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	<title>Billets, éditos &#8211; Parce que !</title>
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	<description>Le blog de Djéhanne Gani</description>
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	<title>Billets, éditos &#8211; Parce que !</title>
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		<title>De l’école à la caserne : la jeunesse en uniforme ?</title>
		<link>https://parce-que.fr/de-lecole-a-la-caserne-la-jeunesse-en-uniforme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 13:46:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[embrigadement]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
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					<description><![CDATA[« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous : l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale ? Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble, dès lors&#160;ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être… » Quelle école voulons-nous</strong><strong> </strong><strong>: l’école doit-elle devenir un instrument de défense nationale</strong><strong> </strong><strong>? Enseigner la citoyenneté et la cohésion ne pourrait-il pas se faire dans une Ecole où tous les élèves apprennent ensemble</strong><strong>, dès lors&nbsp;</strong><strong>ne faudrait-il pas s’acharner à lutter contre le tri social, la ségrégation subie comme choisie&nbsp;et le phénomène de séparatisme croissant à l’œuvre aujourd’hui dans nos écoles ?</strong></p>



<p><strong>L’armée à l’assaut des classes</strong></p>



<p>Le budget de l’armée dépasse désormais celui de l’Éducation nationale : le PLF 2026 prévoit 68,4 milliards pour la Défense contre 64,5 milliards pour l’école. Et ces chiffres sont biaisés pour l’éducation selon l’Institut des Politiques Publiques. Ses travaux ont souligné que l’État gonfle artificiellement le budget de l’Éducation nationale en y intégrant les pensions, donnant une illusion d’investissement réel. Une fois ces chiffres corrigés, la France investit moins que la moyenne européenne, notamment dans le primaire, si fondamental et déterminant pour le parcours.</p>



<p>Pendant que l’armée renforce son matériel et son recrutement, l’enseignement de la défense s’invite dans les établissements scolaires, sans débat démocratique. Sitôt le SNU enterré, les classes « défense » et le Service National Volontaire, valorisés sur Parcoursup, brouillent la frontière entre éducation et préparation militaire. L’école, censée émanciper, devient un outil de normalisation militaire dès la 4ᵉ.</p>



<p><strong>Éducation, embrigadement, mise au pas</strong><strong> </strong><strong>?</strong></p>



<p>Réformes du lycée, Parcoursup, classes de niveau, stages, SNU, classes « défense »… tout concourt à former des élèves « prêts ». Mais prêts pour quoi ? Pour le marché du travail, pour l’armée, pour la société de 2030 ? Le devoir de défense remplace la pensée critique. La présence militaire et les programmes remodelés donnent priorité à l’embrigadement sur l’émancipation. Les dispositifs comme le service militaire volontaire ou les partenariats avec la police sont perçus comme des outils d’acculturation militaire, au détriment de l’éducation à la paix et de la citoyenneté. Dans les lycées populaires, enseignants et élèves dénoncent le manque de moyens, la répression et l’injustice sociale, tandis que la jeunesse est appelée « à se tenir sage », comme à Mantes la jolie.</p>



<p><strong>Une école pour tous ou pour l’armée</strong><strong> </strong><strong>?</strong>&nbsp;<strong>L’urgence d’un débat national</strong></p>



<p>L’école doit rester un lieu d’émancipation et de citoyenneté, pas un tremplin vers l’armée. Former des citoyens libres doit primer sur la formation de soldats. La cohésion sociale, la rencontre de l’autre et l’éducation au savoir et à la citoyenneté doivent être des objectifs prioritaires, pas la militarisation de la jeunesse. Il est temps d’ouvrir un débat démocratique de fond sur la place de l’armée dans l’éducation et de refuser toute instrumentalisation de l’école publique.</p>



<p><strong>Il est temps d’agir&nbsp;</strong></p>



<p>L’éducation doit primer sur l’embrigadement. L’école n’est pas un champ de bataille : c’est un espace de réflexion, de rencontre et de citoyenneté. Le sujet mérite qu’on s’y attarde vraiment, et de manière démocratique, n’en déplaise au président Macron affirmant que « l’éducation est un domaine réservé ».</p>



