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	<title>Billets, éditos &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>Billets, éditos &#8211; Parce que !</title>
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		<title>Parions sur l’École et l’éducation : Un manifeste pour une école du temps long</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 17:22:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À quelques mois d’une échéance électorale majeure, nous avons lancé un appel dans&#160;Le Café pédagogique, à l’origine de ce manifeste pour l’École et l’éducation. C’est un projet qui nous tient à cœur, à nous qui consacrons notre quotidien à l’éducation. Un projet ambitieux, qui n’est pourtant que le début d’un chantier nécessaire, aussi urgent que [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole-300x256.png" alt="" width="300" height="256" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole-300x256.png 300w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole-1024x874.png 1024w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole-768x655.png 768w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole-600x512.png 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/parions-sur-ecole.png 1174w">À quelques mois d’une échéance électorale majeure, nous avons lancé un appel dans&nbsp;<em>Le Café pédagogique</em>, à l’origine de ce manifeste pour l’École et l’éducation. C’est un projet qui nous tient à cœur, à nous qui consacrons notre quotidien à l’éducation. Un projet ambitieux, qui n’est pourtant que le début d’un chantier nécessaire, aussi urgent que durable : celui de la reconstruction de l’École. Cet appel veut redonner toute sa place à l’horizontalité et plaide pour une école du temps long, mais il renvoie aussi à un horizon démocratique et social, à une vision politique. On vous en dit plus là :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Changer de rythme, apaiser et réparer : passer d’une « politique de l’annonce » à une politique éducative durable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, notre École est abîmée, inquiète. Elle l’est après des années de gestion autoritaire et verticale, d’idéologie réactionnaire, de restrictions budgétaires, de communication intempestive, d’instabilité, de mépris et de séparatisme social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’école au collège, du lycée général et professionnel, à l’enseignement supérieur, tout le système éducatif a subi des réformes durant les deux quinquennats du président Macron, placé sous le signe d’une instabilité chronique. La brutalité de certaines réformes, souvent conduites à rebours des expertises de la recherche et de l’expérience des professionnels qui travaillent quotidiennement dans les établissements scolaires, a profondément fragilisé l’institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’une vague de précarisation, de « kits à penser », de déprofessionnalisation, de dépossession professionnelle et intellectuelle déferle sur l’École, la considération et la reconnaissance de leur expertise est un besoin et une attente forte. L’enquête internationale Talis pointait récemment le sentiment des professeurs français&nbsp;: seuls 4% s’estiment considérés par les dirigeants politiques comme par la société. Avec, en retour, un sentiment croissant de « travail empêché » et une défiance qui s’installe, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’institution. Les personnels ne comprennent plus toujours le sens de ce qui leur est demandé, tandis que les familles et l’opinion publique peinent à percevoir la cohérence d’un système sans cesse réformé. Coup double, donc, mais doublement raté : on a fini par fragiliser à la fois ceux qui font vivre l’École et la confiance que la société lui accorde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rétablir la confiance dans l’École et l’éducation : une priorité et une urgence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette crise se manifeste aussi par la crise du recrutement, la multiplication des démissions, des ruptures conventionnelles et des congés de longue durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle se manifeste également dans une pédopsychiatrie à la dérive, des politiques de prévention à bout de souffle, les alertes répétées sur la protection de l’enfance, les associations d’éducation populaire en difficulté et les loisirs éducatifs progressivement bradés au profit du secteur marchand.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Partout, les réponses répressives semblent s’imposer : face à une difficulté sociale, on sanctionne, on réprime, on exclut. Tout se passe comme si nos politiques ne croyaient plus en l’éducation et sacrifiaient délibérément le long terme pour satisfaire les opinions les plus conservatrices et, en retour, les renforcer. Il faut changer de cap.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relancer la démocratisation pour notre démocratie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, oui, nous avons du chemin à parcourir pour construire une École où l’on apprend ensemble, où les savoirs libèrent, émancipent et unissent tous les enfants de la République. D’autant plus que cet horizon s’est éloigné ces dernières décennies, qui ont vu croître la ségrégation sociale et les inégalités, ainsi que le séparatisme socio-scolaire, dont les groupes de niveaux constituent un exemple particulièrement révélateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Relancer la démocratisation de l’École, c’est faire de l’inclusion et de la lutte contre la ségrégation sociale et scolaire une véritable priorité politique. En effet, la démocratisation scolaire demeure aujourd’hui largement inachevée et reste marquée par de fortes logiques ségrégatives. La concentration des publics et la hiérarchisation des parcours fragilisent à la fois l’École et la démocratie, en installant durablement des inégalités de trajectoires. Dans un système encore largement structuré par le tri, les mécanismes d’orientation contribuent à produire des gagnants et des perdants socialement situés. La compétition s’est intensifiée sous l’effet du recul de l’État social et de la montée des logiques de responsabilisation individuelle. Relancer la démocratisation suppose donc de rompre avec ces mécanismes de tri.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ambition démocratique passe également par une réflexion sur les contenus enseignés et sur les parcours proposés aux élèves : quelle place accorder à la philosophie ? Comment permettre à chacun de découvrir les métiers de l’artisanat, de l’agriculture et de l’industrie ? Comment construire une orientation fondée sur le choix plutôt que sur la relégation ou l’orientation subie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la défiance envers l’École s’est installée, nourrissant des sentiments de colère et de ressentiment qui sont dangereux pour la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve-198x300.png" alt="" width="198" height="300" srcset="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve-198x300.png 198w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve-677x1024.png 677w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve-768x1162.png 768w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve-600x908.png 600w, https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/08/breve.png 846w">Une vision partagée existe. Une méthode aussi : rassembler.