuvre de pédagogie utile pour la vie démocratique.</p>



<p><strong>Complémentarité également dans le cadre de la décentralisation</strong></p>



<p>Le travail de la recherche, les données ministérielles sur l’IPS, désormais publiques, &nbsp;affinent la connaissance sociologique d’un établissement et peuvent influer sur la politique publique menée. Les collectivités, à l’instar de la capitale phocéenne, peuvent s’en emparer pour pallier les lacunes de la carte de l’éducation prioritaire, et décider d’augmenter les subventions avec l’objectif de mieux, d’ aider les plus fragiles et de valoriser la mixité sociale d’un établissement.</p>



<p>Ce travail inédit mené à Marseille en étroite collaboration avec la direction académique des Bouches-du-Rhône révèle la part que les collectivités peuvent prendre dans le champ éducatif car elles en ont bien la compétence partagée avec l’État. Plus souples, plus proches des réalités sociales de terrain, elles peuvent mener des politiques publiques adaptées à leur contexte si telle est leur volonté. La deuxième ville de France présente une sociologie particulière avec près de la moitié des enfants scolarisés en éducation prioritaire. L’équipe municipale de Marseille, en s’appropriant un outil élaboré par le ministère de l’Éducation nationale, montre qu’il est possible d’allier légitimités nationale et locale dans le cadre de la décentralisation. Pour l’élu Pierre Huguet, c’est un moyen pour la gauche, à la tête de nombreux exécutifs municipaux, de porter localement son projet pour l’école et l’éducation.</p>



<p>La prochaine question sera celle du rôle de ces données dans la politique nationale et notamment dans la nouvelle carte de l’enseignement prioritaire ou leur rôle en faveur de la mixité. Pour le moment, le gouvernement continue de nourrir le mille-feuille administratif avec les dispositifs et labels&nbsp;: REP, CLA, Cités éducatives, QPV…</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié dans Le Café pédagogique, le 31 mai 2024 </a></div>
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