<p>Depuis 2017, les réformes – du lycée professionnel, du lycée, les groupes de niveaux au collège, Parcoursup –&nbsp; trient les élèves dès le plus jeune âge, laissant une école qui sépare plutôt qu’elle ne rassemble. Faute de volonté politique pour assurer la cohésion, l’armée serait-elle désormais chargée de la remplacer ?</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Edito publié le 16 mars 2026 dans Le Café pédagogique</a></div>
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		<item>
		<title>L’école française : un système formaté pour les gagnants d’avance</title>
		<link>https://parce-que.fr/lecole-francaise-un-systeme-formate-pour-les-gagnants-davance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:16:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&#160;»&#160;constate l’observatoire des inégalités dont le rapport 2025 constitue une nouvelle et énième alerte.&#160;« Ce qui coince, c’est l’écart entre la réalité vécue par les jeunes et leurs parents, notamment les moins diplômés, et ces discours sur l’égalité. Ce fossé est source d’une tension très forte [&#8230;]]]></description>
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<p><strong><em>«&nbsp;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&nbsp;»</em>&nbsp;constate l’observatoire des inégalités dont le rapport 2025 constitue une nouvelle et énième alerte.&nbsp;<em>« Ce qui coince, c’est l’écart entre la réalité vécue par les jeunes et leurs parents, notamment les moins diplômés, et ces discours sur l’égalité. Ce fossé est source d’une tension très forte dans la société »</em>&nbsp;y lit-on. En somme, l’école française réussit aux plus favorisés, à ceux qui en ont le moins besoin. C’est peut-être cela, la véritable exception française : une école qui proclame l’égalité mais organise la reproduction sociale. Une école qui sélectionne, trie, évalue, dès le plus jeune âge. Le mérite ? Il s’hérite et dépend surtout du milieu social.</strong></p>



<p><strong>L’écart le plus important en mathématiques selon le milieu social&nbsp;</strong></p>



<p>L’observatoire des inégalités rappelle dans son rapport publié le 3 juin 2025 que la France se hisse à la tête du palmarès des pays où l’écart de réussite entre les élèves de milieux sociaux favorisés et défavorisés est le plus important selon les comparaisons internationales. Les résultats des évaluations PISA montre cet écart de 113 points : les élèves français issus de milieux favorisés obtiennent en moyenne un score de 535 en mathématiques, au-dessus de la moyenne de 525 contre 422 pour les élèves issus de milieux défavorisés.</p>



<p><strong>«&nbsp;L’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés&nbsp;».</strong></p>



<p>Le rapport mentionne les facteurs explicatifs&nbsp;: «&nbsp;<em>faible taux d’encadrement, des apprentissages très académiques, des évaluations à répétition, une dévalorisation des élèves qui échouent, etc. Les enquêtes de l’OCDE montrent que l’école française est formatée pour les enfants des parents diplômés</em>&nbsp;». Ce constat de l’observatoire des inégalités rejoint celui du sociologue Paul Pasquali qui parle d’&nbsp;«&nbsp;héritocratie&nbsp;» comme celui de Jean-Paul Delahaye, ancien numéro 2 au ministère quand il écrit que&nbsp;<em>«&nbsp;l’école n’est pas faite pour les pauvres&nbsp;»</em>.</p>



<p>Les enfants de diplômés partent avec plusieurs longueurs d’avance et les conservent. Quant aux enfants issus de milieux défavorisés, ils ne parviennent pas à rattraper le retard au cours de leur scolarité. Aujourd’hui, l’élite scolaire dans les écoles normales supérieures recrute toujours plus de deux tiers de ses effectifs parmi les enfants de cadres supérieurs.</p>



<p>L’école française est pensée et structurée pour les enfants des milieux favorisés, souvent plus diplômés. Les autres se sentent illégitimes, voire exclus d’un système qui écrase plutôt qu’il n’élève. C’est une culture qui récompense ceux qui la comprennent et maitrisent. C’est une culture qui valorise ou intériorise la compétition dès l’école primaire et dévalorise, ignore ou méconnait des talents ou des savoirs notamment manuels.</p>



<p>La démocratisation, l’école pour toutes et tous, de toutes et tous les élèves reste un enjeu de taille, mais cela nécessite un changement profond de culture et de structure scolaire, et aussi de regard. Il faut moins d’élitisme, donc moins de séparatisme social, moins de violence symbolique, sociale, institutionnelle.</p>



<p>Tant que l’école française restera ce qu’elle est – un système au service des gagnants d’avance – elle ne sera pas un lieu d’émancipation. Elle restera une fabrique d’inégalités et d’humiliations aux effets durables à l’échelle individuelle comme collective.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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		<item>
		<title>La violence d’un enfant est l’échec des adultes et de la société</title>
		<link>https://parce-que.fr/la-violence-dun-enfant-est-lechec-des-adultes-et-de-la-societe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:04:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[collège]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[À celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&#160;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir. Aujourd’hui,&#160;l’école est endeuillée. Une fois de plus. Une fois de trop là voilà touchée en plein cœur par la violence mortelle. C’est cette violence et ce qui la nourrit qu’il faut interroger alors qu’elle frappe le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>À celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&nbsp;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir.</strong></p>



<p>Aujourd’hui,&nbsp;l’école est endeuillée. Une fois de plus. Une fois de trop là voilà touchée en plein cœur par la violence mortelle. C’est cette violence et ce qui la nourrit qu’il faut interroger alors qu’elle frappe le même jour en France et en Autriche. Quand un enfant tue, comment ne pas s’interroger collectivement sur un ensemble de coups invisibles qui font système&nbsp;?</p>



<p>Encore une vie arrachée dans l’exercice d’une mission éducative. Encore un acte de violence au cœur même de ce qui devrait être un espace protégé. Après Samuel Paty, Dominique Bernard, Agnès Lasalle, Mélanie vient allonger cette liste déjà trop longue.</p>