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons construire une vision partagée, et il nous faut, pour cela utiliser une méthode : celle du rassemblement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’échec de la mesure phare du « choc des savoirs » de Gabriel Attal, les groupes de niveaux, atteste de la capacité des personnels de l’éducation et des citoyens à faire corps et à remporter des victoires. C’est le front commun mené par les personnels, les familles et les associations d’éducation populaire qui a permis de faire reculer une mesure qui trahissait, à nos yeux, les missions émancipatrices de l’École. Car aimer l’École, c’est promouvoir la démocratie. C’est refuser les assignations. C’est défendre la possibilité, pour chaque enfant et chaque jeune, d’apprendre, de choisir et de construire son avenir. Tout reste possible si nous le voulons, ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réparer avant tout</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, quelles pistes ? Il faut d’abord réparer&nbsp;: réparer les conditions de travail, les effectifs, les salaires, mais aussi réparer le sens du métier et la considération accordée à celles et ceux qui l’exercent. Le sentiment de déconsidération alimente le mal-être au travail. Reconnaître les professionnels, leur expertise, leur capacité à penser et à agir doit donc être au cœur de toute politique de refondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mixité sociale et scolaire est un autre chantier nécessaire. Le séparatisme actuel est un poison pour la démocratie. La reproduction des inégalités est une bombe sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’« École des classes » nourrit des sentiments d’humiliation et de discrimination qui peuvent être durables. Car ce qui se joue dans les salles de classe dépasse largement le cadre scolaire : c’est aussi là que se construit la solidité du lien démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour une École plus juste, solidaire, refaire de l’École un objet démocratique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut enfin faire de l’École un véritable objet démocratique, et non la laisser devenir l’affaire des seuls technocrates ou bureaucrates. Cela suppose de redonner pleinement la parole à celles et ceux qui la font vivre au quotidien, afin de retrouver collectivement le sens et la vocation de l’École. Pour cela, nous devons partir de ce qui fonctionne déjà : des enseignements de la recherche, des expériences menées sur le terrain, des réussites, mais aussi des initiatives qui, partout, montrent qu’une autre École est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit ainsi de construire une École plus ouverte, plus solidaire et davantage tournée vers l’émancipation de chacune et de chacun. Une École qui prenne le temps de transmettre, de former et d’accompagner ; une École qui s’inscrive dans le temps long, plutôt que de se laisser guider par l’urgence et la succession des réformes. C’est tout le sens de ce livre et du chantier que nous souhaitons ouvrir avec lui. Il ne s’agit pas de proposer une réforme supplémentaire, qui viendrait s’ajouter à tant d’autres, mais de contribuer à une véritable reconstruction durable de l’École pour passer d’une « politique de l’annonce » à une politique éducative durable. Une reconstruction qui ne pourra se faire qu’avec celles et ceux qui la font vivre, qui la fréquentent, qui la connaissent de l’intérieur et qui, chaque jour, la défendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’il est encore temps d’agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et parce que l’École, à l’image de la démocratie elle-même, est l’affaire de toutes et de tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani et Philippe Meirieu</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié dans Le Café pédagogique le 24/08/2026</a></div>
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		<title>Classement des collèges et des lycées : la surenchère de la mise en concurrence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 May 2025 18:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
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					<description><![CDATA[Évaluer, classer, sélectionner, bienvenue dans le système éducatif et la culture scolaire ! S’il y a eu démantèlement de la réforme du bac Blanquer, et de sa réforme de la formation, perdurent la culture de l’évaluation, qu’il aura insufflée de manière durable, et la communication politique. Au printemps, c’est au tour des évaluations Ival, Ivac [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Évaluer, classer, sélectionner, bienvenue dans le système éducatif et la culture scolaire ! S’il y a eu démantèlement de la réforme du bac Blanquer, et de sa réforme de la formation, perdurent la culture de l’évaluation, qu’il aura insufflée de manière durable, et la communication politique. Au printemps, c’est au tour des évaluations Ival, Ivac de fleurir et de faire la Une de la presse locale, régionale comme nationale. Mais à quoi bon et à qui s’adressent ces indicateurs si ce n’est aux familles ? Le Café pédagogique dénonce l’emballement médiatique autour de cette culture de la concurrence et du marché scolaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Emballement médiatique et «&nbsp;approche relative&nbsp;» admet le ministère</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore un indicateur ? « Ival », « Ivac », pour « Indicateur de Valeur Ajoutée des Lycées ou Collèges » pour celles et ceux qui n’auraient pas la référence. &nbsp;Mais attention, d’après le ministère-même, il s’agit d’une approche relative. Si elle est ainsi relativisée, d’un point de vue scientifique, elle est pourtant largement médiatisée. Car, ces évaluations intéressent et répondent bien plus aux préoccupations des familles ou de l’opinion publique – ainsi construite au passage – que des spécialistes de l’éducation, comme bien souvent les sujets éducatifs qui font la Une de la presse, malheureusement. La preuve en est au regard des nombreuses notes et études absentes des colonnes médiatiques ou encore de l’absence de publication de données ou rapports, gardés secrets. Songeons à la publication des IPS (indicateurs de mixité sociale) rendus publics en 2022 après une bataille judiciaire menée par le journaliste Alexandre Lechenet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>IVAl, IVAC, un classement qui n’en serait pas un</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Education nationale publie les résultats des collèges et lycées classés selon le critère de la valeur ajoutée qui «&nbsp;<em>évalue l’apport propre de l’établissement à la réussite de ses élèves, compte tenu de leurs caractéristiques</em>&nbsp;». La Depp précise également que cette approche est relative. L’idée ne serait pas de classer, mais de donner une photographie et non un palmarès précise-t-on. Pour la Depp, cette valeur ajoutée permet de «&nbsp;<em>comprendre et apprécier la façon dont les établissements accompagnent leurs élèves vers la réussite</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>prendre en compte les disparités importantes en e recrutement entre les établissements en termes de profils scolaires et socio-économiques des élèves&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces données sont donc à destination des familles, pour éclairer leur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à parler de valeur ajoutée positive, n’implique-t-il pas son pendant de valeur ajoutée négative ? Les équipes pédagogiques apprécieront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notons que les données sont partagées avec générosité alors que la publication des IPS n’a été publique qu’au terme d’une décision de justice : le ministère a été condamné par le tribunal administratif de Paris à publier ces statistiques sociales. Depuis 20 ans, les données, également accessibles et publiques, montrent la ségrégation grandissante et combien les écarts se creusent entre les publics accueillis dans le établissements privés et publics au détriment de ces derniers. Pour favoriser (vraiment) la mixité scolaire et sociale, ne devrait-on pas cesser avec toutes ces données et leur médiatisation qui concourt à la concurrence et à la fuite ? Le jeu des réputations nuit forcément à certains établissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourrir la culture néolibérale du choix, de l’offre, de la concurrence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a fort à parier que vous lirez et retrouverez dans la presse locale et nationale des articles sur les collèges et lycées de votre ville, département, région ou académie qui sont bien classés ou évalués, ceux qui font bien réussir vos enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces indicateurs infusent une logique de marché, de choix et y habituent Car les familles ont bel et bien un choix à faire en termes de scolarité de leur enfant. Enfin, certaines familles. Si dans le cadre de la sectorisation, et de la carte scolaire, parler de choix peut étonner, c’est oublier que le secteur privé échappe à ces conditions. La politique du choix fait celle du privé finalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des effectifs réduits dans les classes ne seraient-ils pas une valeur ajoutée objective, et non pas « relative » ? De même, faire reculer la ségrégation des établissements serait une valeur ajoutée aux établissements les plus défavorisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Approche relative, médiatisation, c’est le cocktail et le traitement médiatique réservé à l’école. Comme l’abaya qui cache la forêt, l’uniforme cache l’indigence de tous ces contre-feux qui ne parlent pas des réels difficultés et enjeux pour les personnels et élèves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié le 2/04/25 dans Le Café pédagogique</a></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Edito : l’Ecole en surchauffe</title>
		<link>https://parce-que.fr/edito-lecole-en-surchauffe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 14:52:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
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					<description><![CDATA[Le mépris. La déconsidération. L’abandon. Voilà ce que ressentent aujourd’hui de nombreux personnels de l’Éducation nationale. Avec colère et fatigue. Et angoisse face à l’incapacité des pouvoirs publics à anticiper, gouverner et mener une politique éducative, climatique qui protège les conditions de (sur)vie.Quelles leçons de 2003 ou 2019 ?  Car cette nouvelle vague de chaleur n’a [&#8230;]]]></description>
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<figure class="wp-block-image alignleft"><img decoding="async" src="https://www.cafepedagogique.net/wp-content/uploads/2026/04/djehanne.gani_.cafepPeda.jpeg.webp" alt=""/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mépris. La déconsidération. L’abandon. Voilà ce que ressentent aujourd’hui de nombreux personnels de l’Éducation nationale. Avec colère et fatigue. Et angoisse face à l’incapacité des pouvoirs publics à anticiper, gouverner et mener une politique éducative, climatique qui protège les conditions de (sur)vie.</strong><strong style="color: rgb(10, 10, 10); font-family: &quot;Libre Baskerville&quot;; font-size: 17px; letter-spacing: 0px; text-align: justify; white-space: normal; box-sizing: border-box; line-height: inherit;">Quelles leçons de 2003 ou 2019 ? </strong><p style="letter-spacing: 0px; white-space: normal; box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 20px; padding: 0px; font-size: 17px; font-family: &quot;Libre Baskerville&quot;; line-height: 28px; color: rgb(10, 10, 10); direction: ltr; text-align: justify;">Car cette nouvelle vague de chaleur n’a rien d’une surprise. Les canicules sont plus fréquentes, plus intenses, plus précoces. Les alertes scientifiques existent depuis longtemps. Pourtant, année après année, les personnels et les élèves continuent de subir des conditions de travail et d’apprentissage dégradées dans des bâtiments souvent inadaptés. Les témoignages qui nous parviennent des établissements sont nombreux. Des salles de classe à plus de 32, 34, parfois 35 degrés dès la matinée. Des personnels contraints de se débrouiller avec les moyens du bord, en lien avec les collectivités lorsque cela est possible. Une fois encore, l’institution renvoie aux équipes la responsabilité de décider, de gérer l’urgence, de choisir entre supporter la chaleur ou envisager un droit de retrait, relevés de température à l’appui.<strong style="box-sizing: border-box; line-height: inherit;">Covid et canicule</strong>Cette gestion locale rappelle de mauvais souvenirs. Comme pendant la crise sanitaire, les écoles restent ouvertes coûte que coûte, tandis que les directions et les équipes sont placées en première ligne pour absorber les conséquences de décisions prises loin du terrain. Pourtant, il ne s’agit pas d’une question de bonne volonté. Les personnels font déjà preuve d’un engagement remarquable. Ils enseignent, accompagnent les élèves, préparent les examens, corrigent les copies, surveillent, organisent, adaptent. Ils le font dans le froid l’hiver, dans la chaleur l’été, malgré des conditions de travail souvent dégradées. Ils le font aussi dans un contexte marqué par l’absence de véritable prévention des risques professionnels, par le manque de médecine du travail et par une culture du bricolage devenue trop souvent la norme.La canicule révèle aussi les inégalités sociales et territoriales. Tous les établissements ne disposent pas des mêmes équipements, des mêmes possibilités d’adaptation ou des mêmes ressources. Une fois encore, ce sont les personnels et le service public qui absorbent le coût de l’inaction politique et climatique.<strong style="box-sizing: border-box; line-height: inherit;">Canicule et fausses bonnes idées</strong>Dans ce contexte, les annonces sur la « reconquête » des mois de juin et juillet ou sur une éventuelle réduction des vacances d’été interrogent. Est-il réellement possible d’ignorer les réalités climatiques ? Peut-on sérieusement réfléchir aux rythmes scolaires à partir d’arguments approximatifs ou de stratégies de communication, plutôt qu’à partir des connaissances scientifiques et des résultats de la recherche ? La France n’est d’ailleurs pas le pays européen qui accorde le plus de vacances d’été à ses élèves. Le débat mérite mieux que des slogans ou des fausses évidences.Depuis plusieurs semaines, les annonces se succèdent : uniforme, intelligence artificielle, interdiction du téléphone au lycée, réforme après réforme, communication après communication. L’année scolaire s’achève comme elle avait commencé : avec beaucoup d’effets d’annonce et peu de réponses concrètes aux difficultés du terrain. Le sixième ministre de l’Éducation nationale depuis 2017 n’aura malheureusement pas dérogé à cette tendance.<strong style="box-sizing: border-box; line-height: inherit;">Des faits</strong>Le réel, pourtant, est là. Ce sont les élèves. Ce sont les personnels. Ce sont les femmes et les hommes qui font vivre chaque jour l’École publique. Souvent épuisés, souvent sous-estimés, parfois découragés, mais toujours engagés dans la réussite des élèves. Inventifs pour compenser les inégalités du système. Dévoués au point, parfois, de financer eux-mêmes du matériel ou des fournitures.Aujourd’hui, beaucoup expriment une profonde fatigue. Une fatigue de fin d’année, mais aussi une fatigue accumulée au fil des années. Une perte de confiance. Certains sont encore en colère. D’autres ne le sont même plus. Ils ne sont plus surpris.Face à l’urgence climatique, il est temps de passer des discours aux actes. Il est temps d’engager un vaste plan d’adaptation des bâtiments scolaires, de rénovation thermique des écoles et des établissements, de protection des personnels et des élèves. Il est temps de penser les rythmes scolaires à partir de la réalité du climat comme des inégalités et non à partir d’opérations de communication. J&rsquo;ad</p></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="letter-spacing: 0px; white-space: normal; box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 20px; padding: 0px; font-size: 17px; font-family: &quot;Libre Baskerville&quot;; line-height: 28px; color: rgb(10, 10, 10); direction: ltr; text-align: justify;">Plein soutien à l’ensemble des personnels de l’éducation. À celles et ceux qui continuent d’assurer leurs missions dans des conditions difficiles. À celles et ceux qui tiennent l’École à bout de bras malgré le manque de moyens, malgré l’épuisement. Mais devant cette nouvelle canicule, une question demeure : « qui aurait pu prédire » ?</p></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="letter-spacing: 0px; white-space: normal; box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 20px; padding: 0px; font-size: 17px; font-family: &quot;Libre Baskerville&quot;; line-height: 28px; color: rgb(10, 10, 10); direction: ltr; text-align: justify;"> <strong style="box-sizing: border-box; line-height: inherit;">Djéhanne Gani</strong></p><div class="pmb-print-this-page wp-block-button" style="letter-spacing: 0px; white-space: normal; box-sizing: border-box; margin: 0px; padding: 0px; font-size: 17px; font-family: &quot;Libre Baskerville&quot;; line-height: 28px; color: rgb(10, 10, 10); direction: ltr; text-align: right; display: flex; justify-content: flex-end;"></div></p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2026/06/23/edito-lecole-en-surchauffe/">Edito publié le 23/06/26 dans Le Café pédagogique</a></div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ?</title>