<p><strong>Les violences, sociale, institutionnelle, silencieuse</strong></p>



<p>N’est-ce pas notre violence qu’il faut sonder ? Celle de notre société, de ses inégalités profondes, des écarts qui se creusent entre ceux qui ont et les autres, entre les perdants et les gagnants. La violence des adultes entre eux, du monde des adultes, mais aussi de celui des enfants, qui n’est pas épargné de violences, celle d’un système de compétitions, de sélection que les adultes perpétuent sans protéger l’enfance. L’orientation n’en est qu’une illustration, comme l’ont encore rappelé la semaine dernière le rapport de la Cour des comptes et de l’Observatoire des inégalités. C’est aussi la violence des silences, comme on l’a vu avec le tsunami de(s) Betharram(s).</p>



<p>C’est aussi l’absence de liens, de dialogue, celle de la solitude réelle dans un monde pourtant hyperconnecté. C’est une violence quasi-systémique. C’est un bain de violences, petites et grandes. La violence d’un enfant est un échec, c’est celui des adultes, celui de la société.</p>



<p>Tous les coups invisibles – inégalités, pauvreté, solitude, mépris, abandon – nourrissent ce coup mortel. Quand un enfant tue, c’est tout un système qu’il faut interroger. Tous les manques font système. C’est un coup porté à chacune et chacun de nous.</p>



<p><strong>La violence ne surgit pas sans raison et sa cause n’a pas qu’une raison</strong></p>



<p>On convoque déjà les « mesures de sécurité » : portiques, fouilles, interdictions. Mais la tragédie s’est déroulée lors d’une fouille. Fouiller n’est pas protéger. CQFD. Est-ce vraiment de portiques et de fouilles dont l’École a besoin ? Même le ministre de l’Intérieur en doute. Et il n’est pas le seul.</p>



<p>La santé mentale des jeunes est aujourd’hui une urgence de santé publique.</p>



<p>Et surtout, cela masque une réalité plus profonde.&nbsp;La violence ne surgit pas sans raison.&nbsp;Elle est le reflet d’un abandon collectif, d’un système éducatif fragilisé, d’une jeunesse en perte de repères.</p>



<p>Pendant ce temps, les questions essentielles restent ignorées :&nbsp;où sont les moyens pour la santé mentale des jeunes ?&nbsp;Où sont les&nbsp;infirmières scolaires, les&nbsp;psychologues, les&nbsp;assistantes sociales, les&nbsp;adultes formés pour repérer les signaux faibles, accompagner, prévenir ?</p>



<p><strong>La santé mentale, urgence de santé publique</strong></p>



<p>Les chiffres et les faits sont là.&nbsp;La souffrance psychique des adolescents explose, les équipes éducatives s’épuisent, des AED aux enseignants, en passant par les CPE, les chefs d’établissement, les psychologues, les assistantes sociales,&nbsp;toutes celles et ceux qui, chaque jour, tentent encore de tenir l’école debout et qui chaque jour, œuvrent, corps et âme, pour&nbsp;accompagner la jeunesse, la former, la faire grandir.</p>



<p>Et pourtant, on continue de répondre à cette crise&nbsp;par la sanction et le contrôle, plutôt que par l’écoute et la présence. C’est l’école qu’on exp(l)ose.&nbsp;C’est elle qu’on laisse seule face à la détresse des jeunes,&nbsp;sans les moyens humains, ni médicaux, ni éducatifs nécessaires. Encore une fois, c’est l’école qui pleure. Qui enterre l’une des siennes.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button">Article publié dans Le Café pédagogique, 11/06/25</a></div>
</div>



<p></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La maltraitance d’une enfance sans protection</title>
		<link>https://parce-que.fr/la-maltraitance-dune-enfance-sans-protection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 19:01:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[maltraitance]]></category>
		<category><![CDATA[placés]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
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					<description><![CDATA[Des enfants placés… ou abandonnés ? Combien de morts d’enfants placés faudra-t-il encore pour réagir ? Face aux drames qui se répètent dans la protection de l’enfance, l’électrochoc se fait attendre. Parcours brisés, troubles psychiques non soignés, ruptures scolaires, maltraitances institutionnelles… Derrière des chiffres, ce sont trop d’enfants placés, et une République qui échoue à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Des enfants placés… ou abandonnés ? Combien de morts d’enfants placés faudra-t-il encore pour réagir ? Face aux drames qui se répètent dans la protection de l’enfance, l’électrochoc se fait attendre. Parcours brisés, troubles psychiques non soignés, ruptures scolaires, maltraitances institutionnelles… Derrière des chiffres, ce sont trop d’enfants placés, et une République qui échoue à tenir sa promesse de protection.</strong></p>