		<link>https://parce-que.fr/de-lecole-a-la-caserne-la-jeunesse-en-uniforme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 13:46:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
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					<description><![CDATA[« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous : l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale ? Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble, dès lors&#160;ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous</strong><strong> </strong><strong>: l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale</strong><strong> </strong><strong>? Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble</strong><strong>, dès lors&nbsp;</strong><strong>ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri social, la ségrégation subie comme choisie&nbsp;et le phénomène de séparatisme croissant à l’œuvre aujourd’hui dans nos écoles ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’armée à l’assaut des classes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le budget de l’armée dépasse désormais celui de l’Éducation nationale : le PLF 2026 prévoit 68,4 milliards pour la Défense contre 64,5 milliards pour l’école. Et ces chiffres sont biaisés pour l’éducation selon l’Institut des Politiques Publiques. Ses travaux ont souligné que l’État gonfle artificiellement le budget de l’Éducation nationale en y intégrant les pensions, donnant une illusion d’investissement réel. Une fois ces chiffres corrigés, la France investit moins que la moyenne européenne, notamment dans le primaire, si fondamental et déterminant pour le parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que l’armée renforce son matériel et son recrutement, l’enseignement de la défense s’invite dans les établissements scolaires, sans débat démocratique. Sitôt le SNU enterré, les classes « défense » et le Service National Volontaire, valorisés sur Parcoursup, brouillent la frontière entre éducation et préparation militaire. L’école, censée émanciper, devient un outil de normalisation militaire dès la 4ᵉ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éducation, embrigadement, mise au pas</strong><strong> </strong><strong>?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Réformes du lycée, Parcoursup, classes de niveau, stages, SNU, classes « défense »… tout concourt à former des élèves « prêts ». Mais prêts pour quoi ? Pour le marché du travail, pour l’armée, pour la société de 2030 ? Le devoir de défense remplace la pensée critique. La présence militaire et les programmes remodelés donnent priorité à l’embrigadement sur l’émancipation. Les dispositifs comme le service militaire volontaire ou les partenariats avec la police sont perçus comme des outils d’acculturation militaire, au détriment de l’éducation à la paix et de la citoyenneté. Dans les lycées populaires, enseignants et élèves dénoncent le manque de moyens, la répression et l’injustice sociale, tandis que la jeunesse est appelée « à se tenir sage », comme à Mantes la jolie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une école pour tous ou pour l’armée</strong><strong> </strong><strong>?</strong>&nbsp;<strong>L’urgence d’un débat national</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’école doit rester un lieu d’émancipation et de citoyenneté, pas un tremplin vers l’armée. Former des citoyens libres doit primer sur la formation de soldats. La cohésion sociale, la rencontre de l’autre et l’éducation au savoir et à la citoyenneté doivent être des objectifs prioritaires, pas la militarisation de la jeunesse. Il est temps d’ouvrir un débat démocratique de fond sur la place de l’armée dans l’éducation et de refuser toute instrumentalisation de l’école publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est temps d’agir&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’éducation doit primer sur l’embrigadement. L’école n’est pas un champ de bataille : c’est un espace de réflexion, de rencontre et de citoyenneté. Le sujet mérite qu’on s’y attarde vraiment, et de manière démocratique, n’en déplaise au président Macron affirmant que « l’éducation est un domaine réservé ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2017, les réformes – du lycée professionnel, du lycée, les groupes de niveaux au collège, Parcoursup –&nbsp; trient les élèves dès le plus jeune âge, laissant une école qui sépare plutôt qu’elle ne rassemble. Faute de volonté politique pour assurer la cohésion, l’armée serait-elle désormais chargée de la remplacer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Edito publié le 16 mars 2026 dans Le Café pédagogique</a></div>
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		<title>L’école française : un système formaté pour les gagnants d’avance</title>
		<link>https://parce-que.fr/lecole-francaise-un-systeme-formate-pour-les-gagnants-davance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:16:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&#160;»&#160;constate l’observatoire des inégalités dont le rapport 2025 constitue une nouvelle et énième alerte.&#160;« Ce qui coince, c’est l’écart entre la réalité vécue par les jeunes et leurs parents, notamment les moins diplômés, et ces discours sur l’égalité. Ce fossé est source d’une tension très forte [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«&nbsp;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&nbsp;»</em>&nbsp;constate l’observatoire des inégalités dont le rapport 2025 constitue une nouvelle et énième alerte.&nbsp;<em>« Ce qui coince, c’est l’écart entre la réalité vécue par les jeunes et leurs parents, notamment les moins diplômés, et ces discours sur l’égalité. Ce fossé est source d’une tension très forte dans la société »</em>&nbsp;y lit-on. En somme, l’école française réussit aux plus favorisés, à ceux qui en ont le moins besoin. C’est peut-être cela, la véritable exception française : une école qui proclame l’égalité mais organise la reproduction sociale. Une école qui sélectionne, trie, évalue, dès le plus jeune âge. Le mérite ? Il s’hérite et dépend surtout du milieu social.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’écart le plus important en mathématiques selon le milieu social&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’observatoire des inégalités rappelle dans son rapport publié le 3 juin 2025 que la France se hisse à la tête du palmarès des pays où l’écart de réussite entre les élèves de milieux sociaux favorisés et défavorisés est le plus important selon les comparaisons internationales. Les résultats des évaluations PISA montre cet écart de 113 points : les élèves français issus de milieux favorisés obtiennent en moyenne un score de 535 en mathématiques, au-dessus de la moyenne de 525 contre 422 pour les élèves issus de milieux défavorisés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&nbsp;».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport mentionne les facteurs explicatifs&nbsp;: «&nbsp;<em>faible taux d’encadrement, des apprentissages très académiques, des évaluations à répétition, une dévalorisation des élèves qui échouent, etc. Les enquêtes de l’OCDE montrent que l’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés</em>&nbsp;». Ce constat de l’observatoire des inégalités rejoint celui du sociologue Paul Pasquali qui parle d’&nbsp;«&nbsp;héritocratie&nbsp;» comme celui de Jean-Paul Delahaye, ancien numéro 2 au ministère quand il écrit que&nbsp;<em>«&nbsp;l’école n’est pas faite pour les pauvres&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants de diplômés partent avec plusieurs longueurs d’avance et les conservent. Quant aux enfants issus de milieux défavorisés, ils ne parviennent pas à rattraper le retard au cours de leur scolarité. Aujourd’hui, l’élite scolaire dans les écoles normales supérieures recrute toujours plus de deux tiers de ses effectifs parmi les enfants de cadres supérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’école française est pensée et structurée pour les enfants des milieux favorisés, souvent plus diplômés. Les autres se sentent illégitimes, voire exclus d’un système qui écrase plutôt qu’il n’élève. C’est une culture qui récompense ceux qui la comprennent et maitrisent. C’est une culture qui valorise ou intériorise la compétition dès l’école primaire et dévalorise, ignore ou méconnait des talents ou des savoirs notamment manuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratisation, l’école pour toutes et tous, de toutes et tous les élèves reste un enjeu de taille, mais cela nécessite un changement profond de culture et de structure scolaire, et aussi de regard. Il faut moins d’élitisme, donc moins de séparatisme social, moins de violence symbolique, sociale, institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que l’école française restera ce qu’elle est – un système au service des gagnants d’avance – elle ne sera pas un lieu d’émancipation. Elle restera une fabrique d’inégalités et d’humiliations aux effets durables à l’échelle individuelle comme collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<item>