<p><a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/attaque-au-couteau-un-defi-educatif-majeur-face-a-la-radicalisation-et-a-lextreme-droite/">L’affaire tragique de&nbsp;Benfeld</a>, où un adolescent placé est mort après avoir attaqué une enseignante, rappelle avec violence une réalité ignorée : ces enfants ont souvent déjà été victimes bien avant d’être jugés « dangereux ». Le collégien âgé de 14 ans a succombé à ses blessures dimanche soir. Il était en situation de handicap, avait subi des violences familiales et institutionnelles. Sa mort, comme celle de&nbsp;Lily (15 ans),&nbsp;Méline (11 ans)&nbsp;ou&nbsp;Myriam (14 ans), retrouvées mortes après des fugues ou des placements, révèle une&nbsp;défaillance systémique.</p>



<p>«&nbsp;<em>Ce sont des enfants qui vont très mal, qui ne peuvent pas grandir correctement</em>&nbsp;», alertait en avril 2025 la députée&nbsp;Isabelle Santiago (PS)&nbsp;dans son rapport parlementaire sur la protection de l’enfance. Le document pointe des&nbsp;<em>«&nbsp;carences graves de l’État&nbsp;»</em>&nbsp;qualifiant l’action publique de&nbsp;«&nbsp;<em>structurellement dysfonctionnelle</em><strong>&nbsp;»</strong>, et refuse la simple recentralisation comme solution miracle.</p>



<p><strong>Une aide sociale en crise, des enfants en danger</strong></p>



<p>Claire Hédon, la&nbsp;Défenseure des droits&nbsp;dénonçait déjà en janvier 2025 de&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong><em>lourdes défaillances&nbsp;»</em>&nbsp;et lançait une enquête sur les manquements récurrents de l’ASE. Car il ne s’agit pas uniquement d’un système mal organisé :&nbsp;il s’agit d’enfants en danger, parfois exposés à de nouvelles formes de maltraitance pendant le placement. Comme le collégien de Benfeld, un quart des enfants placés témoignent de maltraitances, violences liées à l’instabilité des lieux d’accueil, aux changements répétés d’éducateurs, à des retours familiaux.</p>



<p><strong>Souffrance psychique : le non-dit de la protection</strong></p>



<p>Un enfant sur deux pris en charge par l’ASE présente&nbsp;au moins un trouble psychique, souvent lié à des traumatismes graves : violences sexuelles, coups, abandon, négligence, stress post-traumatique. Et pourtant, les soins psychologiques sont rares, voire inaccessibles. Selon le Défenseur des droits (2021),&nbsp;<strong>«&nbsp;</strong><em>ces enfants sont paradoxalement peu pris en charge par les dispositifs de pédopsychiatrie</em><strong>&nbsp;</strong>», déjà sous-dotés. Comment espérer qu’un enfant victime de violences, d’un abandon puisse se reconstruire sans soin et accompagnement psychique&nbsp;?</p>



<p><strong>Parcours scolaires brisés</strong></p>



<p>Le placement perturbe profondément les trajectoires scolaires. À 17 ans, près de 20 % des jeunes placés rencontrent de graves difficultés en lecture et en écriture – deux fois plus que la moyenne nationale. Selon France Stratégie (2024), ces jeunes cumulent retards, ruptures de scolarité, orientation subie vers les filières courtes, et un accès très limité à l’enseignement supérieur (seulement 4 %, contre 17 % pour l’ensemble des jeunes).</p>



<p>La distance entre&nbsp;école, famille et institution&nbsp;est un facteur aggravant : le lien école-famille, reconnu comme un levier majeur de réussite, est ici souvent inexistant.</p>



<p>La question des&nbsp;droits des enfants&nbsp;– notamment les&nbsp;mineurs non accompagnés&nbsp;– reste trop souvent ignorée. Et dans un contexte politique instable,&nbsp;le silence et le renoncement&nbsp;risquent de creuser encore davantage leur invisibilité.</p>



<p><strong>Des enfants laissés pour compte</strong></p>



<p>Les drames qui frappent les enfants placés ne sont ni isolés, ni inévitables. Ils révèlent l’échec collectif&nbsp;d’un système incapable de garantir une prise en charge digne, continue et humaine. L’école, l’État, la protection sociale : chacun a une part de responsabilité pour «&nbsp;retisser les fils rompus&nbsp;»&nbsp;de ces parcours d’enfance fracassés.</p>