		<title>La violence d’un enfant est l’échec des adultes et de la société</title>
		<link>https://parce-que.fr/la-violence-dun-enfant-est-lechec-des-adultes-et-de-la-societe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:04:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[collège]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[À celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&#160;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir. Aujourd’hui,&#160;l’école est endeuillée. Une fois de plus. Une fois de trop là voilà touchée en plein cœur par la violence mortelle. C’est cette violence et ce qui la nourrit qu’il faut interroger alors qu’elle frappe le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&nbsp;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui,&nbsp;l’école est endeuillée. Une fois de plus. Une fois de trop là voilà touchée en plein cœur par la violence mortelle. C’est cette violence et ce qui la nourrit qu’il faut interroger alors qu’elle frappe le même jour en France et en Autriche. Quand un enfant tue, comment ne pas s’interroger collectivement sur un ensemble de coups invisibles qui font système&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore une vie arrachée dans l’exercice d’une mission éducative. Encore un acte de violence au cœur même de ce qui devrait être un espace protégé. Après Samuel Paty, Dominique Bernard, Agnès Lasalle, Mélanie vient allonger cette liste déjà trop longue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les violences, sociale, institutionnelle, silencieuse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">N’est-ce pas notre violence qu’il faut sonder ? Celle de notre société, de ses inégalités profondes, des écarts qui se creusent entre ceux qui ont et les autres, entre les perdants et les gagnants. La violence des adultes entre eux, du monde des adultes, mais aussi de celui des enfants, qui n’est pas épargné de violences, celle d’un système de compétitions, de sélection que les adultes perpétuent sans protéger l’enfance. L’orientation n’en est qu’une illustration, comme l’ont encore rappelé la semaine dernière le rapport de la Cour des comptes et de l’Observatoire des inégalités. C’est aussi la violence des silences, comme on l’a vu avec le tsunami de(s) Betharram(s).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi l’absence de liens, de dialogue, celle de la solitude réelle dans un monde pourtant hyperconnecté. C’est une violence quasi-systémique. C’est un bain de violences, petites et grandes. La violence d’un enfant est un échec, c’est celui des adultes, celui de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les coups invisibles – inégalités, pauvreté, solitude, mépris, abandon – nourrissent ce coup mortel. Quand un enfant tue, c’est tout un système qu’il faut interroger. Tous les manques font système. C’est un coup porté à chacune et chacun de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La violence ne surgit pas sans raison et sa cause n’a pas qu’une raison</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On convoque déjà les « mesures de sécurité » : portiques, fouilles, interdictions. Mais la tragédie s’est déroulée lors d’une fouille. Fouiller n’est pas protéger. CQFD. Est-ce vraiment de portiques et de fouilles dont l’École a besoin ? Même le ministre de l’Intérieur en doute. Et il n’est pas le seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La santé mentale des jeunes est aujourd’hui une urgence de santé publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, cela masque une réalité plus profonde.&nbsp;La violence ne surgit pas sans raison.&nbsp;Elle est le reflet d’un abandon collectif, d’un système éducatif fragilisé, d’une jeunesse en perte de repères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les questions essentielles restent ignorées :&nbsp;où sont les moyens pour la santé mentale des jeunes ?&nbsp;Où sont les&nbsp;infirmières scolaires, les&nbsp;psychologues, les&nbsp;assistantes sociales, les&nbsp;adultes formés pour repérer les signaux faibles, accompagner, prévenir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La santé mentale, urgence de santé publique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres et les faits sont là.&nbsp;La souffrance psychique des adolescents explose, les équipes éducatives s’épuisent, des AED aux enseignants, en passant par les CPE, les chefs d’établissement, les psychologues, les assistantes sociales,&nbsp;toutes celles et ceux qui, chaque jour, tentent encore de tenir l’école debout et qui chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&nbsp;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, on continue de répondre à cette crise&nbsp;par la sanction et le contrôle, plutôt que par l’écoute et la présence. C’est l’école qu’on exp(l)ose.&nbsp;C’est elle qu’on laisse seule face à la détresse des jeunes,&nbsp;sans les moyens humains, ni médicaux, ni éducatifs nécessaires. Encore une fois, c’est l’école qui pleure. Qui enterre l’une des siennes.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié dans Le Café pédagogique, 11/06/25</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>La maltraitance d’une enfance sans protection</title>
		<link>https://parce-que.fr/la-maltraitance-dune-enfance-sans-protection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:01:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[maltraitance]]></category>
		<category><![CDATA[placés]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
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					<description><![CDATA[Des enfants placés… ou abandonnés ? Combien de morts d’enfants placés faudra-t-il encore pour réagir ? Face aux drames qui se répètent dans la protection de l’enfance, l’électrochoc se fait attendre. Parcours brisés, troubles psychiques non soignés, ruptures scolaires, maltraitances institutionnelles… Derrière des chiffres, ce sont trop d’enfants placés, et une République qui échoue à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des enfants placés… ou abandonnés ? Combien de morts d’enfants placés faudra-t-il encore pour réagir ? Face aux drames qui se répètent dans la protection de l’enfance, l’électrochoc se fait attendre. Parcours brisés, troubles psychiques non soignés, ruptures scolaires, maltraitances institutionnelles… Derrière des chiffres, ce sont trop d’enfants placés, et une République qui échoue à tenir sa promesse de protection.