<p>«&nbsp;<em>On dit souvent que protéger un enfant, c’est protéger toute la société. L’affaire de Benfeld en est une démonstration tragique</em>.&nbsp;<em>Quand un enfant confié à la République bascule jusqu’à devenir dangereux pour lui-même ou pour les autres, c’est toujours le signe qu’il a été abandonné bien avant. Et c’est cette question terrible qui doit nous hanter :&nbsp;qu’avons-nous fait de nos enfants placés ?</em>&nbsp;» demande&nbsp;dans&nbsp;<a href="https://blogs.mediapart.fr/lyes-louffok/blog/240925/benfeld-les-enfants-places-le-handicap-et-nos-aveuglements-collectifs">un billet</a>&nbsp;publié sur le blog de Mediapart Lyes Louffok, un ancien enfant placé militant de la cause.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/30/benfeld-la-maltraitance-dune-enfance-sans-protection/">Article publié dans Le Café pédagogique, 30/09/25</a></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Attaque dans un collège : l’Ecole et ses professeur.es en première ligne</title>
		<link>https://parce-que.fr/attaque-dans-un-college-lecole-et-ses-professeur-es-en-premiere-ligne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 16:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[attaque]]></category>
		<category><![CDATA[ecole]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes attaques au couteau, à Nantes, Benfeld, ou Sanary, impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p><strong>L’Ecole en première ligne. Ni bunker, ni sanctuaire, l’Ecole est le miroir des fractures de la société. Violences, mésusages des « écrans », mal-être psychique : les maux qui traversent la jeunesse ne s’arrêtent pas aux grilles des établissements scolaires. Les récentes <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/04/28/nantes-approche-securitaire-pour-masquer-lurgence-de-la-sante-mentale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attaques au couteau, à Nantes</a>, <a href="https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/attaque-au-couteau-un-defi-educatif-majeur-face-a-la-radicalisation-et-a-lextreme-droite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Benfeld,</a> ou <a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/02/04/une-enseignante-darts-plastiques-poignardee-dans-son-college/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sanary,</a> impliquant des adolescents en situation de fragilité, en sont une illustration brutale. </strong></p>



<p><strong>« On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence. La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement » dénonce le Snes-FSU de l’académie de Nice.</strong></p>



<p><strong>Violence scolaire : un symptôme, pas une fatalité</strong></p>



<p>L’état de santé de notre collègue professeure d’arts plastiques, âgée de 60 ans est qualifié de «&nbsp;<em>très préoccupant</em>&nbsp;». Et cette attaque vient s’ajouter à une série tragique. En l’espace de cinq ans, quatre personnels de l’Éducation nationale ont été tués : Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné en 2020 à Conflans-Sainte-Honorine ; en février et octobre 2023, Agnès Lassalle, enseignante d’espagnol poignardée dans sa classe à Saint-Jean-de-Luz, et Dominique Bernard, professeur de français tué lors d’une attaque terroriste à Arras ; en juin 2025, Mélanie Grapinet, assistante d’éducation, décédée à Nogent. S’y ajoute la professeure de musique attaquée à Benfeld en septembre 2025.</p>



<p>À chaque drame, la tentation sécuritaire ressurgit : portiques, caméras, fouilles de sacs.</p>



<p>Mais pour les syndicats comme pour de nombreux professionnels de l’éducation, le diagnostic est unanime : le problème n’est pas matériel, il est humain, comme les victimes. «&nbsp;<em>Quand vous êtes sur un acte imprévisible, isolé comme celui-ci, le risque zéro n’existe pas</em>&nbsp;», a reconnu le ministre de l’Éducation nationale, soulignant les limites des réponses purement sécuritaires. Les détecteurs de métaux, a-t-il ajouté, «&nbsp;<em>ne permettent pas d’arrêter en tant que tel un criminel</em>&nbsp;».</p>



<p>Rappelons le contexte de suppression de postes comme d’attractivité du métier, la pénurie d’infirmières scolaires, de psychologues, d’éducateurs spécialisés. L’école manque de bras et de visages pour écouter, prévenir et accompagner. En moyenne, le taux d’encadrement infirmier par personnel est 1300 élèves, un médecin pour 12 572 élèves, un assistant social pour 1512 élèves, un psychologue pour 1500 dans le Premier degré.</p>



<p><strong>Focus académique&nbsp;</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>L’académie de Nice est une des plus mal dotée&nbsp;»&nbsp;</em>signale la secrétaire académique du Snes-FSU<em>, « m</em><em>ême si l’académie vient de bénéficier de 12 Equivalents temps plein supplémentaires par rapport à la dotation de l’année précédente, ce traitement n’est en rien une faveur&nbsp;».&nbsp;</em>Elle décrypte&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est la conséquence d’une démographie atypique qui perdure dans notre académie, puisqu’à contre-courant de la situation nationale, il est prévu une augmentation pour le 2d degré de 147 élèves. Ces 12 ETP ne sont que la conséquence de cette augmentation du nombre d’élèves : une stricte proportionnalité est appliquée. Il ne faut donc pas attendre une amélioration des indicateurs que notre institution chérit : le E/S, nombre d’élèves devant chaque professeur ne va pas diminuer, le H/E, nombre d’heures d’enseignement par élève, ne va pas augmenter. Les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels ne seront pas améliorées. Et la montée des actes de violences est très inquiétante ces dernières années</em>.&nbsp;»</p>



<p><strong>Des enfants auteurs de violence eux-mêmes victimes&nbsp;</strong></p>



<p>Les faits récents rappellent une réalité trop souvent occultée : nombre de jeunes auteurs de violences sont eux-mêmes des enfants en souffrance. À Nantes comme à Benfeld, les adolescents impliqués étaient connus pour aller mal.</p>