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/attaque-au-couteau-un-defi-educatif-majeur-face-a-la-radicalisation-et-a-lextreme-droite/">L’affaire tragique de&nbsp;Benfeld</a>, où un adolescent placé est mort après avoir attaqué une enseignante, rappelle avec violence une réalité ignorée : ces enfants ont souvent déjà été victimes bien avant d’être jugés « dangereux ». Le collégien âgé de 14 ans a succombé à ses blessures dimanche soir. Il était en situation de handicap, avait subi des violences familiales et institutionnelles. Sa mort, comme celle de&nbsp;Lily (15 ans),&nbsp;Méline (11 ans)&nbsp;ou&nbsp;Myriam (14 ans), retrouvées mortes après des fugues ou des placements, révèle une&nbsp;défaillance systémique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ce sont des enfants qui vont très mal, qui ne peuvent pas grandir correctement</em>&nbsp;», alertait en avril 2025 la députée&nbsp;Isabelle Santiago (PS)&nbsp;dans son rapport parlementaire sur la protection de l’enfance. Le document pointe des&nbsp;<em>«&nbsp;carences graves de l’État&nbsp;»</em>&nbsp;qualifiant l’action publique de&nbsp;«&nbsp;<em>structurellement dysfonctionnelle</em><strong>&nbsp;»</strong>, et refuse la simple recentralisation comme solution miracle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une aide sociale en crise, des enfants en danger</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Claire Hédon, la&nbsp;Défenseure des droits&nbsp;dénonçait déjà en janvier 2025 de&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong><em>lourdes défaillances&nbsp;»</em>&nbsp;et lançait une enquête sur les manquements récurrents de l’ASE. Car il ne s’agit pas uniquement d’un système mal organisé :&nbsp;il s’agit d’enfants en danger, parfois exposés à de nouvelles formes de maltraitance pendant le placement. Comme le collégien de Benfeld, un quart des enfants placés témoignent de maltraitances, violences liées à l’instabilité des lieux d’accueil, aux changements répétés d’éducateurs, à des retours familiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Souffrance psychique : le non-dit de la protection</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un enfant sur deux pris en charge par l’ASE présente&nbsp;au moins un trouble psychique, souvent lié à des traumatismes graves : violences sexuelles, coups, abandon, négligence, stress post-traumatique. Et pourtant, les soins psychologiques sont rares, voire inaccessibles. Selon le Défenseur des droits (2021),&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong><em>ces enfants sont paradoxalement peu pris en charge par les dispositifs de pédopsychiatrie</em><strong>&nbsp;</strong>», déjà sous-dotés. Comment espérer qu’un enfant victime de violences, d’un abandon puisse se reconstruire sans soin et accompagnement psychique&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parcours scolaires brisés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le placement perturbe profondément les trajectoires scolaires. À 17 ans, près de 20 % des jeunes placés rencontrent de graves difficultés en lecture et en écriture – deux fois plus que la moyenne nationale. Selon France Stratégie (2024), ces jeunes cumulent retards, ruptures de scolarité, orientation subie vers les filières courtes, et un accès très limité à l’enseignement supérieur (seulement 4 %, contre 17 % pour l’ensemble des jeunes).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La distance entre&nbsp;école, famille et institution&nbsp;est un facteur aggravant : le lien école-famille, reconnu comme un levier majeur de réussite, est ici souvent inexistant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question des&nbsp;droits des enfants&nbsp;– notamment les&nbsp;mineurs non accompagnés&nbsp;– reste trop souvent ignorée. Et dans un contexte politique instable,&nbsp;le silence et le renoncement&nbsp;risquent de creuser encore davantage leur invisibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des enfants laissés pour compte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les drames qui frappent les enfants placés ne sont ni isolés, ni inévitables. Ils révèlent l’échec collectif&nbsp;d’un système incapable de garantir une prise en charge digne, continue et humaine. L’école, l’État, la protection sociale : chacun a une part de responsabilité pour «&nbsp;retisser les fils rompus&nbsp;»&nbsp;de ces parcours d’enfance fracassés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On dit souvent que protéger un enfant, c’est protéger toute la société. L’affaire de Benfeld en est une démonstration tragique</em>.&nbsp;<em>Quand un enfant confié à la République bascule jusqu’à devenir dangereux pour lui-même ou pour les autres, c’est toujours le signe qu’il a été abandonné bien avant. Et c’est cette question terrible qui doit nous hanter :&nbsp;qu’avons-nous fait de nos enfants placés ?</em>&nbsp;» demande&nbsp;dans&nbsp;<a href="https://blogs.mediapart.fr/lyes-louffok/blog/240925/benfeld-les-enfants-places-le-handicap-et-nos-aveuglements-collectifs">un billet</a>&nbsp;publié sur le blog de Mediapart Lyes Louffok, un ancien enfant placé militant de la cause.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/30/benfeld-la-maltraitance-dune-enfance-sans-protection/">Article publié dans Le Café pédagogique, 30/09/25</a></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Attaque dans un collège : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne</title>
		<link>https://parce-que.fr/attaque-dans-un-college-lecole-et-ses-professeur-es-en-premiere-ligne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 16:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[attaque]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://parce-que.fr/?p=502</guid>

					<description><![CDATA[L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes attaques au couteau, à Nantes, Benfeld, ou Sanary, impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/04/28/nantes-approche-securitaire-pour-masquer-lurgence-de-la-sante-mentale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attaques au couteau, à Nantes</a>, <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/attaque-au-couteau-un-defi-educatif-majeur-face-a-la-radicalisation-et-a-lextreme-droite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Benfeld,</a> ou <a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/04/une-enseignante-darts-plastiques-poignardee-dans-son-college/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sanary,</a> impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont une illustration brutale. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence. La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement » dénonce le Snes-FSU de l’académie de Nice.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Violence scolaire : un symptôme, pas une fatalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’état de santé de notre collègue professeure d’arts plastiques, âgée de 60 ans est qualifié de «&nbsp;<em>très préoccupant</em>&nbsp;». Et cette attaque vient s’ajouter à une série tragique. En l’espace de cinq ans, quatre personnels de l’Éducation nationale ont été tués : Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné en 2020 à Conflans-Sainte-Honorine ; en février et octobre 2023, Agnès Lassalle, enseignante d’espagnol poignardée dans sa classe à Saint-Jean-de-Luz, et Dominique Bernard, professeur de français tué lors d’une attaque terroriste à Arras ; en juin 2025, Mélanie Grapinet, assistante d’éducation, décédée à Nogent. S’y ajoute la professeure de musique attaquée à Benfeld en septembre 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque drame, la tentation sécuritaire ressurgit : portiques, caméras, fouilles de sacs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour les syndicats comme pour de nombreux professionnels de l’éducation, le diagnostic est unanime : le problème n’est pas matériel, il est humain, comme les victimes. «&nbsp;<em>Quand vous êtes sur un acte imprévisible, isolé comme celui-ci, le risque zéro n’existe pas</em>&nbsp;», a reconnu le ministre de l’Éducation nationale, soulignant les limites des réponses purement sécuritaires. Les détecteurs de métaux, a-t-il ajouté, «&nbsp;<em>ne permettent pas d’arrêter en tant que tel un criminel</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons le contexte de suppression de postes comme d’attractivité du métier, la pénurie d’infirmières scolaires, de psychologues, d’éducateurs spécialisés. L’école manque de bras et de visages pour écouter, prévenir et accompagner. En moyenne, le taux d’encadrement infirmier par personnel est 1300 élèves, un médecin pour 12 572 élèves, un assistant social pour 1512 élèves, un psychologue pour 1500 dans le Premier degré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Focus académique&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L’académie de Nice est une des plus mal dotée&nbsp;»&nbsp;</em>signale la secrétaire académique du Snes-FSU<em>, « m</em><em>ême si l’académie vient de bénéficier de 12 Equivalents temps plein supplémentaires par rapport à la dotation de l’année précédente, ce traitement n’est en rien une faveur&nbsp;».