<p>A Sanary, le procureur a confirmé qu’un signalement avait été effectué par le collège pour des «&nbsp;<em>suspicions de violences commises par les parents</em>&nbsp;» à l’encontre de la sœur du jeune mis en cause. L’adolescent, âgé de 14 ans, était suivi par le tribunal pour enfants. Lors de son interpellation, il était «&nbsp;<em>en pleurs, tremblant</em>&nbsp;» et a dit regretter son geste qui était prémédité. Il a dit avoir&nbsp;<em>«&nbsp;une grosse haine&nbsp;»</em><em>&nbsp;</em>envers lui-même,<em>&nbsp;</em><em>«&nbsp;davantage qu’à l’encontre de sa professeure&nbsp;»</em>.</p>



<p>Le parquet de Toulon va demander l’ouverture d’une information judiciaire pour tentative d’assassinat, et le placement de l’élève en détention provisoire. Le communiqué précise que&nbsp;<em>«&nbsp;cette qualification fait encourir la peine de réclusion criminelle à perpétuité, réduite à 20 ans de réclusion criminelle pour les mineurs âgés de moins de 16 ans</em>«&nbsp;,</p>



<p>«&nbsp;<em>Manifestement, il serait victime dans son domaine familial</em>&nbsp;», a déclaré le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, précisant que le jeune devait rencontrer la Protection judiciaire de la jeunesse… après quatre mois d’attente.</p>



<p>«&nbsp;<em>C’est trop long. On doit pouvoir réduire ce délai à quinze jours</em>&nbsp;», a-t-il admis, pointant les défaillances de l’accompagnement des enfants victimes.</p>



<p><strong>Un continuum de violences</strong></p>



<p>Les violences en milieu scolaire ne surgissent pas ex nihilo. Elles s’inscrivent dans un continuum : violences familiales, discours de haine, brutalisation du débat public, conflits armés omniprésents dans l’actualité. Les garçons, surreprésentés parmi les auteurs, agissent souvent dans un contexte marqué par des rapports de domination et des violences faites aux femmes.</p>



<p><strong>Changer de cap</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>On ne peut pas dans un même temps, réduire le taux d’adultes dans les établissements et déplorer la montée de la violence</em>&nbsp;» déclare Fabienne Langoureau,&nbsp;la secrétaire académique du SNES-FSU. «&nbsp;<em>La montée de la violence ne peut se régler uniquement en termes de répression, l’éducation doit jouer la carte de la prévention et de l’accompagnement, il en va de sa mission</em>&nbsp;» poursuit-elle, préconisant de «&nbsp;<em>rétablir tous les postes de psychologues scolaires, d’infirmiers scolaires, de médecins scolaires&nbsp;».&nbsp;</em>Son état des lieux est alarmant<em>&nbsp;: «&nbsp;dans le Var sur les 23 postes existants de médecins scolaires seuls 4 sont pourvus ! De même 43 postes de Psychologues sont vacants dans l’académie ! Il en va de la santé de nos élèves et de la sécurité de nos collègues&nbsp;</em>».</p>



<p>Pour les personnels éducatifs, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire, les dispositifs de sécurité ont été renforcés, mais les moyens éducatifs et préventifs baissent. Elle doit être éducative, sociale et judiciaire, à tous les étages. Prévenir les ruptures, détecter plus tôt les signaux faibles, renforcer la protection de l’enfance et les moyens de la justice des mineurs, déployer des postes dans les établissements scolaires sont les propositions pour éviter de nouveaux drames.</p>



<p>L’état d’urgence n’est pas seulement sécuritaire. Il est humain, éducatif et politique. Et il concerne toute une génération en détresse.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p></p>
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		<title>Quand la France aura-t-elle enfin un ministre de l’Éducation nationale qui aime l’école… publique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 15:02:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[mixité]]></category>
		<category><![CDATA[école privée]]></category>
		<category><![CDATA[école publique]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Aimer l’école … publique.&#160;La question, volontairement provocatrice, ne relève pas de la simple rhétorique. Elle traduit un malaise profond, une fracture entre les discours officiels et les pratiques de celles et ceux qui représentent la République. Le ministre actuel Edouard Geffray a affirmé lors&#160;d’une émission sur BFM TV&#160;avoir des enfants dans le public comme le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Aimer l’école … publique.&nbsp;</strong><strong>La question, volontairement provocatrice, ne relève pas de la simple rhétorique. Elle traduit un malaise profond, une fracture entre les discours officiels et les pratiques de celles et ceux qui représentent la République. Le ministre actuel Edouard Geffray a affirmé lors&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=dZ0lH4vTTW0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">d’une émission sur BFM TV</a>&nbsp;avoir des enfants dans le public comme le privé.</strong></p>



<p>La récente polémique autour d’Amélie Oudéa-Castéra, accusée de propos mensongers pour avoir justifié le choix d’un établissement privé pour son fils par des « heures non remplacées » à l’école publique, a ravivé un vieux débat : celui du rapport, ambigu et souvent méprisant, de nos élites à l’école publique. En choisissant Stanislas, établissement privé catholique, élitiste, où les élèves proviennent des milieux les plus favorisés, l’ancienne ministre avait fait un choix politique. C’est aussi le choix du séparatisme social et scolaire, de l’entre-soi, la sélection, l’homophobie et le sexisme, contraires aux valeurs d’égalité et de fraternité que porte le service public d’éducation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes</em>. »</p>



<p>Edouard Geffray, ministre,&nbsp; à propos de l’enseignement privé sous contrat</p>
</blockquote>



<p><strong>Le privé sous contrat : liberté pour quelques-uns, inégalités pour tous</strong></p>



<p>Le ministre Edouard Geffray évoque « la liberté » pour justifier le recours au privé pour ses propres enfants. Mais au nom de la liberté de quelques-uns, l’égalité et la fraternité sont mises à rude épreuve. Et rappelons que cette « liberté de choix » est co-financée par tous puisque l’enseignement – privé sous contrat – ou subventionné est financé à près de 75 % par de l’argent public, sans obligation de carte scolaire, ni exigence de mixité sociale.</p>



<p>Les chiffres le confirment : les établissements privés accueillent deux fois plus d’élèves très favorisés que le public, et deux fois moins d’élèves défavorisés. Cette mise en concurrence organisée nourrit le séparatisme socio-scolaire et fragilise l’école publique. L’enjeu est social et politique : dans un contexte de creusement des inégalités, l’école devient de plus en plus ségréguée.</p>



<p><strong>«&nbsp;Les règles y sont les mêmes&nbsp;», vraiment ?</strong></p>



<p>Interpellé, le ministre le ministre actuel,&nbsp;Edouard Geffray, a tenté de désamorcer la polémique : «&nbsp;<em>Si je n’avais pas confiance dans l’école publique, je ne lui aurais pas dédié un tiers de ma vie professionnelle, et je ne serais pas ministre aujourd’hui. Très clairement. Le reste, cela relève de configurations purement personnelles</em>. » Il précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Les enseignements sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes</em>. » En théorie, oui, mais les établissements étaient aussi peu contrôlés, comme le révèlent des scandales, Bétharram, Stanislas et tant d’autres.</p>



<p>Peut-on parler de « configuration personnelle » quand elle se répète et comment croire à cette équivalence quand les trajectoires scolaires de ceux qui gouvernent illustrent toutes la même sociologie ? L’écrasante majorité des huit ministres de l’Éducation sous la Macronie, ont été formés dans l’enseignement privé, tout comme le président lui-même et le Premier ministre actuel. C’est une élite qui se reproduit dans les mêmes établissements privés sous contrat ou publics élitistes et favorisés, les mêmes cercles, les mêmes prépas ou grandes écoles : un entre-soi comme fabrique d’ascension sociale.</p>



<p><strong>Aimer l’école publique, c’est aimer la démocratie</strong></p>



<p>Les services publics, et donc l’école publique, sont la priorité qui rassemble les Françaises et les Français. Affaiblir l’école publique, c’est affaiblir les liens sociaux, la confiance dans l’institution, le sentiment d’appartenance collective.</p>



<p>Le ministre l’a dit lui-même, sur France Inter, quelques jours avant la polémique : «&nbsp;<em>La situation de l’école est extrêmement inquiétante. Les inégalités scolaires, adossées aux inégalités sociales, menacent la santé psychique et physique des élèves.</em>&nbsp;»</p>



<p>Alors, de quelle école parle-t-on ? De celle que l’on chérit en discours, ou de celle qu’on abandonne en actes ?</p>



<p>Que faire ? Aimer l’école publique et la protéger. Non pas dans les mots, mais dans les actes. Parce qu’une éducation commune, ouverte à l’altérité,&nbsp;fait nation. Parce qu’elle seule peut faire vivre, réellement, la devise républicaine :&nbsp;Liberté, Égalité, Fraternité.</p>



<p>Aimer l’école publique, c’est refuser qu’elle devienne «&nbsp;l’école des pauvres&nbsp;» et c’est rappeler qu’il n’y a pas de République forte sans école publique forte. Parce qu’une éducation commune, ouverte à l’autre,&nbsp;éduque à la démocratie.</p>



<p>Et qu’un ministre de l’Éducation nationale devrait être, avant tout, le ministre de l’école publique – pas seulement celui qui la « gère », mais celui qui la défend et l’aime.</p>



<p>Rêvons d’un ou d’une ministre qui aime l’école publique, car l’aimer, c’est aussi aimer la démocratie. Car la mixité sociale et scolaire&nbsp;n’est pas un luxe, mais une condition de la démocratie.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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<p></p>
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		<title>[Édito] Une école des classes : de la pauvreté et de ses effets</title>
		<link>https://parce-que.fr/edito-une-ecole-des-classes-de-la-pauvrete-et-de-ses-effets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[djehanne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 14:59:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billets, éditos]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
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					<description><![CDATA[Loin des polémiques et écrans de fumée, l’école a été au centre des débats toute une journée, avec des militant·es d’ATD Quart Monde, des chercheur·es et des professeur·es, autour d’un sujet trop souvent invisibilisé : la pauvreté. Et cela fait du bien. Non pas pour se désoler collectivement, mais pour comprendre et agir. « L’école [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Loin des polémiques et écrans de fumée, l’école a été au centre des débats toute une journée, avec des militant·es d’ATD Quart Monde, des chercheur·es et des professeur·es, autour d’un sujet trop souvent invisibilisé : la pauvreté. Et cela fait du bien. Non pas pour se désoler collectivement, mais pour comprendre et agir.</strong></p>