&nbsp;</em>Elle décrypte&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est la conséquence d’une démographie atypique qui perdure dans notre académie, puisqu’à contre-courant de la situation nationale, il est prévu une augmentation pour le 2d degré de 147 élèves. Ces 12 ETP ne sont que la conséquence de cette augmentation du nombre d’élèves : une stricte proportionnalité est appliquée. Il ne faut donc pas attendre une amélioration des indicateurs que notre institution chérit : le E/S, nombre d’élèves devant chaque professeur ne va pas diminuer, le H/E, nombre d’heures d’enseignement par élève, ne va pas augmenter. Les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels ne seront pas améliorées. Et la montée des actes de violences est très inquiétante ces dernières années</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des enfants auteurs de violence eux-mêmes victimes&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les faits récents rappellent une réalité trop souvent occultée : nombre de jeunes auteurs de violences sont eux-mêmes des enfants en souffrance. À Nantes comme à Benfeld, les adolescents impliqués étaient connus pour aller mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Sanary, le procureur a confirmé qu’un signalement avait été effectué par le collège pour des «&nbsp;<em>suspicions de violences commises par les parents</em>&nbsp;» à l’encontre de la sœur du jeune mis en cause. L’adolescent, âgé de 14 ans, était suivi par le tribunal pour enfants. Lors de son interpellation, il était «&nbsp;<em>en pleurs, tremblant</em>&nbsp;» et a dit regretter son geste qui était prémédité. Il a dit avoir&nbsp;<em>«&nbsp;une grosse haine&nbsp;»</em><em>&nbsp;</em>envers lui-même,<em>&nbsp;</em><em>«&nbsp;davantage qu’à l’encontre de sa professeure&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parquet de Toulon va demander l’ouverture d’une information judiciaire pour tentative d’assassinat, et le placement de l’élève en détention provisoire. Le communiqué précise que&nbsp;<em>«&nbsp;cette qualification fait encourir la peine de réclusion criminelle à perpétuité, réduite à 20 ans de réclusion criminelle pour les mineurs âgés de moins de 16 ans</em>«&nbsp;,</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Manifestement, il serait victime dans son domaine familial</em>&nbsp;», a déclaré le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, précisant que le jeune devait rencontrer la Protection judiciaire de la jeunesse… après quatre mois d’attente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>C’est trop long. On doit pouvoir réduire ce délai à quinze jours</em>&nbsp;», a-t-il admis, pointant les défaillances de l’accompagnement des enfants victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un continuum de violences</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences en milieu scolaire ne surgissent pas ex nihilo. Elles s’inscrivent dans un continuum : violences familiales, discours de haine, brutalisation du débat public, conflits armés omniprésents dans l’actualité. Les garçons, surreprésentés parmi les auteurs, agissent souvent dans un contexte marqué par des rapports de domination et des violences faites aux femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Changer de cap</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence</em>&nbsp;» déclare Fabienne Langoureau,&nbsp;la secrétaire académique du SNES-FSU. «&nbsp;<em>La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement, il en va de sa mission</em>&nbsp;» poursuit-elle, préconisant de «&nbsp;<em>rétablir tous les postes de psychologues scolaires, d’infirmiers scolaires, de médecins scolaires&nbsp;».&nbsp;</em>Son état des lieux est alarmant<em>&nbsp;: «&nbsp;dans le Var sur les 23 postes existants de médecins scolaires seuls 4 sont pourvus ! De même 43 postes de Psychologues sont vacants dans l’académie ! Il en va de la santé de nos élèves et de la sécurité de nos collègues&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les personnels éducatifs, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire, les dispositifs de sécurité ont été renforcés, mais les moyens éducatifs et préventifs baissent. Elle doit être éducative, sociale et judiciaire, à tous les étages. Prévenir les ruptures, détecter plus tôt les signaux faibles, renforcer la protection de l’enfance et les moyens de la justice des mineurs, déployer des postes dans les établissements scolaires sont les propositions pour éviter de nouveaux drames.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’état d’urgence n’est pas seulement sécuritaire. Il est humain, éducatif et politique. Et il concerne toute une génération en détresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Quand la France aura-t-elle enfin un ministre de l’Éducation nationale qui aime l’école… publique ?</title>
		<link>https://parce-que.fr/quand-la-france-aura-t-elle-enfin-un-ministre-de-leducation-nationale-qui-aime-lecole-publique-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 15:02:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[mixité]]></category>
		<category><![CDATA[école privée]]></category>
		<category><![CDATA[école publique]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Aimer l’école … publique.&#160;La question, volontairement provocatrice, ne relève pas de la simple rhétorique. Elle traduit un malaise profond, une fracture entre les discours officiels et les pratiques de celles et ceux qui représentent la République. Le ministre actuel Edouard Geffray a affirmé lors&#160;d’une émission sur BFM TV&#160;avoir des enfants dans le public comme le [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aimer l’école … publique.&nbsp;</strong><strong>La question, volontairement provocatrice, ne relève pas de la simple rhétorique. Elle traduit un malaise profond, une fracture entre les discours officiels et les pratiques de celles et ceux qui représentent la République. Le ministre actuel Edouard Geffray a affirmé lors&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=dZ0lH4vTTW0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">d’une émission sur BFM TV</a>&nbsp;avoir des enfants dans le public comme le privé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La récente polémique autour d’Amélie Oudéa-Castéra, accusée de propos mensongers pour avoir justifié le choix d’un établissement privé pour son fils par des « heures non remplacées » à l’école publique, a ravivé un vieux débat : celui du rapport, ambigu et souvent méprisant, de nos élites à l’école publique. En choisissant Stanislas, établissement privé catholique, élitiste, où les élèves proviennent des milieux les plus favorisés, l’ancienne ministre avait fait un choix politique. C’est aussi le choix du séparatisme social et scolaire, de l’entre-soi, la sélection, l’homophobie et le sexisme, contraires aux valeurs d’égalité et de fraternité que porte le service public d’éducation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Edouard Geffray, ministre,&nbsp; à propos de l’enseignement privé sous contrat</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le privé sous contrat : liberté pour quelques-uns, inégalités pour tous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Edouard Geffray évoque « la liberté » pour justifier le recours au privé pour ses propres enfants. Mais au nom de la liberté de quelques-uns, l’égalité et la fraternité sont mises à rude épreuve. Et rappelons que cette « liberté de choix » est co-financée par tous puisque l’enseignement – privé sous contrat – ou subventionné est financé à près de 75 % par de l’argent public, sans obligation de carte scolaire, ni exigence de mixité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres le confirment : les établissements privés accueillent deux fois plus d’élèves très favorisés que le public, et deux fois moins d’élèves défavorisés. Cette mise en concurrence organisée nourrit le séparatisme socio-scolaire et fragilise l’école publique. L’enjeu est social et politique : dans un contexte de creusement des inégalités, l’école devient de plus en plus ségréguée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Les règles y sont les mêmes&nbsp;», vraiment ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interpellé, le ministre le ministre actuel,&nbsp;Edouard Geffray, a tenté de désamorcer la polémique : «&nbsp;<em>Si je n’avais pas confiance dans l’école publique, je ne lui aurais pas dédié un tiers de ma vie professionnelle, et je ne serais pas ministre aujourd’hui. Très clairement. Le reste, cela relève de configurations purement personnelles</em>. » Il précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes</em>. » En théorie, oui, mais les établissements étaient aussi peu contrôlés, comme le révèlent des