<p><strong>« L’école n’est pas faite pour les pauvres »</strong></p>



<p>Car oui, «&nbsp;<em>l’école n’est pas faite pour les pauvres</em>&nbsp;», pour reprendre les mots de Jean-Paul Delahaye, ancien numéro 2 du ministère et fin connaisseur des liens entre éducation et pauvreté. Penser l’école&nbsp;<em>avec</em>&nbsp;et&nbsp;<em>pour</em>&nbsp;les plus pauvres suppose un véritable changement de paradigme – et constitue la clé d’une authentique démocratisation scolaire. Or, comme l’a montré Pierre Merle, la démocratisation à l’œuvre est avant tout « ségrégative ». La ségrégation sociale mine à la fois l’école et la démocratie, et elle s’est nettement accentuée au cours des vingt dernières années.</p>



<p><strong>Une bombe à fragmentation</strong></p>



<p>Dès 2016, les travaux du Cnesco qualifiaient cette ségrégation de « bombe à retardement ». Sommes-nous aujourd’hui entrés dans sa phase d’irradiation ? Dans la compétition scolaire et la lutte des places – organisée par des logiques d’assèchement budgétaire des services publics, Parcoursup, Mon Master – dominent des logiques d’individualisme et de concurrence. Elles produisent mécaniquement des « gagnants » et des « perdants », socialement très marqués. L’école, pensée par et pour les élites socio-culturelles, contribue ainsi à nourrir le rejet de celles-ci.</p>



<p><strong>De la défiance scolaire aux effets politiques</strong></p>



<p>Les effets politiques de ce processus sont désormais bien identifiés. Les travaux de Félicien Faury, notamment dans&nbsp;<em>Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite</em>&nbsp;(2024), montrent que, même chez des individus ayant accédé à une certaine stabilité sociale, un faible niveau de diplôme structure un rapport spécifique à l’ordre scolaire, porteur de conséquences sociales et politiques durables.</p>



<p>Pour ces électeurs – souvent parents –&nbsp; la question scolaire est centrale : inquiétude face à la dégradation perçue de l’école publique, ressentiment envers les groupes mieux dotés en capital culturel, défiance envers une gauche jugée socialement et culturellement distante. Autant de mécanismes qui alimentent le vote pour l’extrême droite. Dans&nbsp;<em>Le Triomphe des égoïsmes</em>&nbsp;tout juste publié, le sociologue Camille Peugny invite à ne pas occulter «&nbsp;<em>la droitisation des classes moyennes supérieures&nbsp;</em>» et leur adhésion aux valeurs du libéralisme culturel&nbsp;: «&nbsp;<em>les déterminants du vote RN sont complexes et s’entremêlent&nbsp;</em>» écrit-il.</p>



<p><strong>Interroger l’école, interroger la démocratie</strong></p>



<p>Interroger l’école, c’est donc interroger ses effets sur les trajectoires individuelles, les groupes sociaux… et les choix politiques. Peut-on continuer ainsi sans fragiliser davantage la démocratie ?</p>



<p><strong>Sortir du chacun pour soi</strong></p>



<p>Changer de paradigme est une urgence. Faire vivre l’égalité et la fraternité en actes, sortir de la logique du chacun pour soi. «&nbsp;<em>La bataille scolaire [est] remportée par les classes moyennes et supérieures&nbsp;</em>» comme le rappelle Camille Peugny, et les gagnants d’aujourd’hui ne sont pas les perdants d’hier : la compétition scolaire ne corrige pas les inégalités, elle les reconduit. Le plafond de verre est une claque pour les classes populaires et leurs enfants. Pourtant, il n’y a là aucun fatalisme. Des dispositifs existent, des expérimentations ont fait leurs preuves. Ceux qui agissent le savent : ce qui manque, c’est la volonté politique.</p>



<p><strong>Penser l’école à partir de la pauvreté</strong></p>



<p>Placer l’école sous le signe de la pauvreté est une nécessité. Car la pauvreté produit des effets profonds sur les enfants et leurs familles que l’école – et la République – ne peuvent ignorer sans mettre en péril la cohésion sociale et nationale.</p>



<p><strong>Comprendre pour agir</strong></p>



<p>Une journée comme celle de samedi apporte des clés précieuses pour comprendre et agir. Elle nourrit à la fois l’espoir et l’engagement en faveur d’une société plus juste, plus fraternelle et plus solidaire. Car il y a des solutions et «&nbsp;ça&nbsp;» marche.</p>



<p><strong>Djéhanne Gani</strong></p>



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