scandales, Bétharram, Stanislas et tant d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-on parler de « configuration personnelle » quand elle se répète et comment croire à cette équivalence quand les trajectoires scolaires de ceux qui gouvernent illustrent toutes la même sociologie ? L’écrasante majorité des huit ministres de l’Éducation sous la Macronie, ont été formés dans l’enseignement privé, tout comme le président lui-même et le Premier ministre actuel. C’est une élite qui se reproduit dans les mêmes établissements privés sous contrat ou publics élitistes et favorisés, les mêmes cercles, les mêmes prépas ou grandes écoles : un entre-soi comme fabrique d’ascension sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aimer l’école publique, c’est aimer la démocratie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services publics, et donc l’école publique, sont la priorité qui rassemble les Françaises et les Français. Affaiblir l’école publique, c’est affaiblir les liens sociaux, la confiance dans l’institution, le sentiment d’appartenance collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre l’a dit lui-même, sur France Inter, quelques jours avant la polémique : «&nbsp;<em>La situation de l’école est extrêmement inquiétante. Les inégalités scolaires, adossées aux inégalités sociales, menacent la santé psychique et physique des élèves.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, de quelle école parle-t-on ? De celle que l’on chérit en discours, ou de celle qu’on abandonne en actes ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? Aimer l’école publique et la protéger. Non pas dans les mots, mais dans les actes. Parce qu’une éducation commune, ouverte à l’altérité,&nbsp;fait nation. Parce qu’elle seule peut faire vivre, réellement, la devise républicaine :&nbsp;Liberté, Égalité, Fraternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aimer l’école publique, c’est refuser qu’elle devienne «&nbsp;l’école des pauvres&nbsp;» et c’est rappeler qu’il n’y a pas de République forte sans école publique forte. Parce qu’une éducation commune, ouverte à l’autre,&nbsp;éduque à la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu’un ministre de l’Éducation nationale devrait être, avant tout, le ministre de l’école publique – pas seulement celui qui la « gère », mais celui qui la défend et l’aime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rêvons d’un ou d’une ministre qui aime l’école publique, car l’aimer, c’est aussi aimer la démocratie. Car la mixité sociale et scolaire&nbsp;n’est pas un luxe, mais une condition de la démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<title>[Édito] Une école des classes : de la pauvreté et de ses effets</title>
		<link>https://parce-que.fr/edito-une-ecole-des-classes-de-la-pauvrete-et-de-ses-effets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 14:59:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Loin des polémiques et écrans de fumée, l’école a été au centre des débats toute une journée, avec des militant·es d’ATD Quart Monde, des chercheur·es et des professeur·es, autour d’un sujet trop souvent invisibilisé : la pauvreté. Et cela fait du bien. Non pas pour se désoler collectivement, mais pour comprendre et agir. « L’école [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Loin des polémiques et écrans de fumée, l’école a été au centre des débats toute une journée, avec des militant·es d’ATD Quart Monde, des chercheur·es et des professeur·es, autour d’un sujet trop souvent invisibilisé : la pauvreté. Et cela fait du bien. Non pas pour se désoler collectivement, mais pour comprendre et agir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« L’école n’est pas faite pour les pauvres »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car oui, «&nbsp;<em>l’école n’est pas faite pour les pauvres</em>&nbsp;», pour reprendre les mots de Jean-Paul Delahaye, ancien numéro 2 du ministère et fin connaisseur des liens entre éducation et pauvreté. Penser l’école&nbsp;<em>avec</em>&nbsp;et&nbsp;<em>pour</em>&nbsp;les plus pauvres suppose un véritable changement de paradigme – et constitue la clé d’une authentique démocratisation scolaire. Or, comme l’a montré Pierre Merle, la démocratisation à l’œuvre est avant tout « ségrégative ». La ségrégation sociale mine à la fois l’école et la démocratie, et elle s’est nettement accentuée au cours des vingt dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une bombe à fragmentation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 2016, les travaux du Cnesco qualifiaient cette ségrégation de « bombe à retardement ». Sommes-nous aujourd’hui entrés dans sa phase d’irradiation ? Dans la compétition scolaire et la lutte des places – organisée par des logiques d’assèchement budgétaire des services publics, Parcoursup, Mon Master – dominent des logiques d’individualisme et de concurrence. Elles produisent mécaniquement des « gagnants » et des « perdants », socialement très marqués. L’école, pensée par et pour les élites socio-culturelles, contribue ainsi à nourrir le rejet de celles-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De la défiance scolaire aux effets politiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les effets politiques de ce processus sont désormais bien identifiés. Les travaux de Félicien Faury, notamment dans&nbsp;<em>Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite</em>&nbsp;(2024), montrent que, même chez des individus ayant accédé à une certaine stabilité sociale, un faible niveau de diplôme structure un rapport spécifique à l’ordre scolaire, porteur de conséquences sociales et politiques durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ces électeurs – souvent parents –&nbsp; la question scolaire est centrale : inquiétude face à la dégradation perçue de l’école publique, ressentiment envers les groupes mieux dotés en capital culturel, défiance envers une gauche jugée socialement et culturellement distante. Autant de mécanismes qui alimentent le vote pour l’extrême droite. Dans&nbsp;<em>Le Triomphe des égoïsmes</em>&nbsp;tout juste publié, le sociologue Camille Peugny invite à ne pas occulter «&nbsp;<em>la droitisation des classes moyennes supérieures&nbsp;</em>» et leur adhésion aux valeurs du libéralisme culturel&nbsp;: «&nbsp;<em>les déterminants du vote RN sont complexes et s’entremêlent&nbsp;</em>» écrit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Interroger l’école, interroger la démocratie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interroger l’école, c’est donc interroger ses effets sur les trajectoires individuelles, les groupes sociaux… et les choix politiques. Peut-on continuer ainsi sans fragiliser davantage la démocratie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sortir du chacun pour soi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Changer de paradigme est une urgence. Faire vivre l’égalité et la fraternité en actes, sortir de la logique du chacun pour soi. «&nbsp;<em>La bataille scolaire [est] remportée par les classes moyennes et supérieures&nbsp;</em>» comme le rappelle Camille Peugny, et les gagnants d’aujourd’hui ne sont pas les perdants d’hier : la compétition scolaire ne corrige pas les inégalités, elle les reconduit. Le plafond de verre est une claque pour les classes populaires et leurs enfants. Pourtant, il n’y a là aucun fatalisme. Des dispositifs existent, des expérimentations ont fait leurs preuves. Ceux qui agissent le savent : ce qui manque, c’est la volonté politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Penser l’école à partir de la pauvreté</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Placer l’école sous le signe de la pauvreté est une nécessité. Car la pauvreté produit des effets profonds sur les enfants et leurs familles que l’école – et la République – ne peuvent ignorer sans mettre en péril la cohésion sociale et nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comprendre pour agir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une journée comme celle de samedi apporte des clés précieuses pour comprendre et agir. Elle nourrit à la fois l’espoir et l’engagement en faveur d’une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire. Car il y a des solutions et «&nbsp;ça&nbsp;» marche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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